Charb n'aime pas les gens. Chroniques politiques 1996-2002
CHARB
AGONE
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EAN :9782748900026
LES DÉBATS SUR LA SÉCURITÉ sont bien pratiques. La sécurité permet au plus nul des élus, au plus lamentable des politiques de se faire applaudir par le populo. Plus il y a de flics, plus ils tapent fort et moins il y a d'insécurité. Voilà le théorème simpliste récité par le gouvernement et l'opposition. On veut nous faire croire que les problèmes d'insécurité, ça fait appel au bon sens, mais surtout pas à la politique. Pourtant, la sécurité, la manière dont on l'envisage et, surtout, la manière dont on essaye ou pas de la garantir, ce n'est que de la politique. La fréquence même à laquelle est prononcé le mot sécurité, c'est de la politique. Aucun homme politique n'est assez bête pour vraiment penser que la sécurité se garantit en arrosant de pognon la flicaille. Et pourtant, les gouvernements arrosent, et sans discuter. Combien de mois les cheminots ou les enseignants devraient-ils faire grève pour obtenir ce que les policiers obtiennent ? Comptons plutôt en années. Si les gouvernements sont si généreux avec la police, c'est parce que ça lui coûte toujours moins cher de lui payer des gilets pare-balles, des voitures de course et des primes à la noix que de mener les longues et chères réformes économiques et sociales qui seraient à même de réduire ce " sentiment d'insécurité " qui a fait son nid dans le crâne des Français. On a bien dressé les gens, de manière qu'ils ne fassent surtout plus le lien entre chômage, éducation, consommation, économie et sécurité. Une société sécuritaire, c'est plus facile à mettre en place qu'une société juste. Mais voilà, dire cela est ringard, utopiste, et dangereux.
Nombre de pages
205
Date de parution
10/04/2003
Poids
326g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782748900026
Titre
Charb n'aime pas les gens. Chroniques politiques 1996-2002
Auteur
CHARB
Editeur
AGONE
Largeur
120
Poids
326
Date de parution
20030410
Nombre de pages
205,00 €
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Vous trouvez touchants les dessins d'enfants affichés au bureau et la nostalgie branchée des trentenaires? Sexy les filles perchée sur des talons de 12 cm? Sympathiques les festivals thématiques qui fleurissent un peu partout les week-ends? Alors ce livre n'est pas pour vous! Tous ces détails de la vie quotidienne qui enchantent Amélie Poulain donnent à Charb des envies de meurtre et lui inspirent, dans ce livre, de petites chroniques acides et hilarantes.
Le bruit des valises à roulette, c'est comme l'odeur des pets : ça dérange tout le monde, sauf celui qui en est l'auteur. Et que dire de cette manie des vitres teintées, comme si les gens s'intéressaient à ce qu'il y a à l'intérieur de la voiture ? Intraitable, Charb brocarde aussi bien le floutage des tétons à la télévision et le port du bonnet de Père Noël au moment des fêtes que l'usage paternaliste des dictons. De l'escroquerie du politiquement incorrect à la pauvreté du slogan "On lâche rien" dans les manifestations, rien n'échappe à sa plume acérée. Anecdotique ? Non, car ces scènes de la vie ordinaire sont aussi les symptômes de la bêtise contemporaine, et, parfois, d'une lâcheté collective que nous payons de nos idéaux.
Lutter contre l'islamophobie, c'est lutter contre quoi ?". Contre la liberté d'expression, répond Charb. Car ce que le mot islamophobie condamne, c'est en fait le blasphémer, ce n'est pas faire preuve de racisme mais exercer son esprit critique sur une religion. En attirant notre attention sur un terme devenu récurrent dans les médias français, le dessinateur partage son inquiétude grandissante : celle de voir la lutte contre le racisme, quel que soit l'individu qu'il vise, confondue avec un combat pour la promotion et la protection d'une religion. Dans un texte précis, incisif, et plus actuel que jamais, il dénonce un brouillage malsain, dangereux, entretenu à la fois par les communautaristes, les journalistes et les politiques, et nous invite à rejeter les amalgames trop faciles.
