Faire et vivre le postcommunisme. Les femmes roumaines face à la "transition"
Cîrstocea Ioana
UNIV BRUXELLES
19,00 €
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EAN :9782800413761
La conception normative du féminin n'est jamais absente des chantiers idéologiques ouverts aux moments de refondation de l'ordre social. La " transition " des années 1990 n'y fait pas exception et un répertoire diversifié de représentations de la place des femmes dans la société apparaît sur la scène postcommuniste. Cet ouvrage propose une sociologie de la redéfinition de l'identité féminine après l'effondrement du régime communiste en Roumanie. Les normes qui réglementent les rapports sociaux fixant les rôles féminins légitimes, les prises de position des agents individuels et institutionnels qui les élaborent et les diffusent dans le corps social, les luttes sociales et symboliques nouées autour de la fabrication du genre se situent au c'ur du raisonnement. Pour échapper aux problématiques préconstruites, à la généralisation hâtive, aux idées reçues et aux pièges de l'analyse macro-sociale, le travail prend tour à tour pour objet plusieurs lieux de production de la doxa contemporaine relative aux femmes. Il aborde dans une perspective critique les réformes politiques et les mesures institutionnelles visant à transformer leur condition après 1990, au même titre que l'activité associative féminine, notamment le rôle des ONG militant pour les droits des femmes et l'émergence d'un courant féministe dans l'espace universitaire. L'étude du discours des médias complète le tableau, à travers une comparaison de quelques magazines occidentaux importés en Roumanie dans les années 1990 avec une revue autochtone dirigée par une femme écrivain et dotée d'un lectorat à majorité féminine. Les formes de solidarité (réseau de charité et " communauté imaginée ") constituées autour de cette dernière montrent les femmes au c'ur de groupes infrapolitiques en rupture avec l'offre institutionnelle, dont le potentiel à investir l'espace public voire à se transformer en mobilisation politique est analysé in fine.
Nombre de pages
206
Date de parution
01/08/2006
Poids
350g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782800413761
Titre
Faire et vivre le postcommunisme. Les femmes roumaines face à la "transition"
Auteur
Cîrstocea Ioana
Editeur
UNIV BRUXELLES
Largeur
160
Poids
350
Date de parution
20060801
Nombre de pages
206,00 €
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Au moyen d'une démarche de sociologie politique et critique cet ouvrage analyse les mécanismes de pouvoir dont témoignent l'émergence et le déploiement de normes technocratiques, discours experts, répertoires militants et savoirs académiques centrés sur les droits des femmes et l'égalité des sexes dans le contexte postsocialiste et au-delà. Un dispositif d'observation multi-échelles et transnational rassemble des institutions précédemment quasi ignorées par la recherche en sciences sociales : un réseau militant transatlantique, une fondation philanthropique étasunienne, plusieurs centres d'études sur le genre basés dans les anciens pays socialistes. L'enquête éclaire ainsi de manière inédite la captation des ressources féministes dans la gouvernance et donne à voir le genre comme un puissant vecteur idéologique et pratique de la pénétration des logiques libérales dans l'ancien "bloc de l'Est" pendant le processus de démocratisation. Appuyée sur des outils prosopographiques, l'analyse met en perspective les parcours de plusieurs dizaines d'intellectuelles - des entrepreneures et des médiatrices du genre en voie de professionnalisation académique, technocratique et militante - qui ont fait revivre temporairement leur capital historique "rouge" pour se construire comme des intervenantes légitimes dans les arènes féministes globalisées de l'après-Guerre froide.
Forgé dans les milieux académiques et féministes états-uniens à la fin des années 1960, le concept de genre a enrichi les recherches en sciences sociales par une épistémologie permettant de dénaturaliser les différences, les inégalités et les identités sexuées. Controversé lors de ses diffusions, objet de contestation par nombre de mobilisations conservatrices, il est toutefois devenu routinier, comme le montre la diversité de ses usages dans des programmes d'action publique ou "d'aide au développement", ainsi que l'affirmation d'un champ académique internationalisé des études sur le genre. Selon des temporalités correspondant à des logiques nationales, le concept a été approprié au gré de la promotion du gender mainstreaming par les organismes multilatéraux depuis la quatrième conférence mondiale sur les femmes (1995). Devenu catégorie d'intervention publique, il fait aussi partie du langage et des répertoires des groupes militants. Ainsi, mobilisé à toutes les échelles (locales, nationales, internationales) par des acteurs aussi contrastés que l'ONU et ses agences, l'Union européenne, des gouvernements et des municipalités, des associations locales et des milieux académiques, le genre connaît aujourd'hui un véritable éclatement. L'ouvrage interroge les modalités situées de ses circulations et de ses traductions en actions publiques, militantes, scientifiques et développe des analyses critiques de son succès globalisé et globalisant.
Les débats académiques sur la complexité des rapports de pouvoir, la diversité des féminismes et la pluralité des configurations institutionnelles de genre font partie de la réflexivité des acteurs des mouvements sociaux. Les recherches explorant cette réalité sont relativement peu nombreuses. Ces contributions reviennent notamment sur l'intersectionnalité politique et placent la question de l'imbrication des rapports de domination au coeur de leurs pratiques militantes.
