Le dialogue entre Gérard Traquandi, peintre, et Olivier Cena, journaliste, s'ouvre à Venise, au coeur des merveilles de l'architecture italienne et à quelques pas du fourmillement de la Biennale d'art contemporain. Un semblable contexte, riche en significations esthétiques, sociales et politiques, est le point de départ d'une discussion libre qui aborde tour à tour les questions de la mondialisation et de la démocratisation de l'art contemporain, aussi bien que celle, déterminé par la problématique écologique, du rapport de la peinture à la nature, aux être et aux choses qui peuplent la terre. Les réflexions de Gérard Traquandi portent notamment sur la puissance de l'art et de la peinture à tisser ou non du lien, alors que sa dimension religieuse et sociale est mise en doute ? : "? 'art moderne avait pour but de réunir comme le faisait l'art religieux, c'était son utopie et ça n'a pas marché. ? " De fait, il distingue un art porté par une volonté d'autodépassement et par la foi en un monde nouveau, à l'image de la peinture abstraite russe et de ses élans utopiques ? ; et un art porté seulement par une croyance dans l'évidence mystérieuse de la peinture, à l'image de la peinture "? non figurative ? " que pratique Gérard Traquandi lui-même. Ainsi s'en remet-il à l'évidence du désir et du geste de peindre ? : "? Je crois que faire de la peinture aujourd'hui est absurde. Pourtant, bien que je le sache, je peins. ? " A la suite de leur dialogue, les "Souvenirs" de leurs rencontres retranscrits par Olivier Cena, en se replongeant dans ses carnets de notes, se lisent comme un récit, voire comme une "? fiction ? "? : "? Soudain pris d'un doute, je viens de relire mes carnets afin d'éclaircir le mystère de la première rencontre mais ce mystère demeure. Mes carnets n'en disent rien et laissent penser que ce que je viens d'écrire mélange plusieurs rencontres, plusieurs temps, plusieurs lieux peut-être. C'est donc une fiction. ? "
Nombre de pages
160
Date de parution
06/09/2024
Poids
356g
Largeur
172mm
Plus d'informations
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EAN
9782850351099
Titre
Toute peinture est un désir contrarié
Auteur
Cena Olivier ; Traquandi Gérard
Editeur
ATELIER CONT
Largeur
172
Poids
356
Date de parution
20240906
Nombre de pages
160,00 €
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Chaque soir, dans son atelier, lorsqu'il avait fini de peindre, lorsqu'il reposait sa sainte palette, il enfilait sa redingote, coiffait son haut-de-forme, empoignait sa canne, et montait en boitant vers le Divan Japonais ou le Moulin Rouge, pour y retrouver des fils de famille, comme lui, qui touchaient des rentes, comme lui, et les dépensaient pour la fête.
Dessinateur, peintre, ingénieur, cartographe, architecte, artificier... Léonard de Vinci - dont on célèbre cette année le cinq centième anniversaire de la mort - pratiquait tous les arts et toutes les sciences. A l'occasion de la rétrospective attendue au musée du Louvre, le hors-série de Télérama présente tout son oeuvre peint, dont la fresque de La Cène en majesté sur un dépliant de trois pages. Le maestro, qui toute sa vie continua d'apprendre, était-il le génial inventeur que beaucoup ont voulu voir en lui ? Peu importe, il suffit de se laisser guider par la beauté des images.
Boris Vian, né le 10 mars 1920, a eu plusieurs vies, au cours de ses trente-neuf ans d'existence. Romancier parfois incompris en raison même de son inventivité, joueur de jazz très entouré, chansonnier et critique musical, il a fait montre de tous ses talents, dans le Paris encore en noir et blanc de l'après-guerre. Six décennies après, on s'en souvient encore. La parole est ici à ceux qui l'ont connu - Jacques Bens, Arnold Kübler. Comme à ceux qui l'ont lu et continuent de le lire, à l'image de l'historien Marcel Bénabou ou de la romancière Chloé Delaume.
Depuis un demi-siècle, la peinture a peu à peu disparu du paysage artistique au profit des installations, des vidéos, de l'art conceptuel, etc. Snobés par les institutions officielles, des artistes majeurs ont néanmoins continué à vivre pour la peinture. D'une génération à l'autre, ils ont pour nom Eugène Leroy (1910-2000), Paul Rebeyrolle (1926-2005), Jean-Pierre Pincemin (1944-2005) et Gérard Traquandi (né en 1952). Nous sommes allés à la rencontre de ces quatre peintres, dans la solitude de l'atelier. Notre hors-série de 84 pages, richement illustré, met leur travail en lumière. Il montre par ailleurs, au-delà des mouvements et des groupes, la grande diversité de la peinture française aujourd'hui.
Les gravures d'Albrecht Dürer (1471-1528) font sans aucun doute partie des oeuvres les plus célèbres, les plus influentes et les plus commentées de l'histoire de l'art - on se souviendra par exemple de l'important essai de Panofsky consacré l'artiste germanique. Cette diffusion a produit de multiples exégèses (parfois contradictoires), qui posent nécessairement la question de la façon d'aborder une telle oeuvre aujourd'hui, dans laquelle la virtuosité va de pair avec une complexité, voire une ambiguïté, qui désarçonne les nombreuses tentatives d'interprétation iconologiques. L'ouvrage de Patrick Genevaz est une forme de réponse évidente : pour approcher le travail de Dürer, il faut le regarder attentivement. "Ce dédale des interprétations nous amène à revenir sur les images elles-mêmes, tout comme on revient sur un poème que l'on croit retenir, ou une partition à relire avant de jouer." Loin de toute tentative d'extrapolation des symboles, l'ouvrage constitue en premier lieu une méthode rigoureuse d'analyse descriptive. Sept gravures y sont méticuleusement détaillées, laissant le regard se porter sur leurs différentes parties, pour en apprécier, d'abord, la richesse objective de la constitution. Ce qui fait sens alors est la trajectoire de ce regard qui suit les lignes de force de la composition et en mesure l'impact avec une grande finesse, traduite enfin par l'écriture. Une sorte de translation s'opère depuis l'image infiniment riche jusqu'à la description minutieuse qui en assume l'explication, au sens étymologique où l'on en déplie, fragment après fragment, les différentes zones, pour aboutir non pas à une juxtaposition superficielle mais, au contraire, à un sens plus profond, que la lecture restitue dans toute sa force. Chaque constituant devient ainsi l'objet d'un itinéraire du regard qui rejoint la qualité de ce qu'il voit - nuances de lumière, précision du trait, organisation des éléments - pour en souligner les jeux de contraste, les ambivalences, les choix, insérant chaque oeuvre dans un réseau extrêmement sophistiqué que l'oeil, avec la plume, désenchevêtre, pour révéler en fin de compte un monde essentiellement enchanté.
Ouvrir un livre, c'est se mettre en chemin. Celui que propose Patricia Cartereau et Albane Gellé, est fait de pelotes réconfortantes, de miroirs par-dessus les averses, semé de dessins et de poèmes, autant de petits cailloux qui nous mènent là où nous pouvons aller, que nous ne connaissions pas et que nous ne connaissons pas encore, puisque fermer un livre, c'est se donner la possibilité de continuer son chemin. Ludovic Degroote
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.