Votre corps dans la fosse tombe. Le son mat, à peine étouffé par les feuilles et le foin, un son qui porte et dit la masse malgré les contours brouillés. Est-ce qu'à ce moment-là je l'ai pensé ? Est-ce que, penchée à ma fenêtre, je me suis permis cette réflexion : ça y est, vous êtes à la place du compost, mêlé au potager, la chair et les os réduits à l'organique, recyclé avant d'être enterré ? Un homme mange la terre de son jardin sous le regard de ses voisins qui l'épient derrière leurs rideaux. Nous sommes dans un village de montagne quelque part en France. L'homme est un apiculteur que le poison de la rumeur a détruit. Sa trop grande proximité avec un jeune étranger a alimenté les commérages jusqu'à l'hystérie. A sa fenêtre, qui l'observe, la narratrice va remonter le fil de l'histoire, cherchant à comprendre comment et pourquoi le village en est arrivé là. Comment le soupçon s'est-il nourri, comment a-t-il enflé, pour exploser enfin dans un déchaînement de violence ? Dans une narration à rebours, perverse, pleine de faux-semblants, Valérie Cibot démonte les mécanismes de la rumeur, de sa cruauté naïve, de son implacable écrasement. Car si la rumeur dévaste ceux qui la subissent, elle déchire aussi ceux qui la propagent.
Nombre de pages
128
Date de parution
10/01/2018
Poids
156g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9791095086659
Titre
Bouche creusée
Auteur
Cibot Valérie
Editeur
INCULTE
Largeur
140
Poids
156
Date de parution
20180110
Nombre de pages
128,00 €
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Une île au bord de l'océan. Ses plages rongées par l'érosion, ses blockhaus, vestiges enlisés du mur de l'Atlantique, et une vague plus haute que les autres qui menace de bientôt tout emporter. Une géologue revenue sur les terres de son enfance tente de faire comprendre aux occupants qu'il faut abandonner le rivage, trop dangereux, reculer habitations et commerces avant qu'il ne soit trop tard. Mais sur l'île, qui ne vit que grâce au tourisme, son projet ne plait pas. Trop d'enjeux économiques, trop de haines venues du passé, que cristallise la présence toujours étouffante des blockhaus le long des plages. La violence et la vague ne vont pas tarder à déferler ensemble sur la petite communauté.
Fe?lix Soupel est un homme discret, qui exerce la pacifique profession de correcteur inde?- pendant. De retour d'une cure a? La Bourboule, quelle n'est pas sa surprise de de?couvrir, dans son lit, l'homme a? qui il avait loue? son appartement pour quelques jours. Comble du de?sagre?ment, celui-ci s'ave?re e?tre parfaitement mort. Doutant des capacite?s de la police a? faire toute la lumie?re sur cette e?trange affaire, Fe?lix de?cide de mener sa propre enque?te. Il constate vite a? ses de?pens que jouer les de?tectives amateurs s'ave?re plus complexe et plus fatigant que dans les se?ries te?le? ! Il peut heureusement compter sur l'aide pas totalement de?sinte?resse?e de son neveu, Gabriel, 9 ans, pour faire avancer ses investigations. Mais quand le nai?f Sherlock et son Watson de CE2 de?couvrent un e?trange trafic, cela peut me?me devenir parfaitement dangereux...Armée d'un humour réjouissant, Pauline Toulet s'amuse des mésaventures d'un détective amateur maladroit, un brin misanthrope, sorte de Monsieur Hulot égaré chez Agatha Christie. En jouant avec les codes du roman policier, elle profite du regard naïf de son personnage pour épingler les travers et les absurdités du monde moderne.« Les morts manquent de correction » est un roman malicieux à la fantaisie assumée, délicieusement piquant, à ranger tout contre ceux d'Echenoz.
