J'ai écrit ces fragments à mon insu. A partir de notes sur la petite vie dans Paris. C'est encore une imposture que de répliquer par des mots à cette misère qui défigure aujourd'hui le visage de notre capitale. Au moins avais-je arraché à l'anonymat des êtres simples que je chérissais et dont la fréquentation ne manquait pas de vertus rédemptrices sur mon âme dévorée par l'amour-propre. La mort de Momo priva cette illusion de tout lyrisme. Il fallut construire un tombeau pour cet Algérien dont la sainteté silencieuse m'avait, du premier jour, ému. Après un tel drame, je ne pourrai plus jamais me sentir innocent. L'amitié, l'amour ont seuls pouvoir de suspendre ce désastre dont nos existences désenchantées hantent le décor. En Corrèze, la vie paraît parfois si porche, la chair des choses si bouleversante, que cette illumination fait vibrer la parole. Ma fille en sait long sur cette merveille. Je la regarde. En priant Dieu de conserver à ses pupilles cette pureté qui me donne une entrevision du Paradis. Pour le reste, j'affronte les chimères en inventant des blues où résonnent les angoisses de mon origine détraquée. J'ai écrit ce livre comme on survit - sans savoir pourquoi, comment - à l'enfance. Bientôt trente-trois ans. Pour l'incurable immature que je demeure, l'âge d'homme aiguise ses énigmes". Yves Charnet.
Date de parution
13/10/1994
Poids
226g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782710306313
Titre
Rien, la vie
Auteur
Charnet Yves
Editeur
TABLE RONDE
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125
Poids
226
Date de parution
19941013
Nombre de pages
0,00 €
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Ancien élève de l ENS-Ulm, agrégé de Lettres modernes, Yves Charnet est responsable des enseignements de culture générale à SUPAERO.Il est engagé depuis son premier livre, Proses du fils (La Table Ronde, 1993),dans une enquête autobiographique inséparable d une quête poétique. Il a récemment publié Miroirs de Julien L. (Au Diable Vauvert, 2012). La Tristesse durera toujours est à paraître à La Table Ronde, en janvier 2013.Il est par ailleurs auteur de plusieurs ouvrages de critique littéraire sur Baudelaire, Deguy, Olivier Rolin.
Dès ses premiers textes, Michel Deguy prenait le risque de s'engager à la poursuite de la poésie tout entière. En vers comme en prose, en philosophie comme en critique, l'écrivain de Figurations et de Gisants s'affirmera toujours poète. Ses livres constituent autant d'actes par lesquels il cherche le lieu et la formule d'une condition poétique écartelée entre tradition (Dante, Du Bellay, Gongora) et (post) -modernité (Höderlin, Beaudelaire, Celan). Voyageur avide d'horizons, inlassable animateur de revues, penseur curieux de tous les livres, Michel Deguy a accompagné de son écriture les différentes aventures intellectuelles qui, depuis les années 60, ont marqué la France et le monde. Il en résulte une poétique exceptionnellement riche dont la complexité masque encore la cohérence. Recomposant les interventions du premier colloque international consacré à Michel Dugy les Ier, 2 et 3 Juin 1995 à l'ENS de Fontenay/Saint-Cloud, ce volume collectif permettra de prendre la mesure d'une ?uvre qui par son travail sur la langue manifeste, avec une énergie rare aujourd'hui, que la poésie n'est pas seule. Outre des textes composés pour la circonstance par des poètes de pratiques et de générations divers, ce volume contient un important inédit de Michel, Deguy, Façons et contrefaçons.
Autobiographie violente, C?ur furieux est le poème de l'énergie lyrique, le blues d'un enfant du siècle. Yves Charnet se confronte à sa blessure originelle : l'absence du père, l'éclatement de l'identité. Une mère corrézienne, une enfance à Nevers, une éducation républicaine en province et à Paris, des amitiés brisées, Yves Charnet tente de rétablir un état civil noirci et d'empêcher le naufrage d'une vie qui cherchera à renaître dans l'amour fou.
Je voudrais revivre avec toi. Aujourd'hui. On va vers ces retrouvailles maintenant. Mon amour. Les mots simples ne sont pas simples à prononcer. Le présent de la présence, c'est toi. C'est rare. Difficile. Aller vers ça, malgré tout. je ne suis pas doué. Tu m'aideras. Même si personne ne mérite d'être aidé. N'est digne de foi. Moi non plus. Je t'écris parce que, après ce livre, t'appeler mon amour est redevenu possible. Par la fenêtre de la fermette les orages ont mis un mouchoir sur notre horizon corrézien. On ne voit pas venir la fin de l'été. Je n'ai pas le courage de boucler les bagages. Mon train pour Toulouse part tout à l'heure. Je ne sais pas quand tu liras ça. Je t'écris dans mon livre. En cachette. Comme toujours. En secret. Je pleure mais j'écris quand même. C'est ma prière pour te garder. L'amour seul est digne de foi. Mon amour. " Y. C.
La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément, elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble, et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Eglise ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la Bible, de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul ? [... ] Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la chrétienté et l'Eglise. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit. Or, il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, donc véritable subversion", Jacques Ellul.
«C'est étrange, il me semble que les touristes qui regagnent leurs véhicules m'observent comme si, soudain, une veste recouvrait mes épaules, comme si mes galoches écrasaient encore les cailloux du chemin. Car si nous ne savons pas comment s'établit en nous le contact entre passé et présent, il n'en est pas moins vrai qu'un fluide imperceptible et puissant nous traverse parfois et que la proximité de cette atmosphère inhabituelle, insolite, fait tressaillir les autres comme une barque sur une vague soudaine. Il est peut-être resté sur moi quelque chose des jours d'autrefois.» Quarante ans après sa déportation dans le camp de concentration de Struthof, un Slovène, mêlé à la foule anonyme des touristes, revient sur les lieux de son martyre. Ce récit convoque, avec pudeur et humanité, des souvenirs douloureux. Au-delà du témoignage, ce livre est aussi un hymne à l'espérance.
Lorsque le jeune Samuel Titmarsh quitte la campagne anglaise pour s'installer à Londres, où il vient d'obtenir une place de treizième clerc dans une compagnie d'assurances, sa vieille et richissime tante, Lady Hoggarty, lui offre une épingle de cravate en diamant. Ce précieux bijou le propulse très vite au sommet de sa carrière, lui apportant la considération de la haute société victorienne. Dans ce roman, Thackeray ridiculise de sa plume incisive les faiblesses et les travers des grands de ce monde, dont l'affaire Madoff de 2009 est l'un des plus récents avatars. La satire morale de Thackeray semble plus que jamais pertinente.
Ohl Michel ; Dussert Eric ; Ohl Jean-Pierre ; Nogu
C'est par pur altruisme que Michel Ohl a rejoint le groupe des écrivains imaginatifs débordants, et s'est laissé classer dans ce club informel des gens d'esprit avec ses pairs Maurice Roche, Jean-Pierre Verheggen, Alphonse Allais, Raymond Queneau, Boris Vian, Alfred Jarry et quelques moralistes carabinés du genre de Félix Fénéon. Ajoutez à cela son goût personnel pour les collages à usage épistolaire, vous avez le portrait de l'original bravant les conventions d'un monde codifié qui n'apprécie rien tant que le sérieux et la morgue. Dans ces pages où se percutent les notes de zinc, les détournements, les anagrammes, les calembours, les anecdotes, les récits de rêves fous et ses méditations de lecteur frénétique, ces pages où résonne le "mastaraglu", la langue des morts de son invention, on retrouve toute la jubilation et toute la déflagration de la littérature en marche.