En exil comme tant d'autres écrivains et intellectuels russes, ils s'étaient rencontrés à Berlin en 1923 et eurent une brève liaison : tandis qu'Elsa passe vite à autre chose, Chklovski reste profondément amoureux d'elle et la poursuit de ses assiduités. Le point de départ de Zoo est cette phrase féroce d'Elsa à Victor : "Cesse de m'écrire combien, combien, combien tu m'aimes, parce qu'au troisième "combien" je commence à penser à autre chose." Soit, l'auteur écrira à Alia (le double d'Elsa dans Zoo) des "lettres qui ne parlent pas d'amour." Avec sa malice et son inventivité sans pareilles, Chklovski, qui désirait déjà écrire sur le Berlin "russe", transforme ses lettres en une suite virtuose de récits, de croquis d'amis ou célébrités, et brosse un tableau de cette intelligentsia en exil, de la vie d'un "réfugié" dans la capitale allemande, de Maïakovski et de son égérie Lili Brik (la soeur d'Elsa Triolet) et de mille autres choses, avec toujours la présence d'Alia en filigrane, et de truculentes réponses de celle-ci insérées parmi les Lettres. "Un roman épistolaire réclame une motivation : qu'est-ce qui oblige les gens à correspondre ? L'explication habituelle, c'est l'amour et la séparation. Je l'adoptai dans un de ses aspects particuliers : les lettres sont écrites par un homme amoureux d'une femme qui n'a pas de temps à lui consacrer. D'où la nécessité d'un nouveau détail : l'essentiel du livre ne concernant pas la passion, j'eus recours à l'interdiction de parler d'amour. Il en résulta ce que j'exprimai dans le sous-titre : Lettres qui ne parlent pas d'amour." Le livre se présente sous la forme d'une correspondance entre l'auteur et Alia. Vingt-neuf lettres recomposent, comme un puzzle, l'atmosphère de Berlin durant l'exil de Chklovski ; elles portent deux autres titres : Lettres qui ne parlent pas d'amour ou la Troisième Héloïse, dont l'anagramme en russe cacherait le nom d'Eisa Triolet. Chacun des trois titres révèle un aspect du livre. Zoo, c'est la faune des exilés, artistes et écrivains, perdus dans les rues d'une ville inconnue, que l'après-guerre a rendue sinistre et apathique. Chklovski burine avec un humour incisif et tendre les portraits de ces personnages que l'aventure qu'ils viennent de vivre et l'amour de la Russie lointaine rendent doublement étrangers. La Troisième Héloïse masque une correspondante qui ne veut point entendre parler d'amour ; elle est le secret prétexte de ce mince volume, tout entier consacré au plaisir d'écrire, dans le contexte tragiquement ennuyeux de l'exil. Zoo est taillé comme un diamant à vingt-neuf facettes dont chacune reflète une part des talents de Chklovski, épistolier, prosateur et poète.
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Nombre de pages
170
Date de parution
12/07/2023
Poids
160g
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EAN
9782846795302
Titre
Zoo
Auteur
Chklovski Victor
Editeur
GINKGO
Largeur
0
Poids
160
Date de parution
20230712
Nombre de pages
170,00 €
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Né dans une famille de riches marchands dans la toute-puissante Venise du XIIIe siècle, Marco Polo s'embarque à dix-sept ans, avec son père et son oncle, pour un voyage qui lui fera traverser l'Asie, en passant par la Mongolie, pour atteindre Pékin en 1275.Il apprend la langue mongole et séjourne en Chine pendant seize ans, durant lesquels il est chargé de nombreuses missions dans le pays. A son retour à Venise en 1295, Marco Polo participe à la bataille de Curzola, où il est fait prisonnier par le Génois. C'est pendant sa captivité qu'il dicte à l'un de ses compagnons le récit de ses voyages, un des tout premiers témoignages occidentaux sur l'Asie et l'Extrême-Orient.