Un document exceptionnel Le 6 août 1945, à 8 h 15 du matin, une gigantesque boule de feu est apparue 500 mètres au-dessus de la ville japonaise d'Hiroshima. Avec le bombardement nucléaire déclenché par les États-Unis, " le feu du plus atroce génie humain s'abattait sur une population d'enfants, de femmes, de vieillards et d'hommes innocents ", selon les mots de l'écrivain Bernard Clavel. Keiji Nakazawa habitait avec sa famille à un peu plus d'un kilomètre du centre-ville, dans un quartier où les maisons coexistaient encore avec les champs et les potagers. Keiji avait 6 ans. Il a échappé à la mort. Soixante-quinze ans après la tragédie, son témoignage, dans sa nudité même, est glaçant de vérité. L'auteur nous fait littéralement voir, à travers ses yeux d'enfant puis sa mémoire d'adulte, l'horreur qu'a vécue la population de cette ville martyre. L'apocalypse nucléaire à Hiroshima a tué, selon les sources, entre 140 000 et 200 000 personnes, le 6 août 1945 et dans les années qui suivirent. Cette édition comprend un texte de Bernard Clavel, " La Peur et la Honte ".
Quelle ville contemporaine, parmi la myriade des cités qui ont connu une explosion démographique ces cinquante dernières années, devrions-nous choisir pour accéder au sens de notre époque, pour espérer entrevoir le secret de notre présence au monde ? Existe-t-il une métropole capable de contracter - comme l'on contracte une maladie ou une habitude - tous les caractères et les tics de notre temps, de les incorporer à ses bâtiments, à ses monuments, à ses habitants, d'en faire son horizon urbain ? Si au XIXe siècle, Berlin ou Londres auraient pu faire office de substituts de premier choix à Paris, la décision du XXe siècle est sans délibération : Los Angeles. Dans un essai qui peut rappeler les meilleures pages du sociologue urbain Mike Davis, Bruce Bégout signe une fois de plus un grand livre sur une cité qui dépasse et déborde toutes les tentatives d'encerclement et de simplification.
On n'habite jamais une ville, seulement l'idée que l'on s'en fait. C'est l'imaginaire et la mythologie, le territoire mental de chacun, qui se surimposent à la ville réelle. Dans ce premier livre, Philippe Marczewski dérive dans le pays qui est le sien depuis son enfance. Ce pourrait être Sheffield, Amiens, Essen ou Gênes. Ce pourrait être n'importe quelle ville. C'est Liège, ses banlieues et sa campagne limitrophe. Passant d'une antique chênaie arrachée à des terrils devenus collines boisées, d'une montagne en escalier d'où l'on aperçoit presque la mer à des usines spectrales se découpant sur l'horizon forestier, l'auteur écluse des bières dans la banlieue rouge, foule la tombe anonyme d'un guitariste de génie, bouscule le fantôme d'un Chet Baker émacié, et se laisse emporter par la mélancolie nocturne d'un fleuve encagé. Ici les Grands Hommes ne sont pas statues mais formes à peine visibles, corps tapis dans l'ombre, fumées évanescentes. Avec ce récit qui rappelle Henri Calet, Jean-Paul Kaufman ("Remonter la Marne"), Philippe Vasset ou le psychogéographe anglais Iain Sinclair, Philippe Marczewski dessine la géographie intime d'une ville et de ses habitants, passés et actuels.
Le grand-père de Jean-Michel Espitallier était cow-boy. Un vrai cow-boy d'Amérique, au bout du bout du Far West : en Californie. Dans sa jeunesse, il a quitté ses Alpes natales pour aller tenter la fortune dans ces contrées lointaines qui condensaient alors toute l'espérance et tout l'or du monde. Et puis, pour une raison inconnue, il est revenu. Il a vécu le reste de son âge dans son coin de France, au milieu de montagnards taiseux dont il faisait partie, lui aussi.De cet aïeul propre à susciter des légendes, on ne sait presque rien. Son histoire est comme un trou de mémoire dans la mythologie familiale.Tour à tour enquête, western, histoire de l'univers en accéléré, peinture de la vie quotidienne des cow-boys en Californie, voyage fantastique à travers le continent américain, méditation sur la mémoire, ce récit reconstitue le parcours de ce personnage inconnu. Jusqu'à la belle histoire d'amour qui l'unit à la grand-mère de l'auteur.D'une grande diversité de cadences et de styles, ce livre singulier joue de la puissance de la littérature à redonner vie à nos fantômes et à reconstituer les choses disparues. Surtout celles que l'on n'a pas vues.
Un ancien casque bleu, de retour chez lui, largue les amarres. Il fuit les images d'une guerre qui le hante et dont pourtant il n'a rien vu ou presque, dont il n'a perçu que les échos, dont il n'a vu que les cadavres et les ruines. Avec "Autopsie des ombres", Xavier Boissel livre un texte sec et puissant, un premier roman magistral.