En choisissant d'évoquer non pas une Afrique mais des Afriques, Jacques Chevrier a voulu souligner la richesse et la diversité culturelles d'un continent trop souvent vilipendé, tout en marquant du sceau de la relativité un propos et une série de réflexions qui ne prétendent ni à l'exhaustivité ni à la généralisation. On voudra donc bien aborder Le Lecteur d'Afriques comme la chronique d'un parcours intellectuel, tout au long duquel l'auteur s'est progressivement familiarisé avec des sociétés et un monde nouveau à travers lesquels il a beaucoup bourlingué, et dont les littératures, aussi bien orales qu'écrites, découvertes un peu par hasard, ont définitivement orienté sa vocation d'enseignant-chercheur. De l'Université de Rouen, où il a débuté sa carrière universitaire jusqu'à la Sorbonne où il l'a achevée, en passant par un quart de siècle à l'Université Paris-Val de Marne, Jacques Chevrier n'a en effet jamais cessé d'offrir à la curiosité de plusieurs générations d'étudiants la richesse, la variété et la singularité des grands écrivains du monde noir. Considéré par beaucoup de ses anciens élèves comme un véritable "passeur de culture", il peut désormais mesurer le chemin parcouru et apprécier les grandes évolutions d'une discipline nouvelle, l'enseignement des littératures africaines et caraïbes de langue française, dont il a été l'un des promoteurs, et que les contributions les plus récentes viennent chaque jour renouveler, enrichir et pourquoi pas révolutionner...
Date de parution
27/04/2005
Poids
850g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782745311924
Titre
LE LECTEUR D'AFRIQUES.
ISBN
2745311921
Auteur
CHEVRIER JACQUES
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
850
Date de parution
20050427
Disponibilité
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Au moment où l'Europe découvre le jazz et l'art nègre, des poètes réunis à Paris autour de Léopold Senghor, Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas se font " voleurs de langue " et inventent la Négritude. Cette prise de conscience de la spécificité des valeurs du monde noir, bientôt relayée par les romanciers et les dramaturges, va se traduire par une floraison d'œuvres littéraires qui entendent à la fois réhabiliter l'image d'une Afrique trop souvent méconnue et dénoncer un système colonial de plus en plus contesté. Il reviendra aux écrivains de la deuxième, puis de la troisième génération de témoigner des désillusions consécutives aux indépendances des années soixante, dans le temps même où ils s'engagent dans une aventure des écritures marquée du sceau de la dissidence. Refusant la fausse alternative entre l'allégeance inconditionnelle aux modèles occidentaux et le fétichisme de la tradition, les écrivains du monde noir - rejoints depuis peu par les " écrivaines " - sont résolus à assumer leur condition d'écrivains à part entière et manifestent désormais la plus grande réticence à l'égard de ceux qui les sommaient, naguère, d'être les accoucheurs de l'Histoire. A une écriture du politique succède donc aujourd'hui une politique de l'écriture, favorisant une véritable explosion de récits ou de dramaturgies baroques et polyphoniques dans lesquels fantaisie, humour et dérision semblent avoir pour vocation d'exorciser les démons d'un continent qui n'a pas fini de nous surprendre.
Au moment où l'Europe découvre le jazz et l'art nègre, des poètes réunis à Paris autour de Léopold Senghor, Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas se font " voleurs de langue " et inventent la Négritude. Cette prise de conscience de la spécificité des valeurs du monde noir, bientôt relayée par les romanciers et les dramaturges, va se traduire par une floraison d'?uvres littéraires qui entendent à la fois réhabiliter l'image d'une Afrique trop souvent méconnue et dénoncer un système colonial de plus en plus contesté. Il reviendra aux écrivains de la deuxième, puis de la troisième génération de témoigner des désillusions consécutives aux indépendances des années soixante, dans le temps même où ils s'engagent dans une aventure des écritures marquée du sceau de la dissidence. Refusant la fausse alternative entre l'allégeance inconditionnelle aux modèles occidentaux et le fétichisme de la tradition, les écrivains du monde noir - rejoints depuis peu par les " écrivaines " - sont résolus à assumer leur condition d'écrivains à part entière et manifestent désormais la plus grande réticence à l'égard de ceux qui les sommaient, naguère, d'être les accoucheurs de l'Histoire. A une écriture du politique succède donc aujourd'hui une politique de l'écriture, favorisant une véritable explosion de récits ou de dramaturgies baroques et polyphoniques dans lesquels fantaisie, humour et dérision semblent avoir pour vocation d'exorciser les démons d'un continent qui n'a pas fini de nous surprendre.
Jacques Chevrier présente ici quelques fleurs des "sociétés de parole", les littératures orales. A nous d'y trouver ce que chacun saura y lire : plus la lecture sera diverse, plus riche le texte sera...
Alors que Picasso et ses amis découvrent l'Art nègre, sur fond de rythmes venus d'outre-Atlantique, c'est en 1921 que les jurés du prix Goncourt portent leur choix sur un écrivain de couleur, le Guyanais René Maran, auteur de Batouala, sous-titré "véritable roman nègre". L'événement qui fait scandale, marque le coup d'envoi d'un vaste mouvement de reconnaissance et d'affirmation des valeurs culturelles du monde noir qui va bientôt triompher sous la bannière de la négritude, brandie conjointement par Léopold Sédar Senghor, Aimé Césaire et Léon-Gontran Damas. Ces pionniers qui ont fait le choix de la poésie pour dire leur révolte et leurs espoirs, ne tardent pas à être relayés par plusieurs générations de dramaturges et de romanciers attachés à réhabiliter des sociétés trop longtemps marginalisées, à en décrire les mécanismes complexes et à dénoncer des dérives autant coloniales que post-coloniales. Alors qu'au seuil des années quatre-vingt émerge enfin une littérature féminine, aux accents contestataires, les écrivains, pour la plupart, s'émancipent progressivement des idéologies qui avaient marqué les premières ?uvres, et s'engagent dans une aventure des écritures traduisant l'entrée des littératures africaines dans une modernité textuelle ouverte à tous les souffles du monde...