Inventer le réel. Le surréalisme et le roman (1922-1950)
Chénieux-Gendron Jacqueline
CHAMPION
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EAN :9782745327734
Extrait INVENTER LE RÉEL ? Pour vivre et penser, c'est le pouvoir de la poésie qu'il s'agit d'interroger - en son sens le plus originel. La poésie est création, réalisation en acte, et le mouvement qui projette l'homme vers sa parole propre n'est jamais anodin. Avant Pindare, dans le monde grec, le «poète», c'était l'aède, le chanteur, celui qui projette les sons au-devant des auditeurs : acte de respiration et de communication s'il en est, et qui fait sa part à la violence pour contraindre à l'écoute son auditoire. Le poète, pour ce faire, interroge violemment son propre vouloir. dipe, interrogé par la Sphinge, la questionne durement à son tour - on se rappelle les représentations que Gustave Moreau donne de cette scène mythologique -, le poète brave le monstre, qui de son côté tente de le séduire. Il mime l'accouplement avec elle pour mieux deviner ses secrets. Noces fabuleuses, au sens propre du mot : créatrices de paroles et de sens. Car «la vie» et la pensée ne sont pas faites d'habitudes mentales piétinantes. Poètes, donc, comme dipe : en ce sens les surréalistes l'étaient ou ont cherché à l'être, avec une force décuplée par l'angoisse des guerres et la révolte devant toutes les injustices humaines. Écrire n'est rien, si c'est reconduire la possibilité même d'une guerre, et réinstaller sur ses rails l'inégalité sociale et son train d'injustices pour les hommes. Écrire est quelque chose si c'est ouvrir la voie à la pensée humaine, et traquer en chaque moment de son propre parcours la compromission avec ce qui est mais aussi la silhouette de ce qui pourrait être. Tel est sans doute le moteur intime d'un «mouvement surréaliste» qui porte bien son nom : moins «surréaliste» que «mouvement», et en son sens le plus pratique : à la recherche d'une éthique. Or cette traque, je le disais, est celle des mots. C'est aussi celle des formes. Il n'est pas mauvais dès lors de s'interroger sur une bizarre réprobation, pour ne pas dire un interdit, qui traverse l'histoire du surréalisme : celui du «genre» romanesque, et celui de la peinture figurative. À cette éthique s'articule donc une esthétique. La figuration contribue à détruire le rêve, on croyait le savoir. Mais il faut maintenir tenace la nostalgie d'un locus amoenus surréaliste, seulement silhouetté, qui se dessine dans les poèmes ou dans la prose poétique, ou dans les formes d'une peinture aux références formelles apparemment disparates. Je tente ici de donner forme à une interrogation ancienne. Fascinée autrefois par la lecture d'Au château d'Argol (admiré par André Breton), j'ai voulu savoir pourquoi, quinze ans avant la publication de cet ouvrage, ce dernier avait prétendu refuser au roman le droit de cité littéraire. Comprendre un interdit, rêve de révoltée trop raisonnable, peut-être, ou de raisonneuse. Mais ma recherche, c'est aussi : refuser de subir l'interdit comme tel - non pas pour le retourner contre le surréalisme, me gausser de ses prétentions et me mettre à écrire un autre de ces romans - mais longuement essayer d'en comprendre le sens, la validité précaire et profonde à la fois. Pour cela, entrer dans la place, avec sympathie, pour comprendre. C'est ce que j'ai tenté de faire, dans Le Surréalisme et le roman, dont je reprends ici certaines lectures, puisque l'ouvrage a été vite épuisé. Parallèlement, je m'interroge aussi dans un autre livre (Surréalisme(s) : l'esprit et l'histoire) sur les théories qu'ont développées les surréalistes, sur leurs mots-clés, et sur la critique d'art des surréalistes, laquelle s'émerveillant de la «magie» de telle ou telle oeuvre semble a priori récuser tout critère de classification et d'évaluation. Je pense qu'il n'en est rien, et sans provocation excessive, je propose de considérer André Breton comme un critique d'art ; ses pages, comme relevant d'une esthétique qu'on peut définir ; ses amis, comme développant des modes d'inventer différenciés, divergents parfois, convergents souvent.
Résumé : On a trop oublié la joie de lire quand on s'ennuie, et que le monde, devenu monde " mondialisé ", se déguisant d'angoisse, et partout identique à lui-même, est d'un ennui mortel. Ces pages, vibrantes de saveur, et nullement des refuges, qui en appellent à prendre le parti poétique et politique de changer le monde, nous ramènent au goût de la révolte et à la jubilation d'un plaisir oublié. Liberté, jubilation, alerte : tels seraient les mots d'ordre vers lesquels je verrais se diriger le Surréalisme aujourd'hui. Et dès lors ce qui est intemporel, dans ce mouvement, c'est peut-être - sans paradoxe - son sens de l'Histoire. J. C.-G.
