Le Dahomey cérémoniel. Le cinéma de Francis Aupiais
Ciarcia Gaetano
HEMISPHERES
20,00 €
Sur commande en 4-6 jours
EAN :9782377011803
Tournés au Dahomey (Bénin actuel) en 1930 par le missionnaire et ethnologue Francis Aupiais avec son opérateur Frédéric Gadmer, dans le cadre du programme des Archives de la Planète créées par l'homme d'affaires Albert Kahn, les deux corpus filmiques "Le Dahomey chrétien" et "Le Dahomey religieux" distinguent nettement les rituels d'un monde "païen" et ceux d'un monde en cours de christianisation. En faisant dialoguer ces deux corpus, Gaetano Ciarcia interroge une histoire de la conversion africaine en situation coloniale. Pour Aupiais, les cérémonies vodun sont les traces d'une révélation monothéiste perdue que l'entreprise évangélisatrice se propose de régénérer. Ses mises en scène cinématographiques de la vie religieuse locale et des fêtes de la Sainte Jeanne d'Arc ou de l'Epiphanie sont ici analysées en tant qu'archives des rapports de domination, mais aussi de l'utopie d'un "nouveau monde ancien", à la fois "traditionnel" et territoire catholique de l'empire français. Par sa reconnaissance ambiguë des qualités morales et esthétiques des coutumes populaires dahoméennes, l'oeuvre d'Aupiais présage l'avènement d'un imaginaire patrimonial du vodun au Bénin. A la suite d'enquêtes ethnographiques effectuées entre 2005 et 2012, la dernière partie de ce livre est consacrée à l'"après-Aupiais" : une généalogie allant des écrits et des images dont le missionnaire et d'autres ethnologues ont été les auteurs à l'institution contemporaine des cultes vodun comme supports d'une mémoire culturelle.
Nombre de pages
184
Date de parution
20/06/2024
Poids
379g
Largeur
157mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782377011803
Titre
Le Dahomey cérémoniel. Le cinéma de Francis Aupiais
Auteur
Ciarcia Gaetano
Editeur
HEMISPHERES
Largeur
157
Poids
379
Date de parution
20240620
Nombre de pages
184,00 €
Disponibilité
Sur commande en 4-6 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Depuis quelques décennies, le passé de l'esclavage est devenu une question sociétale importante et dont la charge politique est considérable. Issus de recherches concernant des contextes africains, américains et européens, les articles ici réunis interrogent les gestes, les récits et les visions propres à l'institution globalisée et plurielle d'une mémoire culturelle des traites négrières. Une telle mémoire est à l'oeuvre dans la création de lieux, de monuments, de rituels ou de discours dont la quête de consensus ou de réparation n'est pas sans soulever, parfois, de vives polémiques et de fortes tensions. Ainsi, ce dossier vise à montrer les manières dont le souvenir du passé esclavagiste se manifeste également par le biais de postures morales, de revendications identitaires et d'émotions. Analyser les enjeux sous-jacents de reconnaissance, d'héritage, de dette qui gouvernent ces fabrications mémorielles est l'un des objectifs de cette livraison.
L'ethnologue sur le terrain est amené à rencontrer une grande diversité d'acteurs et de témoins qui sont producteurs de discours sur des savoirs et des savoir-faire locaux, susceptibles d'être objectivés de l'extérieur et mis en inventaire. Ces personnes que nous définissons, dans cet ouvrage, comme des "passeurs de mémoires" ne correspondent pas au portrait stéréotypé de l'érudit du terroir ou du porte-parole de communautés imaginées que l'on voit notamment évoqué dans certains dis-cours émanant de l'Unesco. Si ces passeurs ne reprennent pas à leur compte l'image qui voudrait faire du vieillard qui meurt une "bibliothèque qui brûle", ils savent organiser leur discours en y mêlant des références à la tradition et à la modernité et en faisant un outil politique. Leur capacité à être à la fois des porteurs, des auteurs, des enquêteurs-collecteurs de mémoires culturelles et des lecteurs de textes scientifiques caractérise les actions des passeurs dont ce volume présente des ethnographies. Dans les contributions ici réunies, l'analyse des pratiques de la transmission croise l'examen de leurs représentations. Les études qui viennent illustrer cette problématique s'intéressent aussi bien à des contextes français qu'à des situations extra-européennes (Afrique, Amérique, Asie, Océanie).
Sur les lieux de la Route de l'Esclave dans le Bénin méridional, l'institution d'une mémoire officielle de la traite négrière a été accompagnée, dans les années 1990, d'un mouvement de réforme des cultes vodun mené par leurs dignitaires ainsi que par des élites intellectuelles et politiques. Issu d'enquêtes effectuées entre 2005 et 2012, ce livre propose une analyse de certains espaces publics et cérémoniels porteurs d'un héritage culturel et moral émanant du passé esclavagiste. A la fois sélective et projective, la mémoire de ce passé suscite des interprétations, des fictions et des récits, mais également des oublis créateurs, entre reconstitutions consensuelles et versions partiales des faits historiques. Le rappel d'événements récents, mais déjà fondateurs ? tels le Festival des arts et de la culture vodun Ouidah 92. Retrouvailles Amériques-Afrique en 1993 ; le lancement de la Route de l'Esclave en 1994 ; la création de la Fête nationale du vodun en 1997 ; la tenue annuelle, depuis 1998, de la Marche du repentir ? est associé ici à une réflexion sur le moment patrimonial contemporain. Au prisme des rapports entre narrations locales, savoir ethnographique et vulgates missionnaires, cette recherche interroge l'émergence actuelle d'une connexion mémorielle entre figures du passé de l'esclavage et entités vodun devenues l'expression d'une religion à la fois "endogène" et "diasporique".
