Enquête sur la connaissance du monde social. Anthropologie, histoire, sociologie, France-Etats-Unis
Chapoulie Jean-Michel
PU RENNES
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EAN :9782753553514
Comment sont produites les analyses anthropologiques, sociologiques et historiques qui ont occupé une place importante dans le paysage intellectuel du monde occidental au cours du dernier demi-siècle ? Comment sont interprétées leurs sources documentaires ? En quoi consiste leur dimension abstraite et théorique, et comment celle-ci est-elle constituée ? Quelle est la solidité de leur ancrage empirique ? Et, en conséquence, quelles sont les caractéristiques des savoirs produits par les sciences sociales ? C'est à ces questions, examinées sur pièces, que répond cet ouvrage qui s'intéresse aux démarches de recherches, mais aussi aux conditions sociales de leur réalisation. L'enquête porte sur cette partie des sciences sociales, en France et dans le monde anglo-saxon au cours de la période 1950-2000, qui vise, selon l'expression de Marc Bloch, à produire une connaissance des hommes dans le temps. Les témoignages de chercheurs, les débats critiques internes aux sciences sociales, les travaux des philosophes de l'histoire et des sciences sont mis à contribution, ainsi que l'expérience de la recherche de l'auteur. Un ensemble diversifié de recherches publiées dans la seconde moitié du XXe siècle fournit les exemples illustratifs dans une approche qui ne laisse pas de côté la dimension textuelle des monographies, et qui n'oublie pas que celles-ci s'adressent à des publics variés. La confrontation durable des sciences sociales avec une sorte de modèle néopositiviste, inspiré par les sciences de la nature du début du XXe siècle, constitue un thème commun aux trois chapitres consacrés à la question, rarement l'objet d'un examen approfondi, des régimes de preuve associés à chacune des démarches ethnographique, historique et statistique. L'examen des pratiques de recherche, qui ne verse ni dans le panégyrique ni dans le pamphlet, permet de dégager les traits spécifiques du régime de preuve et des caractéristiques des savoirs dans les sciences sociales, tout en dissipant des problèmes illusoires issus d'une longue tradition de réflexions ignorant les pratiques de recherche.
Nombre de pages
407
Date de parution
11/05/2017
Poids
626g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753553514
Titre
Enquête sur la connaissance du monde social. Anthropologie, histoire, sociologie, France-Etats-Unis
Auteur
Chapoulie Jean-Michel
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
626
Date de parution
20170511
Nombre de pages
407,00 €
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Un phénomène majeur a pris place en France au cours du 19e et du XXe siècle : la création et le développement d'une école publique qui retient les enfants et les adolescents des deux sexes sur une longue période (19 ans aujourd'hui en moyenne), et bien au-delà de l'obligation légale depuis les années 1960. Simultanément, l'organisation scolaire et les finalités de la scolarisation se sont transformées : à des écoles s'adressant spécifiquement à une classe sociale et un sexe s'est substituée une organisation qui récuse ces principes de différenciation de l'offre scolaire et définit celle-ci par référence à la structure des emplois. Cet ouvrage porte à la fois sur le développement de la scolarisation et sur les transformations de l'organisation scolaire entre le début du XIXe siècle et aujourd'hui. Il prend en compte tous les enseignements non obligatoires pour les garçons et pour les filles : le primaire jusqu'en 1880, les enseignements secondaire, primaire supérieur et technique jusqu'en 1959, les diverses formes de scolarisation concernant la tranche d'âge 11-19 ans depuis les années soixante. L'accent est mis sur les déterminations internes à l'institution scolaire - l'action sur le terrain des personnels et l'organisation administrative et financière des établissements - ainsi que sur des déterminations externes. Parmi ces dernières, outre la politique définie à l'échelon central, certaines jouent un rôle notable à telle ou telle époque : les actions des villes entre 1830 et 1880, celles des milieux patronaux des industries " modernes " au XXe siècle, l'élaboration de conceptions nouvelles des besoins scolaires chez les instituteurs syndicalistes vers 1900 ou chez les partisans de l'éducation nouvelle après 1930, la diffusion de nouvelles représentations de l'avenir par les " experts " du Plan après 1945. Une dernière partie offre une vue d'ensemble sur les aménagements du système scolaire dans le contexte nouveau de crise de l'emploi des trente dernières années et un bilan de la relation entre les objectifs des réformes des années 1959-1967 et l'état de la scolarisation à la fin du XXe siècle.
Fondée à la fin du XIXe siècle, l'Université de Chicago a inauguré la première entreprise systématique d'étude des sociétés contemporaines. Dans celle ville qui préfigurait le monde actuel en matière de grande industrie, de protestation sociale, de problèmes urbains, se sont succédé des générations de chercheurs qui occupent une place centrale dans la sociologie américaine : William Thomas, Robert Park, Ernest Burgess, Louis Wirth, Everett Hughes, Herbert Blumer, Howard S. Becker, Erving Goffman et tant d'autres. Jean-Michel Chapoulie retrace la genèse de la tradition sociologique de Chicago et répertorie l'ampleur de son héritage en sciences sociales. Le livre s'attache aux différents contextes qui entourent les oeuvres, aux modes d'enquête et aux manières d'écrire. Puis, retenant des domaines toujours au coeur des préoccupations d'aujourd'hui (le travail, la délinquance, les relations interethniques), il fait apparaître l'orientation commune à ces travaux, ainsi que ses limites. Adoptant une perspective originale sur l'histoire des sciences sociales au xxe siècle, cet ouvrage constitue aussi une réflexion sur le "savoir" dans ces disciplines, à l'écart des deux conceptions longtemps dominantes, le néopositivisme inspiré des sciences de la nature et l'hyper-relativisme.
Résumé : A partir de 1892, à l'Université de Chicago nouvellement fondée, dans cette ville qui est le creuset du monde actuel en matière de grande industrie, de protestation sociale, de problèmes urbains, prend place la première entreprise systématique d'étude des sociétés contemporaines. Au cours des soixante-dix années suivantes, les sociologues de Chicago, de William Thomas et Robert Park à Ernest Burgess, Louis Wirth, Everett Hughes, Herbert Blumer, Howard S. Becker, Erving Goffman et tant d'autres, occuperont une place centrale dans la sociologie américaine. Il était grand temps en France de découvrir l'ampleur de l'héritage de la tradition de Chicago en sciences sociales, entreprise à laquelle se consacre Jean-Michel Chapoulie. Suivant d'abord un ordre chronologique, le livre s'attache aux différents contextes qui entourent les ?uvres des auteurs, aux modes d'enquêtes et aux manières d'écrire, une question jusqu'ici trop négligée. Il permet ainsi de comprendre la genèse, la pertinence et les limites de ces analyses. Puis, retenant quelques domaines toujours au c?ur des préoccupations d'aujourd'hui (le travail, la délinquance, les relations interethniques) et examinant les carrières de deux sociologues, Nels Anderson et Donald Roy, l'ouvrage fait apparaître l'orientation commune aux chercheurs de la tradition de Chicago sans pour autant qu'elle fonde une école au sens strict. Développant une perspective originale sur l'histoire des sciences sociales au XXe siècle, cet ouvrage constitue aussi une réflexion sur le " savoir " dans ces disciplines, à l'écart des deux conceptions dominantes, le néo-positivisme inspiré des sciences de la nature et l'hyperrelativisme.
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.