Ce volume est constitu de confrences qu'organisa la Galerie de la Ville de Montreuil, pour accompagner une large exposition Philippe Soupault, Le Voyageur magntique, ouverte du 8 janvier au 28 fvrier 1989. Notre intention a t de garder la trace de son origine, et singulirement de l'ouverture de la srie des confrences par le tmoignage d'Edmond Jabs. Mais ces premires traces on t toffes par des contributions qui nous paraissent propres faciliter la lecture d'une uvre sur laquelle la critique ne s'est gure attarde. Trs peu de travaux ouvrent, on le sait, l'uvre insaisissable du pote Philippe Soupault, qui ptit de sa relation trop visible avec un mouvement le surralisme qu'il contribua certes fonder et que pourtant son uvre dveloppe dans un sens ludique et arien, fantaisiste au meilleur sens du terme, bien loign des formes thoriques dsormais plus connues de ce mouvement.
Avant-propos, Geneviève Haroche Bouzinac. - Quarante numéros d'épistolaire. Entretiens sur les correspondances. Présentaiton, Brigitte Diaz. LE MONDE SENSIBLE : Anne Chamayou, Regrets sur un vieux fauteuil, le discours du repos dans la correspondance de Diderot. - Marc Buffat, Ville et campagne dans la correspondance de Diderot. - Brigitte Weltman-Aron, Le rapport au temps dans la correspondance de Diderot. - Béatrice Fink, Quoi ? ne plus manger et me taire ?, démonter le comestible dans la correspondance de Diderot. - Nadège LAngbour, L'Histoire des maladies dans la correspondance de Diderot, les enjeux de l'exhibition du corps souffrant. - Hélène Cussac, Les lettres de Diderot à Sophie Volland à l'épreuve de la sympathie. ESTHETIQUE ET POETIQUE : Cécile Alvarez, Seigneur Michel dans les lettres à Falconet. - Berenika Palus, La palette du poète selon Diderot épistolier. - Geneviève Haroche-Bouzinac, Forme et fonction de l'anecdote dans la correspondance de Diderot. - Nermin Vucelj, L'Esthétique dans la correspondance de Diderot. - Marianne Charrier-Vozel, Diderot, lettres de conseil aux comédiennes Riccoboni et Jodin. - Franck Salaün, Les pièces du puzzle, Le Neveu de Rameau dans la correspondance de Diderot. - Odile Richard-Pauchet, Diderot et les dames Volland lecteurs de Richardson, échanges de vue, vers une poétique (du roman) épistolaire. L'EPISTOLARITE POLITIQUE : Lucia Bergamasco, Affectivité amicale, ou conjugale, un ressort pour l'épistolarité politique. - Jean-Marc Serme, ‘I shall withold nothing', la correspondance politique et militaire d'Andrew Jackson et James Monroe, 1814-1819. - Hélène Quanquin, William Lloyd Garrison par ses enfants, une correspondance familiale politique. - Pierre Allorant, Une si belle ordonnance, l'épistolarité politique au sein d'une famille de médecins français, de Bonaparte à Clemenceau. - Walter Badier, La correspondance d'Alexandre Ribot en Amérique (1886-1887), entre impressions de voyage et réflexions politiques. CHRONIQUES : Antony Mc Kenna, Etudier l'épistolaire : le cas de Pierre Bayle. - Agnés Cousson (dir.), Bibliographie - Benoît Melançon, Curiosité. - Marianne Charrier-Vozel, Vie de l'Épistolaire.
Résumé : Après #MeToo, le baiser non consenti de la Belle au bois dormant n'est plus du tout synonyme d'émerveillement. La question se pose alors : doit-on jeter aux oubliettes les contes de notre enfance et les inégalités de genre qu'ils colporteraient ? A travers de nombreux exemples cultes, Jennifer Tamas nous invite à relire les contes autrement et à redécouvrir leurs pouvoirs, aussi riches d'enseignements qu'enchanteurs.
Que faire de la littérature ? est une véritable traversée de l'histoire littéraire et une réflexion sur les impensés de cette histoire. A travers les notions de "confrontation" et d'"intimisme", Edouard Louis tente de dépasser les oppositions classiques entre littérature politique et littérature formelle, parole et écrit, récits intimes et oeuvres de combat. Il nous offre, dans ces entretiens avec Mary Kairidi, un grand manifeste pour une nouvelle littérature, radicalement contemporaine, lyrique et révolutionnaire.
Laure Murat, autrice et professeure à l’UCLA, définit dans ce court ouvrage les termes de récriture, de réécriture et/ou de censure en littérature pour que le débat soit fécond. Une base très intéressante pour nourrir votre réflexion.