Non, vraiment, le terme "islamophobie" est mal choisi s'il doit désigner la haine que certains tarés ont des musulmans. Il n'est pas seulement mal choisi, il est dangereux. [...] Lutter contre le racisme, c'est lutter contre tous les racismes, 7Iors lutter contre l'islamophobie, c'est lutter contre quoi ? Contre la critique d'une religion, ou contre la détestation des gens qui pratiquent cette religion parce qu'ils sont d'origine étrangère ? Charb, acteur majeur de Charlie Hebdo depuis 1992 et fervent défenseur de l'égalité des droits, témoigne de son inquiétude de voir la lutte antiraciste remplacée par une lutte pour la protection et la promotion d'une religion. Car le terme "islamophobie" laisse entendre qu'il est plus grave de détester l'islam, c'est-à-dire un courant de pensée parfaitement critiquable, que les musulmans. Or, si critiquer une religion n'est pas un délit, discriminer quelqu'un en raison de son appartenance religieuse l'est, incontestablement. Un opuscule salutaire pour démontrer que le mot "islamophobie" contente à la fois les racistes, les islamistes radicaux, les politiques démagogiques et les journalistes fainéants.
En 1841, dans son discours de réception à l'Académie française, Victor Hugo avait évoqué la " populace " pour désigner le peuple des quartiers pauvres de Paris. Vinçard ayant vigoureusement protesté dans un article de La Ruche populaire, Hugo fut très embarrassé. Il prit conscience à ce moment-là qu'il avait des lecteurs dans les milieux populaires et que ceux-ci se sentaient humiliés par son vocabulaire dévalorisant. Progressivement le mot " misérable ", qu'il utilisait au début de ses romans pour décrire les criminels, changea de sens et désigna le petit peuple des malheureux. Le même glissement de sens se retrouve dans Les Mystères de Paris d'Eugène Sue. Grâce au courrier volumineux que lui adressèrent ses lecteurs des classes populaires, l'auteur découvrit les réalités du monde social qu'il évoquait dans son roman. L'ancien légitimiste se transforma ainsi en porte-parole des milieux populaires. Le petit peuple de Paris cessa alors d'être décrit comme une race pour devenir une classe sociale. La France, c'est ici l'ensemble des territoires (colonies comprises) qui ont été placés, à un moment ou un autre, sous la coupe de l'Etat français. Dans cette somme, l'auteur a voulu éclairer la place et le rôle du peuple dans tous les grands événements et les grandes luttes qui ont scandé l'histoire depuis la fin du Moyen Age les guerres, l'affirmation de l'Etat, les révoltes et les révolutions, les mutations économiques et les crises, l'esclavage et la colonisation, les migrations, les questions sociale et nationale.
Je ne peux que suivre Emma Goldman quand elle déclare ne pas vouloir d'une révolution où elle ne pourrait pas danser. Mais au moins voulait-elle une révolution, sans laquelle de telles fins esthétiques et psychologiques ne bénéficieraient qu'à quelques-uns. Or les objectifs révolutionnaires et sociaux de l'anarchisme aujourd'hui souffrent d'une telle dégradation que le mot "anarchie" fera bientôt partie intégrante du vocabulaire chic bourgeois du siècle à venir : une chose quelque peu polissonne, rebelle, insouciante, mais délicieusement inoffensive.
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Stephen Mumford montre que la popularité universelle du football n'a rien d'accidentel et ne s'explique pas uniquement par des facteurs sociaux ou quelque contingence historique : sa popularité tient à la nature même de ce jeu. En répondant avec une rare clarté aux questions que les discussions passionnées sur le football n'ont de cesse de soulever, Football. La philosophie derrière le jeu permet de mieux comprendre le "beau jeu" : quelle place y occupe la chance ? Quelle est la relation des individualités d'une équipe à ce tout dont elles font partie ? Quel est la fonction de l'entraîneur et des schémas tactiques ? En quoi le football a-t-il particulièrement à voir avec l'espace ? En quoi consiste la beauté de ce sport ? Quelle est sa relation avec la victoire et la compétition ?