Vernaculaires. Essais d'histoire de la photographie
Chéroux Clément
POINT JOUR
22,00 €
Epuisé
EAN :9782912132697
Quoi de commun entre un photographe qui essaye de capturer des fantômes, un expérimentateur qui tente d'enregistrer ses pensées en disposant une plaque sensible sur son front, un opérateur de fête foraine, un prestidigitateur en chambre noire, de joyeux amateurs et quelques chasseurs de reflets ? Rien, si ce n'est leur appartenance à cette vaste catégorie photographique encore insuffisamment étudiée par les historiens du médium : celle du vernaculaire. La photographie vernaculaire est le plus souvent appliquée ou fonctionnelle, c'est-à-dire utilitaire. La famille est l'un de ses principaux lieux de production ou de circulation, elle est donc aussi domestique. Mais surtout, elle se situe hors de ce qui a été jugé le plus digne d'intérêt par les principales instances de légitimation culturelle. Elle se développe en périphérie de ce qui fait référence, compte et pèse dans la sphère artistique. Elle est l'autre de l'art. En historien consciencieux, mais non sans délectation, Clément Chéroux revient dans cet ouvrage sur quelques-unes de ces pratiques vernaculaires oubliées. Elles deviennent autant d'occasions d'interroger la photographie : faut-il (ou non) croire aux images, comment s'aveugler en les regardant, qu'est-ce qu'un amateur, quel est l'inconscient photographique du cinéma de Georges Méliès, les photographes forains ont-ils le pouvoir de changer la vie en changeant de décor, quelle était la véritable activité d'Eugène Atget ?
Nombre de pages
163
Date de parution
14/09/2013
Poids
410g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782912132697
Titre
Vernaculaires. Essais d'histoire de la photographie
Auteur
Chéroux Clément
Editeur
POINT JOUR
Largeur
150
Poids
410
Date de parution
20130914
Nombre de pages
163,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Photographier, c'est mettre sur la même ligne de mire la tête, l'oeil et le coeur. C'est une façon de vivre résumait Henri Cartier-Bresson, cofondateur en 1947 de la célèbre agence Magnum, figure mythique de la photographie du XXe siècle. C'est en 1931, après avoir étudié la peinture, fréquenté les surréalistes et entrepris un premier voyage en Afrique, qu'il décide de se consacrer à la photographie. De Mexico à New York, de l'Inde de Gandhi au Cuba de Fidel Castro, de la Chine devenue communiste à l'Union soviétique des années 1950, il ne cessera plus de déambuler à travers le monde, son fidèle Leica rivé à l'oeil. Clément Chéroux nous invite à suivre le tir photographique de cet inlassable promeneur qui, se refusant au sensationnalisme et à tout recadrage de ses tirages, donna ses lettres de noblesse à la photographie de reportage et fit de l'" imaginaire d'après nature "une éthique. Et une esthétique."
Longtemps tenue pour une "petite misère de la photographie", l'ombre s'affirme, à partir des années 1920-1930, comme un motif photographique à part entière, dont se saisissent les avant-gardes, autant que comme un moyen de mettre en évidence les processus à l'o euvre dans la photographie. De l'auto-ombromanie - ombre de l'opérateur se surimposant à l'objet photographié - à l'autoportrait en ombres portées, des jeux d'ombres énigmatiques, porteurs d'un univers fantastique (la ville, la nuit), à la pratique du photogramme révélant les phénomènes lumineux, la photographie, cet art de la lumière, "art solaire au service de la nuit", ne peut se faire et se penser sans sa part d'ombre.
Diplopie (le fait de voir « double » un même objet) étudie deux formes de répétition induites par l'attentat contre les tours jumelles le 11 septembre 2001: publication de quelques image-types dans la presse, bien qu'il s'agisse sans doute de l'événement le plus photographié de l'histoire des médias; reprise dans ces images de celles d'une autre attaque surprise (Pearl Harbour) suivie d'une autre mobilisation nationale légitime (guerre du Pacifique). La globalisation iconographique dont témoigne le 11-Septembre s'exercerait ainsi non plus simplement de manière « horizontale », sur toute la planète au même moment, mais aussi « verticalement », à travers un imaginaire historique dominant.