Depuis la mort de sa femme, monsieur Grataloup ne parle plus du tout, même pas à son fils. Il y a peu, ce vieux jardinier s'est barricadé avec son fusil de chasse dans sa cabane, au fond de son potager, et a commencé à tirer, au hasard. Monsieur Fuchs perd tout doucement la tête, lui aussi. Il neigeait fort cette nuit, lorsque ce paisible retraité s'est aventuré à pied sur l'autoroute. Il allait rendre visite à ses parents. Aujourd'hui, tous deux viennent d'être placés au long séjour, un établissement pour personnes âgées dépendantes, à huis clos. Loin de chez eux, sans repères, ils sont désormais captifs d'un mystérieux cocon, en apparence protecteur et douillet, et n'ont plus qu'une idée en tête, trouver une issue.
Nombre de pages
111
Date de parution
27/10/2014
Poids
145g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782343043685
Titre
Un tout petit rêve
Auteur
Chagnard Frédéric
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
145
Date de parution
20141027
Nombre de pages
111,00 €
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Jésus lui a déjà parlé. Ces mots liquides, divinement doux, d'une exquise fluidité, qu'une nuit son Sauveur glissa à ses oreilles, personne avec qui les partager, quelle solitude. Son coeur se serre. L'auxiliaire de vie aime tant souffrir pour Lui. Et comme elle l'étreint entre ses faramineuses mamelles, sa Bible Crampon ! Du cuir écarlate de sa reliure, elle se caresse encore et encore les interstices, jusqu'à l'oubli des sens. Elle l'emmène partout, dort tout contre elle, bien au chaud, et ne s'en sépare qu'à regret lors de sa brève douche hebdomadaire. Sa Bible Crampon se substitue sans peine à une fastidieuse toilette quotidienne. Elle la tient de sa mamie, une personne si bonne, une des rares qui l'aient comprise, la seule, avec l'agent d'assurances, qui ne se soit jamais moquée d'elle. ? L'apparence, ça ne compte pas, lui disait-elle toujours, le plus important c'est d'avoir du coeur, beaucoup de coeur, et toi, ma petite, tu en as un gros comme ça. Allez, reprends encore un peu de semoule, tu ne vas pas la laisser se gâter tout de même ? Sa mamie faisait si bien le gâteau de semoule, l'auxiliaire de vie s'en souviendra toujours. Parfois même, elle s'en goinfrait à même la casserole, à s'en brûler la langue." Une zone pavillonnaire au bord de l'explosion... Dans le lotissement, un microcosme s'épie, s'envie, se délite... De la mémé mutique et son auxiliaire de vie, surnommée "Grosse Patate", à la veuve, délatrice professionnelle, en passant par l'épicière, qui cogne son mari à 20h45... Sans oublier l'agent d'assurances, un garçon prometteur, qui aimerait bien mettre la main sur les Bons au porteur de la mémé, planqués quelque part dans la maisonnette.
Nous sommes en 1954 dans les montagnes de Tunisie avec une section de chasseurs alpins chargée de sécuriser la frontière avec l'Algérie. Appelés du contingent pour la plupart, ils campent depuis des mois dans les rochers sous un soleil brûlant. Les nuits, ils font de longues marches à la recherche d'ennemis introuvables. Ils attendent une lettre, ils rêvent d'une permission. Ils sont épuisés. Parmi eux se trouve mon père, Jean Chagnard, 23 ans, étudiant à l'école des arts décoratifs de Paris. Privé de liberté, ballotté d'ordres en contre-ordres, il est révolté par la répression subie par les Tunisiens et vit mal son incorporation sous les drapeaux. Heureusement il y a Monique Château, sa jeune amoureuse. Ils s'écrivent presque chaque jour. Jean lui raconte tout. Cet ouvrage rassemble une centaine des lettres adressées par Jean Chagnard à sa fiancée pendant ses dix-huit mois de service militaire.
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