Logicien et théologien renommé, chef d'école provocateur, amateur de joutes intellectuelles, amant et mari tyrannique - comme on le sait - de la belle Héloïse, père et castré, homme exubérant et très assuré de sa valeur, moine lettré en guerre perpétuelle contre les accusations d'hérésie dirigées contre lui, adulé, condamné, exilé... Pierre Abélard (1079-1142), personnage riche et complexe, eut une vie mouvementée, presque romanesque. Très vite légendaire, elle sera autant chantée par les poètes qu'elle fut décriée par ses contempteurs qui, tel Bernard de Clairvaux, n'y voyaient qu'inconstance morale et présomptueuses agitations intellectuelles : un homme impie, si insaisissable qu'il "ne se ressemble même pas" !La tâche de l'historien n'est pas facile face à une telle personnalité, sur laquelle, en outre, nous sommes assez mal renseignés. L'absence de repères chronologiques et biographiques est caractéristique de la culture médiévale. Michael Clanchy, universitaire britannique et spécialiste du Moyen Âge, a pris le parti de placer l'homme à la croisée de plusieurs approches, chacune éclairant un aspect et un moment de son existence. Plus qu'une vie, l'ouvrage nous fait découvrir une oeuvre et une époque. --Émilio Balturi
Nombre de pages
487
Date de parution
13/11/1998
Poids
620g
Largeur
153mm
Plus d'informations
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EAN
9782082125246
Titre
Abélard
Auteur
Clanchy Michael
Editeur
FLAMMARION
Largeur
153
Poids
620
Date de parution
19981113
Nombre de pages
487,00 €
Disponibilité
Epuisé
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De la mémoire à l'écrit traite des usages de la littératie au Moyen Âge. Le terme anglais literacy, qui est au centre de cet ouvrage, désigne non pas l'apprentissage de la lecture et de l'écriture (l'alphabétisation), mais la maîtrise de ces pratiques. Ce livre se concentre sur l'Angleterre de 1066 à 1307, soit de la conquête normande à la mort d'Édouard Ier. Au fil des pages, Michael Clanchy montre comment, dès l'an mil, l'Occident a été le théâtre d'une mutation radicale et décisive de la transmission de l'information grâce à un accroissement sans précédent de l'outil « scripturaire », et que cela s'est manifesté par la production et la conservation de documents à une échelle sans précédent. Cette phase est d'une importance fondamentale, bien qu'elle ait moins suscité l'attention des chercheurs que l'invention de l'imprimerie à la fin du Moyen Âge. En effet, c'est parce qu'il existait déjà un public alphabétisé, qui avait fait son apparition aux XIIe et XIIIe siècles, que le succès de l'imprimerie a été possible. Rédigé au tournant des années 1980, qui furent celles de la première « informatisation » de la société, repris et augmenté en 2013, le livre de Clanchy est tout entier sous-tendu par les prémices de ce qui paraît alors comme un bouleversement analogue à celui décrit dans le livre, soit la grande mutation numérique de la production et de la diffusion des savoirs et des valeurs économiques et juridiques.
Géant de la littérature recherche jeune homme pour pousser sa chaise à roues. Logé, nourri, chambre individuelle à Hampstead, environnement culturel passionnant. Salaire modeste. Idéal année sabbatique." Du fin fond de son Écosse natale, le jeune et naïf Struan est tenté, ébloui, effrayé. Mais il se lance. Et va tomber dans une véritable maison de fous. Suite à une attaque, Philip Prys, l'autoproclamé "géant de la littérature" enrage à l'intérieur de son propre corps, coincé, prisonnier, il fait les cent pas dans son cerveau, les seuls moments désormais où il trouvera un peu de paix seront les baignades que Struan lui offrira. Rien à attendre ni de ses enfants, ni de son ex-femme, ni même de sa jeune épouse. Les premiers vivent leurs vies superficielles et tourmentées d'adolescents délaissés par leurs parents, la deuxième n'attend qu'une chose, qu'il meurt, pour qu'elle hérite, quant à la troisième, à sa manière gracieuse et tranquille, elle goûte une certaine revanche, celle de la femme trophée libérée de ses obligations par un heureux hasard. Au service du roi des misanthropes, en plein été 1989, Struan découvre Londres, la ville, le bouillonnement culturel dont il rêvait et ce milieu, qu'il n'imaginait pas ainsi. Tandis que le monde change d'ère, Struan lui perd son innocence et apprend: le règne des faux-semblants et de l'hypocrisie, les familles délitées, les limites de la gentillesse et celles du talent
Quitter l'Ecosse pour la très chic Londres et assister Philip Prys, "géant de la littérature" cloué dans un fauteuil roulant suite à un AVC ? Le jeune et naïf Strudan en rêvait. Mais entre la cupide ex-femme de l'écrivain, sa fille obèse et son étrange épouse, alors que le monde se métamorphose et les masques tombent, cet été caniculaire de 1989 lui réserve bien des surprises... Satire sociale féroce mais pleine de tendresse, personnages de comédie shakespearienne, humour à la David Lodge et dialogues ciselés : un premier roman jubilatoire.
Le lieutenant Glass est incontestablement marqué, épris de justice, capable de passer en un instant du comportement le plus intraitable à une nonchalance proche du défaitisme. Un homme complexe, bardé de diplômes qui, quoique simple flic, bénéficie de la part de sa hiérarchie, étrangement prudente, d'une sorte de paix royale difficile à comprendre. Si son " taux de nettoyage " parle de lui-même, sa vie reste une énigme. Une série de meurtres visant des récidivistes dangereux, des violeurs et autres tueurs d'enfants tout juste libérés après des peines dérisoires entraîne le lieutenant sur la piste d'un " régulateur " : un tueur anonyme, méthodique et froid, qui semble rendre une justice que les hommes n'appliquent plus. Un juge est abattu. La loi du talion se déchaîne. ?il pour ?il, dent pour dent... Glass comprend. Son passé l'y oblige mais son éthique le réprouve. Il est flic. La loi condamne et protège normalement des monstres. Il ne peut fermer les yeux...
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.