Weyembergh Anne ; Carstocea Sinziana ; Waaldijk Ke
During the last few years, gay and lesbian rights have reached the European Union human rights agenda and different instruments to combat discrimination have been adopted, which have had major implications for the gay and lesbian communities all over Europe, This volume focuses on less known and less studied aspects of these accomplishments. Its originality lies both in the multidisciplinary nature and the international approach of this project ; researchers from different universities throughout Europe (Brussels, Leiden, Stockholm, Athens, Ljubljana, Budapest, Bucharest, Paris and Krakow) and from different disciplines (law, political science, sociology and journalism) have contributed to this volume. Through case studies and theoretical reflection, the articles collected here aim at reinforcing the existing interest for the topic as well as offering an academic look at the subject, with a view to fostering scientific dialogue and contributing to the development of this field of research. The book is structured in three different parts, covering a broad spectrum of issues, among which : legal achievements on outlawing discrimination on sexual orientation within the European Union, the evolution of same-sex partnership and marriage, the accomplishments in the candidate countries. By providing a comprehensive overview of the aforementioned topics, this book can be appreciated by different categories of readers, from those interested in human rights to those working in the specific field of non-discrimination or studying the evolution of norms.
Biographie de l'auteur Pascal Delwit est professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB) où il mène ses recherches au Centre d'étude de la vie politique Cevipol. Il est l'auteur de nombreuses publications consacrées à la vie politique en Belgique et en Europe. Il a récemment édité Le Front national. Mutations de l'extrême droite française, aux Editions de l'Université de Bruxelles (2012).
Ces dernières années, les percées électorales et politiques de partis comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ou encore Die Linke en Allemagne ont braqué les projecteurs sur le paysage de la gauche radicale en Europe. Ou plutôt des gauches radicales : des projets et des formations aux ambitions et aux profils très divers coexistent en effet dans ce spectre politique désormais très diversifié. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Dans le dernier quart du XIXe siècle, la gauche radicale s'incarne pour l'essentiel dans la famille socialiste naissante ou dans le syndicalisme révolutionnaire. Après la première guerre mondiale et, surtout, après la révolution soviétique d'octobre 1917, la rupture dans le mouvement socialiste donne naissance au mouvement communiste, dont l'homogénéité politique est forte jusqu'au vingtième congrès du parti communiste soviétique et aux révélations du célèbre "rapport Khrouchtchev" (1956). Peu à peu, une certaine diversité s'installe dans les rangs communistes. Avant que cette famille politique en pleine mutation n'entame une descente aux enfers dans les années soixante-dix et quatre-vingt tandis que les sociétés européennes se transforment en profondeur. Mais alors qu'en novembre 1989, la chute du mur de Berlin avait semblé marquer la fin des espoirs révolutionnaires, des mouvements inattendus se produisent à la gauche de la gauche au cours des premières décennies du XXIe siècle, en parallèle avec la montée en puissance de la droite radicale et populiste. Pour saisir l'ensemble de ces dynamiques, Pascal Delwit brosse une fresque impressionnante de l'histoire et des comportements des partis de la gauche radicale des débuts de l'industrialisation à nos jours. Il propose un schéma interprétatif des bouleversements de cette famille politique qui se répartit aujourd'hui en trois courants principaux.
Le Luxembourg actuel est une terre de culture très ancienne. Les premières traces d'occupation y remontent loin dans le Paléolithique. Depuis le temps des Trévires et des Romains, en passant par le Moyen Age et les Temps modernes, une tradition littéraire impressionnante montre comment les hommes apprirent à aimer cette région centrale de l'Europe, la cultivèrent et, depuis le XIXe siècle, firent enfin de leur patrie un Etat moderne et souverain. Pourtant, ce développement n'a pas traversé les siècles en ligne droite ni sans ruptures. N'épargnant ni la terre ni les hommes, la convoitise de puissants voisins, les phases tumultueuses de l'histoire européenne, les remous internes et la barbarie du national-socialisme, ont marqué l'histoire du Luxembourg. Cet instructif petit livre de Michel Pauly illustre avec maestria l'évolution du Luxembourg des origines à nos jours et prend donc aussi en compte les pays limitrophes et les régions voisines.
Il faut remonter au premier millénaire de notre ère, jusqu'à ce qu'on appelle l'Antiquité tardive, pour comprendre notre monde, ses traditions, ses déchirements : c'est ce que fait Peter Brown dans cet ouvrage passionnant où il nous montre comment, entre 150 et c. 750 de notre ère, l'univers antique, centré autour du Bassin méditerranéen et jouissant jusque-là d'une remarquable homogénéité, se divise en trois sociétés fermées les unes aux autres : l'Europe catholique, Byzance et l'Islam. En 476, l'Empire romain n'est plus ; en 655, l'Empire perse a vécu. Mais il s'agit moins de décadence que de dissolution. Pendant des siècles cohabitent des esprits classiques fidèles à la Rome éternelle et des nouveaux venus qui forgent le Moyen Age avec des outils hellénistiques. Les statues qu'on sculpte à l'image des nouveaux aristocrates portent encore la toge alors que ceux-ci ont déjà adopté la chemise de laine et la cape venues du Nord ; l'instruction garde son pouvoir mais les compagnons des muses de naguère ont pris les traits d'évêques méditant sur la Bible. Ainsi changea le monde : loin des champs de bataille, moins sous la pression des "barbares" que dans les esprits et les actes de ceux qui le vivaient au jour le jour. Tout un quotidien que fait revivre Le monde de l'Antiquité tardive.