Depuis la crise de 2008, la question de la dette publique s'est imposée sur le devant de la scène politique. Loin d'être réductible à une question de bonne gestion financière, la dette, dans sa forme contemporaine, reconfigure profondément les rapports entre l'Etat et ses citoyens et va jusqu'à mettre en question la souveraineté de l'Etat-nation. A partir de l'analyse de la crise de la démocratie engendrée par l'explosion de la dette publique proposée par le sociologue allemand Wolfgang Streeck dans Du temps acheté, qui publie dans ce volume un essai inédit en langue française, C. Crouch, J. Habermas, R. Boyer, B. Karsenti, M. Cuillerai, J.-M. Rey et Y. Duroux ordonnent leurs réflexions autour de trois questions : est-il possible de réguler un capitalisme financier qui s'est largement émancipé du cadre étatique au sein duquel s'était construit le compromis d'après-guerre entre capital et travail ? L'intégration européenne est-elle un obstacle ou un atout pour remettre une économie globalisée sous contrôle démocratique ? Comment le néolibéralisme, en faisant pénétrer les logiques marchandes jusque dans la subjectivation des citoyens, altère-t-il le principe de cohésion des sociétés démocratiques contemporaines et, partant, le type de réflexivité et d'action politique qui peuvent avoir prise sur leur devenir ? L'enjeu de ce dossier est de remettre au premier plan du questionnement des sciences sociales le lien que l'économie entretient avec la politique, les dangers qu'un capitalisme livré à lui-même représente pour les démocraties modernes, mais aussi la capacité des Etats à le mettre à contribution pour la construction d'une société politique juste.
Nombre de pages
312
Date de parution
01/03/2018
Poids
650g
Largeur
150mm
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EAN
9782713227301
Titre
La dette souveraine. Economie politique et l'Etat
Auteur
Christ Julia ; Salmon Gildas
Editeur
EHESS
Largeur
150
Poids
650
Date de parution
20180301
Nombre de pages
312,00 €
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Ce livre part d'un constat : l'universalisme, qui faisait la gloire de l'Occident il y a encore quelques décennies, est aujourd'hui l'objet d'un ensemble de critiques mettant au jour son caractère implicitement ou explicitement dominateur. Face à ces attaques, il ne trouve que des défenseurs souvent maladroits, vantant les mérites des principes remis en question, que ce soit la laïcité, la République, la rationalité, la science occidentale ou encore les droits subjectifs. L'ouvrage est porté par l'intuition que cet universel que l'on combat ou que l'on défend n'en est pas un. Il montre la complicité entre les critiques les plus radicales de l'universel et une conception libérale sinon chrétienne de l'universel, en tentant de comprendre, à l'aide de Hegel, les ressorts de cette méprise. Qu'oublie-t-on, dans un camp comme dans l'autre ? Et à quel universel faut-il alors prétendre pour dépasser les faux débats auxquels ont abouti deux siècles de libéralisme ?
Ce recueil qui traite de l'injustice sociale et rassemble différentes traditions de théories critiques et différentes disciplines des sciences humaines et sociales s'inspire de l'antique programme interdisciplinaire de la première génération de l'Ecole de Francfort, sans que cette filiation soit toujours ni revendiquée, ni même forcément reconnue par les auteurs des textes de cet ouvrage. Dans l'idée que toutes contribuent ainsi à la fabrication de ce qu'on appelle la " critique ", sont donc représentées dans ce livre non seulement ces sciences humaines et sociales qu'on a pu appeler " sciences particulières " ? la sociologie, l'économie, l'anthropologie politique ou la psychanalyse ? mais aussi cette " science " qui ne se veut pas vraiment particulière, à savoir la philosophie. L'objectif poursuivi est de donner une vue d'ensemble des perspectives adoptées aujourd'hui à l'égard de l'injustice sociale, c'est-à-dire des faits d'injustice qui surviennent au sein de la société et sont provoqués par elle. À la question " Quelles voies pour la critique ? " que pose son sous-titre, il ne prétend néanmoins pas fournir une réponse unique, mais uniquement donner à entendre, dans ce qu'elles ont de concordant mais aussi de discordant, certaines des voix à travers lesquelles la critique s'exprime dans le débat actuel.
Présentation de l'éditeur La publication des " Cahiers noirs " de Heidegger en Allemagne a mis au jour plusieurs passages, écrits dans les années 1938-1941, au contenu antisémite incontestable. Peter Trawny, spécialiste de Heidegger et éditeur de ces " Cahiers ", affronte ici le choc de ces pages mettant en question la thèse prédominante jusqu'à aujourd'hui qui voudrait que l'engagement de Heidegger dans le national-socialisme n'ait pas impliqué de sa part une adhésion à l'antisémitisme. Selon Peter Trawny, si Heidegger s'écarte de l'antisémitisme "vulgaire" des nazis, il en donne bien une reformulation en termes d'" histoire de l'être ". Autrement dit, il intègre l'antisémitisme à son interprétation philosophique de l'Histoire mondiale. Comment penser ce désastre du jugement de la part d'un des plus grands philosophes du XXe siècle, qui a exercé une profonde influence sur Hannah Arendt, Leo Strauss, Jean-Paul Sartre, Emmanuel Levinas, Jacques Derrida, Michel Foucault et tant d'autres ? Avec tout le sérieux scientifique, le sens historique et philosophique qui s'imposent à l'interprète, l'auteur cherche à répondre aux questions que soulève cette découverte.
Le concept de "reconnaissance" est aujourd'hui essentiel à notre identité politique et culturelle : il recouvre des exigences aussi diverses que celles de se respecter mutuellement comme membres égaux d'une communauté de coopération ; de garantir une reconnaissance inconditionnelle à la singularité de l'autre ; ou de témoigner de considération aux minorités culturelles. Or les cultures française, britannique et allemande divergent profondément dans leur façon de concevoir le sens et le contenu de la rencontre interhumaine. Si, dans le contexte français, l'effort individuel pour acquérir un statut social ou une existence socialement assurée fait naître la crainte de la perte de soi, dans le contexte britannique, le besoin individuel d'approbation sociale dispose les sujets à exercer un contrôle moral sur eux-mêmes ; tandis que, dans le contexte germanophone, la nécessité où se trouve l'individu d'entrer dans une relation de reconnaissance réciproque ouvre la possibilité de l'autodétermination. Axel Honneth s'interroge sur le lien qui existe entre les trois approches : ne font-elles qu'éclairer différemment le même phénomène de reconnaissance intersubjective, ou bien en révèlent-elles des aspects complémentaires qui, rassemblés, fourniraient une image plus complexe de ces processus ? La reconnaissance est suivi, en annexe, de "Abolir les injustices, l'emporter sur le crime : retour sur les souces de la solidarité européenne" (traduit de l'allemand par Julia Christ).
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.