Shakespeare et son critique Brandès, publié en 1898, est le premier livre de Léon Chestov, et le seul qui n'avait jamais encore été traduit en français. Sous le feu de la colère que lui inspirèrent les écrits du critique rationaliste danois Georg Brandès consacrés à Shakespeare, alors que lui-même était encore bouleversé par la découverte des oeuvres du dramaturge anglais, Chestov donne sa propre lecture, passionnée, de Hamlet, Jules César, Le Roi Lear, Macbeth, Coriolan... Ce faisant, il esquisse déjà les grandes lignes de ce que sera son combat philosophique : aller au rebours de toute la tradition née du stoïcisme grec. La nécessité, la raison ne sont pas en mesure de répondre aux questions qui se posent à ceux qui, comme Job, ont été confrontés au véritable tragique de l'existence.
Nombre de pages
428
Date de parution
17/02/2017
Poids
510g
Largeur
137mm
Plus d'informations
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EAN
9782358731096
Titre
Shakespeare et son critique Brandès
Auteur
Chestov Léon ; Guillet Emma ; Fotiade Ramona
Editeur
BRUIT DU TEMPS
Largeur
137
Poids
510
Date de parution
20170217
Nombre de pages
428,00 €
Disponibilité
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Je n'ai pas envie de parler de moi, mais d'épier les pas du siècle, le bruit et la germination du temps..." Même s'il s'en défend, avec Le Bruit du temps, publié en 1925 et rédigé en Crimée dès 1923, Mandelstam signe son livre le plus autobiogaphique et donc la meilleure introduction qui soit à son oeuvre. Il y évoque le Pétersbourg d'avant la révolution et sa formation de poète: de la bibliothèque (russe et juive) de son enfance à l'étonnant professeur de lettres, V. V. Gippius, qui lui a enseigné et transmis la "rage littéraire". Mais le livre est aussi une éblouissante prose de poète, qui annonce Le Timbre égyptien. Une prose où le monde sonore du temps (concerts publics, mais aussi intonations d'acteurs, chuintements de la langue russe) constitue la base du récit, une prose qui jaillit d'un regard à travers lequel le monde semble vu pour la première fois, avec une étonnante intensité. Mandelstam compose ainsi une suite de tableaux d'une exposition sur la préhistoire de la révolution. Le livre s'achève au présent sous une chape d'hiver et de nuit ("le terrible édifice de l'Etat est comme un poële d'où s'exhale de la glace"), face à quoi la littérature apparaît "parée d'un je ne sais quoi de seigneurial" dont Mandelstam affirme crânement, à contre-courant, qu'il n'y a aucune raison d'avoir honte ni de se sentir coupable. Pourquoi traduire une nouvelle fois Le Bruit du temps alors qu'il existe déjà deux traductions en français, l'une, médiocre, dans une anthologie de proses de Mandelstam intitulée La Rage littéraire chez Gallimard, jamais rééditée; l'autre, extrêmement précise, par Edith Scherer, à L'Age d'homme, reprise dans la collection "Titres" chez Christian Bourgois? Sans doute parce qu'il fallait faire appel à un poète pour donner à entendre dans une langue d'une grande richesse, la musique et l'éclat si particuliers de cette prose. Nous avons commandé cette traduction nouvelle à Jean-Claude Schneider, admiré de poètes allemands comme Hölderlin, Trakl, Bobrowski, qui avait déjà traduit de Mandelstam, à La Dogana, des poèmes de Simple promesse et surtout le magnifique Entretien sur Dante, précédé de La Pelisse.
II est terrible de penser que notre vie est un roman, sans intrigue et sans héros, fait de vide et de verre, du chaud balbutiement des seules digressions et du délire de l'influenza pétersbourgeoise. L'Aurore aux doigts de rose a cassé ses crayons de couleur. Ils gisent aujourd'hui comme de jeunes oiseaux, avec des becs béants et vides. Cependant, tout absolument me semble contenir les arrhes de mon délire favori en prose."