Quel est le rôle joué par l'État dans la définition et la prise en compte de ce qui est religion et de ce qui ne l'est pas, en autorisant, officialisant, légalisant, mais aussi en régulant les rapports entre les différentes religions ? La ville et ses espaces publics constituent un théâtre majeur, une scène d'expression et de visibilité de ces processus politiques, mais aussi des conflits religieux. Or, la mondialisation agit sur les pratiques religieuses et les religions, qui ne cessent de se reconfigurer. C'est la « gestion » politique et économique de ces expressions contemporaines de religiosité, et les positionnements des États face à elles, notamment dans le cadre de la ville, que se proposent d'étudier les chercheurs ici réunis - non sans faire une place aux travaux consacrés aux croyants, en tant qu'acteurs sociaux, et aux modalités selon lesquelles ceux-ci expriment ou revendiquent leur droit à une égalité de traitement en tant que membre d'une communauté religieuse.
Arabie Heureuse pour les uns, royaume de tous les rigorismes pour les autres, il est au coeur de la Péninsule Arabique un territoire de sable, grand comme quatre fois la France, qui nourrit abondamment nos fantasmes. Cet ouvrage a pour ambition de redonner place à la raison, de dessiner une image plus précise, moins passionnelle, d'un pays excessivement méconnu. Pour nous y aider, voici un précieux vade-mecum d'analyses historiques, religieuses, sociologiques et politiques, fruit d'une décennie de travail, de réflexions et d'enquêtes de terrain, indispensables pour distinguer les « djihadistes » des « salafistes », les tribus bédouines des princes saoudiens, les fortunes et ambitions des uns et des autres et mieux comprendre les moeurs locales. Cette nouvelle édition est actualisée et enrichie des toutes les données économiques, sociales, politiques et culturelles disponibles en cette fin d'année 2019.''
Explicitant la philosophie et les critères de son approche, Zafrani écrit lui-même à ce sujet : "Nous nous sommes proposés, tout au long de nos études et de nos recherches, de réaliser à la fois une analyse raisonnée des situations et une synthèse équilibrée des phénomènes afin de servir la science et la conscience historique, la mémoire collective et un patrimoine culturel qui nous est cher, à mille égards. Cela, nous l'avons fait avec le projet d'une quête des lieux de dialogue, de rencontres des hommes et des idées, d'espaces de convergences entre cultures et civilisations qui sont autant d'espaces de fidélités, de liberté et d'universalisme." Haïm Zafrani, auteur notamment de Deux mille ans de vie juive au Maroc, Juifs du Maroc. Vie sociale, économique et religieuse. Etudes de taqanot et responsa, et de Juifs d'Andalousie et du Maghreb, a consacré toute son existence à ses recherches et à l'enseignement, en étant toujours soucieux de transmettre son savoir. Son engagement, en la matière, qui était une forme de militantisme, ne peut qu'inciter à la réflexion tous ceux qui se soucient aujourd'hui d'histoire, de culture, de patrimoine, de diversité, de paix et de fraternité en ces premières décennies du XXIe siècle. Une urgence d'autant plus vitale pour l'humanité que l'enracinement culturel est devenu un enjeu capital dans le monde ultra-connecté. L'on ne peut que saluer et se réjouir de l'initiative prise par Mustapha Saha de consacrer un ouvrage à ce "penseur de la diversité", et de présenter, avec sa belle plume et le sens de la formule qui le distingue, l'homme dont il était familier depuis fort longtemps, et une oeuvre féconde dont il a une connaissance intime et qu'il rappelle avec une remarquable précision. Mohammed Kenbib.
« Vais-je tenter de faire oeuvre d'historien ? Non ni moi, ni mes parents, ni mes grands-parents n'avons la moindre prétention à entrer dans l'Histoire, fut-ce par une petite porte. Et les seuls éléments concrets dont je dispose, c'est dans ma mémoire que je peux les trouver - hormis concernant ma vie professionnelle qu'emporté par mon élan, j'ai commencé à raconter, et pour laquelle je disposais de sources abondantes. C'est donc à partir de quelques connexions neuronales survivant dans un coin de mon cerveau que je peux chercher à faire un récit où apparaîtront mon entourage, mes proches et quelques reflets d'une époque à jamais disparue. Sans trier mes souvenirs, j'ai simplement laissé courir ma plume en espérant que, dans ce désordre, certains lecteurs, dont mes petits-enfants, peut-être, trouveront une petite lucarne éclairant ce passé déjà lointain, qui nous fait ce que nous sommes, qui fait ce que vous êtes! »