Les musulmans de l'Europe du Sud-Est. Des Empires aux Etats balkaniques
Clayer Nathalie ; Bougarel Xavier
KARTHALA
26,00 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782811109059
L'Europe du Sud-Est, qui s'étend de la Croatie à la Grèce et de l'Albanie à la Bulgarie, compte environ huit millions d'habitants de culture musulmane. Albanais, Bosniaques, Turcs, Roms, ils sont les descendants de populations converties à l'islam ou installées là pendant la période ottomane. Dans cet ouvrage sont présentées les transformations sociales, politiques et religieuses rencontrées par ces populations aux XIXe et XXe siècles, période marquée par la disparition des Empires ottoman, austro-hongrois et russe, et par la formation des différents États balkaniques. Sur le plan politique, les musulmans de l'Europe du Sud-Est ont connu une lente et complexe cristallisation de leurs identités nationales respectives. Celle-ci s'est accélérée après 1945 sous les effets de la modernisation communiste et a débouché à la fin du XXe siècle sur des mobilisations nationalistes symbolisées par l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine et du Kosovo, dans le cadre de l'éclatement de l'ex-Yougoslavie. Sur le plan religieux, ils sont longtemps restés liés aux institutions religieuses de l'Empire ottoman, ainsi qu'à divers réseaux scolaires, confrériques et intellectuels. Après la parenthèse communiste, de nouveaux réseaux sont apparus, de type néosalafiste ou néo-confrérique notamment. Mais les musulmans balkaniques n'ont pas échappé aux processus de sécularisation à l'œuvre dans l'ensemble de l'Europe. Cet ouvrage éclaire ainsi d'un jour nouveau les bouleversements qu'a connus le continent européen au cours des deux derniers siècles et renouvelle les réflexions actuelles sur la place de l'islam en Europe. Nathalie Clayer et Xavier Bougarel sont chercheurs au Centre d'études turques, ottomanes, balkaniques et centrasiatiques (CETOBAC). Nathalie Clayer est spécialiste des questions religieuses et nationales dans l'Europe du Sud-Est aux époques ottomane et post-ottomane. Xavier Bougarel est spécialiste de l'islam en Europe du Sud-Est et des guerres et après-guerres en ex-Yougoslavie.
Nombre de pages
349
Date de parution
15/04/2013
Poids
440g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782811109059
Auteur
Clayer Nathalie ; Bougarel Xavier
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20130415
Nombre de pages
349,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La " question albanaise " et le statut du Kosovo restent d'une brûlante actualité. En outre les rapports entre l'islam et l'Europe sont en débat, et la Turquie, héritière de l'Empire ottoman, frappe à la porte de cette dernière. Dans ce contexte, il est utile de revenir sur la formation de la nation albanaise, la seule nation majoritairement musulmane qui se soit pourvue d'un Etat sur le Vieux Continent lors de la première vague de création des Etats-nations, dans la deuxième moitié du " long XIXe siècle ". L'idée albanaise a lentement émergé à partir du début du XIXe siècle. De pertes territoriales en pertes territoriales, le sort des musulmans dans les possessions européennes de l'Empire ottoman est devenu l'enjeu principal de cette genèse. L'affirmation d'une identité albanaise, au sens moderne du terme, s'est développée dans ces circonstances, mais aussi en lien avec les transformations de la société provinciale ottomane. En étroite symbiose avec les autres projets nationaux de la région, l'" albanisme " est devenu une ressource politique majeure dans les rapports de pouvoir au sein de l'Empire et dans la confrontation entre ce dernier et les Etats-nations qui en étaient nés. Il a donné lieu à une multiplicité des constructions de l'albanité qui continuent de configurer une partie des Balkans. Cet ouvrage fondamental enrichit notre compréhension des conflits contemporains. Il apporte également un éclairage neuf sur l'émergence des idées nationales dans les dernières décennies de l'Empire ottoman. En s'émancipant des anachronismes et des interprétations idéologiques du passé, il joint sa voix à celle des chercheurs turcs, balkaniques, arméniens, arabes ou israéliens qui s'efforcent de " sauver l'histoire de la nation " en faisant preuve d'un grand courage intellectuel et politique. Sa lecture s'impose en ces temps de passions identitaires.
L'Etat-nation a nationalisé les historiographies. La construction étatique doit-elle pour autant être rejetée en tant qu'objet d'étude ? Non, bien sûr, mais il faut assurément l'aborder autrement. C'est ce que suggère déjà une nouvelle historiographie qui, avec le développement de l'histoire globale, s'attache à élargir la focale. Dans cet ouvrage, il s'agit aussi de prendre l'Etat-nation au sérieux, de l'appréhender comme un espace de sens, de circulations, de contraintes et de possibilités qui se construit et se remodèle dans le temps, en interaction avec d'autres espaces sociaux et selon des temporalités multiples. Nathalie Clayer saisit ainsi la formation de l'Etat albanais dans l'entre-deux-guerres et la transformation de ses espaces sociaux dans un mouvement de travelling. Son objectif n'est pas fixé sur les institutions telles qu'on les observe habituellement, ni sur des trajectoires d'individus qui donneraient à voir l'importance des dynamiques infra- ou transnationales. Sa " caméra " bouge constamment de façon à mieux saisir la complexité des dynamiques. Une contribution majeure à la question de l'Etat-nation, un apport érudit à l'histoire albanaise et une proposition audacieuse sur les méthodes narratives de l'histoire.
Extrait Chers enfants de 1991, Nous, les enfants de 1991, avons grandi à cheval sur deux siècles et deux mondes. Nés dans les dernières années du XXe siècle, nous avons vu le jour en même temps que s'effondrait le monde d'après-guerre, axé sur la confrontation entre les États-Unis et l'URSS. Collégiens au tout début du XXIe, nous avons été les premiers enfants à vivre avec le téléphone portable, Internet, Facebook et la Game Boy. Adolescents nourris d'images et d'écrans, nous avons été les spectateurs privilégiés de ce nouvel avatar télévisé qu'était alors la télé-réalité. De ce monde en pleine mutation, que devons-nous garder en mémoire ? Les Twin Towers de New York en flammes un jour de septembre 2001 ou la joie de «Zizou» un soir de juillet 1998 ? Le visage fatigué de l'abbé Pierre ou le sourire réjoui de Nikos Aliagas ? La mondialisation ou la Star Ac' ? La guerre en Irak ou «Plus belle la vie» ... Des événements qui ont marqué notre enfance et notre adolescence, il reste énormément d'images qui réapparaissent au fur et à mesure que l'on déroule l'écheveau des souvenirs. Elles forment, entre le futile et l'incontournable, de Ben Laden à Jenifer, d'Obama à Disneyland, un étrange puzzle éclaté et dénué de sens. Ces milliers d'éléments qui composent notre passé nous aident pourtant à nous rappeler l'essentiel : le monde plus intime et plus personnel dans lequel nous avons grandi. La cour de l'école et les couloirs du collège, le hall de l'immeuble ou le jardin de la maison familiale, le square où nous allions jouer, le visage d'un prof et le regard d'un copain, le sourire et les mots de nos parents : tout ce qui, au fond, a fait ce que nous sommes et sur quoi, entre sourire et émotion, il est désormais temps de se pencher. Matthieu Clayet / Vincent Quivy
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.