Je respire la vie. Je suis à la fois le temps et hors du temps. Je suis un solitaire des mers naviguant du Nord au Sud bravant les vagues et le mauvais temps (. .. ) Lentement, je plane au-dessus des sommets. Et quand la fatigue viendra, je me reposerai dans une oasis parmi les frêles gazelles ... Je connaîtrai le bonheur sans désespoir. Je vivrai sans crainte de la mort. A ce moment-là, je dirai : "Je suis un homme libre." ( ... ) "Azar, épuisé et haletant, s'arrêta un instant au seuil de l'abri, pour s'habituer à la pénombre. Il recula d'un pas, et son pied s'enfonça dans un ventre mou. Il étouffa un cri de dégoût. Devant cet amas de chairs écrasées et déchiquetées, un corps ensanglanté, sans tête, restait debout, appuyé au mur de la cavité. Ce corps sans âme, raide et décapité, semblait veiller sur le charnier.
Nombre de pages
250
Date de parution
03/05/2000
Poids
292g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738433046
Titre
Orgueilleuse Kabylie Tome 1 : La vie et la guerre
ISBN
2738433049
Auteur
Chemini Shamy
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
292
Date de parution
20000503
Nombre de pages
250,00 €
Disponibilité
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Kabyle hier, honfleuraise aujourd'hui, l'auteur appréhende avec subtilité et empathie les sociétés dans lesquelles il évolue. Dans ce nouveau roman, les personnages, complexes ou bruts, ambigus ou intègres, même les plus antipathiques ne sont jamais totalement sombres. Comme souvent dans la vie, il leur reste une part d'humanité que les circonstances les plus difficiles n'effacent jamais vraiment.
Nos dirigeants sont en route comme des pèlerins pour visiter des capitales étrangères. Chacun revient avec, dans sa valise diplomatique, des idées rapportées de l'Orient ou des pays de l'Est, leur Mecque à eux c'est Moscou, le Caire ou La Havane. Leurs héros sont Staline, Tito ou Castro. Les Abane Ramdane, Krim Belkacem et tant d'autres sont déjà rayés des tablettes de l'histoire ( ... )
Tachefine s'exclama avec force : Nous, les émigrés, nous sommes des êtres à part. Le chez nous n'existe nulle part. Un jour, on se réveille et on ne trouve plus notre place parmi les nôtres. On s'est aventuré au hasard sur des chemins inconnus pour gagner notre pain, souvent dans l'humiliation. Avec souffrance on s'est arraché aux êtres qui nous ont chéris, on s'est éloigné sur la pointe des pieds, prêts à franchir les mers. Ainsi commence l'errance, dans la douleur et le silence. Une fois que nous sommes isolés, les regards ne sont plus les mêmes sur notre passage. Ici comme là-bas, on dérange. On nous a appris à nous taire. L'ailleurs devient pire que le chez soi. Plus tard, enchaîna Tachefine, beaucoup plus tard, mon ami Dyssa, nos parents s'éteindront sans avoir revu nos visages et nos enfants nous quitteront sans savoir pourquoi. Certains s'inquiéteront de notre condition ... Seulement, parfois ils ne s'aperçoivent pas que leur voisin est mort tout seul, quinze jours plus tôt. L'odeur de la mort chez les autres les rend plus batailleurs. Puis unanimes, ils finissent par croire que nous sommes un danger pour eux ; trop peu conformes à leur société vampiriste. Au pays, on arabise, ici, on naturalise. Tachefine continua son monologue inaudible jusqu'au moment où il fut emporté par le sommeil.