Loin d'être une science comme les autres, la sociologie est une discipline hybride, tiraillée entre des styles cognitifs aux exigences opposées, des objectifs difficilement compatibles, des orientations théoriques très diverses et des préférences de méthode qu'il n'est pas toujours aisé de justifier. Au sein de la corporation des sociologues se manifestent des aspirations contradictoires. L'espoir tenace de construire peu à peu une véritable science de la vie sociale croise le souci plus immédiat d'apporter une connaissance utile à la collectivité. Dans l'opinion publique, la sociologie est confondue avec l'étude des problèmes sociaux. Paradoxalement, son image est dominée par ses techniques d'investigation et non par les raisonnements qu'elle met en oeuvre. Pourtant, greffant un idéal de rigueur scientifique sur des siècles d'interrogation philosophique, la sociologie nous invite à jeter un regard neuf sur la condition humaine. En dépit des ambiguïtés de son projet intellectuel, elle reste une entreprise originale d'élucidation du monde qui nous entoure.
Nombre de pages
210
Date de parution
10/04/2012
Poids
275g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296967168
Titre
Les paradoxes de la sociologie
Auteur
Coenen-Huther Jacques
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
275
Date de parution
20120410
Nombre de pages
210,00 €
Disponibilité
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L'égalité est devenue valeur dominante: d'où une réticence assez répandue à l'égard de la notion même d'élite, souvent considérée comme le simple paravent conceptuel de privilèges indus. Il reste que l'existence, en toute société, de minorités qui se distinguent "par le haut" justifie qu'on développe une sociologie des élites, sans préjugés ni parti pris, seule à même de susciter ensuite des réflexions et prises de parti qui ne soient pas qu'idéologiques. Rien d'utile à cet égard comme le présent livre. La présentation synthétique de toute une tradition d'étude qui prend racine chez des classiques comme Pareto, Mosca et Michels permet à l'auteur d'éclairer, à travers la diversité des approches et des réponses, un ensemble de questions cruciales: une élite se définit-elle par une forme d'excellence ou par la seule prééminence de fait? Les élites se fondent-elles sur le pouvoir, sur la richesse ou sur la notoriété? Les élites éprouvent-elles un sentiment de connivence tel qu'elles puissent former de véritables classes dirigeantes? Comment ces élites se constituent-elles, quelles sont les forces qui tendent à leur reproduction et à leur renouvellement? Cet ouvrage s'adresse aux étudiants en sociologie et en science politique, aux élèves des grandes écoles, aux enseignants et chercheurs en sciences sociales, ainsi qu'à tous ceux qui entendent mener une réflexion informée sur les tensions croissantes entre une exigence de démocratie qui s'amplifie et le rôle effectif de plus en plus affirmé d'élites toujours plus diversifiées dans leur nature et leur modalités d'influence. Biographie de l'auteur Jacques Coenen-Huther est docteur en sciences sociales de l'Université Libre de Bruxelles et titulaire d'une habilitation à diriger des recherches en sociologie de l'Université de Toulouse II. Il a enseigné la sociologie à l'Université de Genève et poursuit des travaux en théorie sociologique générale, en histoire de la sociologie et en méthodologie de la recherche sociologique qualitative.
Philosophe, sociologue et moraliste, Emile Durkheim (1858-1917) est entré dans l'histoire comme le fondateur de l'Ecole française de sociologie. Il s'employa à faire prévaloir une conception scientifique de la sociologie. La crise du lien social appelait à ses yeux une réorganisation des rapports sociaux et une moralisation de la vie économique. Il souhaitait clarifier les choix politiques par une connaissance de la société acquise selon des normes rigoureuses de scientificité. Se méfiant de l'introspection, il recommandait d'adopter à l'égard des faits sociaux une attitude mentale comparable à celle qu'exige l'étude des phénomènes naturels. Cet ouvrage, offrant un bilan critique de l'oeuvre de Durkheim, s'adresse aux étudiants en sociologie et en sciences politiques, aux élèves des grandes écoles, aux enseignants en sciences humaines et sociales ainsi qu'aux chercheurs en sociologie, toujours aux prises avec les dilemmes de méthode auxquels furent confrontés Durkheim et les durkheimiens.
Plutôt qu'une science comme les autres, la sociologie est une discipline, autrement dit un savoir systématisé auquel peuvent s'appliquer des critères d'honnêteté intellectuelle mais non des critères de scientificité. Sa pratique de recherche est dominée par l'option décentration-engagement impliquant une critique de la notion de neutralité axiologique. La société étudiée est le résultat d'une transition entre "le monde d'hier", englouti par la Première Guerre mondiale, et l'avenir incertain s'annonçant à l'aube du XXIe siècle. Sociologues et économistes s'opposent ou s'unissent dans l'examen de l'évolution sociétale. Les uns et les autres sont confrontés au fait de la rareté. Le système capitaliste, dispositif d'adaptation à ce phénomène, fait l'objet d'analyses centrées sur sa continuité ou ses perspectives d'avenir. Notre société est dominée par l'emprise du néolibéralisme, doctrine économique et politique caractérisée par le rejet de toute intervention étatique dans la vie économique et par une confiance illimitée dans les mécanismes du marché. Cette idéologie de la déréglementation est en passe de devenir l'élément surplombant d'un inquiétant réaménagement institutionnel.