Résumé : Une découverte merveilleuse et attendrissante : les lettres d'amour envoyées par Victor Chklovski à Elsa Triolet, issues du fonds Aragon/Triolet. L'existence de ces Lettres était connue et trois avaient fait l'objet d'une traduction, mais les 64 lettres manuscrites en russe n'avaient jamais été déchiffrées dans leur intégralité et encore moins publiées. Ils s'étaient rencontrés lorsque, en exil comme tant d'autres après la révolution en Russie, ils avaient trouvé refuge à Berlin, devenue pour un temps "la 3e capitale russe". Leur brève liaison n'eut pas de suite pour Elsa, mais laissa le pauvre Victor profondément amoureux d'elle, ne cessant de la poursuivre de ses assiduités et de l'assurer de son amour. Chklovski, déjà écrivain reconnu, écrit à Elsa des lettres passionnées auxquelles celle-ci ne donne pas suite mais qu'elle conserva toute sa vie et qu'Aragon lui-même joignit à ses archives léguées au CNRS et maintenant entreposées à la BNF. Les lettres d'Elsa Triolet à Chklovski n'ont quant à elles jamais été retrouvées, sans doute détruites par la veuve de Chklovski à la mort de celui-ci. Ce sont les lettres d'un écrivain amoureux d'un amour non réciproque, mais qui ne perd pas son sens de l'humour et sa malice , qui allaient devenir sa marque de fabrique. Ce sont aussi les lettres d'un homme auquel celle qu'il aime a enjoint de cesser de lui parler de son amour : "Cesse de m'écrire combien, combien, combien tu m'aimes, parce qu'au troisième "combien" je commence à penser à autre chose." Chklovski se plie à l'injonction, et il tirera rapidement de ses lettres un chef-d'oeuvre : Zoo ou Lettres qui ne parlent pas d'amour (réédité en parallèle dans la collection semi-poche "Petite Bibliothèque Slave".) On assiste alors à la fois à la genèse d'un chef-d'oeuvre, Zoo, et au déroulement d'un amour qui dura toute une vie. "Cher ami", écrit-il à Aragon en 1970, à la mort d'Elsa. "C'est seulement maintenant que je me décide à t'écrire. La mort d'Elsa Triolet m'a bouleversé. Tu sais combien j'ai été amoureux d'Elsa. [...] Si elle m'avait aimé, je serais devenu un génie."
Véritable encyclopédie des réalisations artisanales de l'Afghanistan, cet ouvrage est le fruit de cinquante ans de recherches et de vingt-deux missions de terrain menées par l'anthropologue Bernard Dupaigne. Sont ici présentées des oeuvres d'une immense variété, tant des plus simples - outils et objets de la vie quotidienne - que des plus riches et des plus élaborées, destinées aux grandes étapes de la vie et des rituels religieux ou civiques. Bien au-delà de ces productions, sont ici retrouvés les hommes et les femmes oeuvrant - au sein du foyer, à l'atelier, dans le bazar ou loin de chez eux - pour le bien commun, le respect des traditions et, pourquoi pas, la beauté. Deux volumes constitueront ce recueil exceptionnel. Le présent tome, Villes et campagnes afghanes, rassemble les travaux de l'architecture vernaculaire, de l'agriculture et de l'irrigation, de l'élevage et de la chasse, mais aussi des arts et des coutumes : peinture et décoration, fours et poterie, métallurgie, verre, marionnettes et jouets, manèges, sellerie et harnachements, instruments de musique... Le second tome, Les textiles en Afghanistan - à paraître - sera plus particulièrement consacré aux arts du tissage, des tapisseries, des feutres et des décors de costumes, arts principalement animés par les femmes qui sont ainsi les principales gardiennes d'une production ancestrale d'une très grande richesse. Une somme de plus de 1 300 photos, pour la plupart en couleur et prises par l'auteur au cours de ses voyages, accompagnées d'un commentaire éclairé, témoignent ainsi de la splendeur des multiples formes d'art traditionnel que l'Afghanistan a produites et qui - hélas - disparaissent ou ont déjà disparu devant les guerres, les destructions, les déplacements de populations, mais aussi devant l'inévitable quête du moindre coût.
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