Composé en août 1959, l'Entretien dans la montagne, l'un des très rares écrits en prose de Celan, occupe une place centrale dans son oeuvre. Sa rédaction intervient quelques mois après la parution de Grille de parole, son troisième recueil; sa publication en revue l'année suivante précédera de peu l'attribution à Celais du Prix Büchner, qui lui donnera l'occasion d'écrire le célèbre discours de Darmstadt intitulé Le Méridien. l'Entretien dans la montagne fut écrit en souvenir d'une rencontre manquée avec Theodor W Adorno, qui aurait dû avoir lieu en juillet 1959 à Sils Maria. Dans Le Méridien, évoquant le lien entre ce texte et le Lenz de Büchner, Celan le définit comme un chemin « de moi vers moi ». Dans l'étude qui accompagne la traduction que nous publions aujourd'hui, Stéphane Mosès montre comment ce bref texte accomplit, sur l'horizon de cette absence, « un trajet à travers la forêt des mats, trajet au cours duquel un langage anonyme se transforme peu à peu en parole de sujet, un Il en je et Tu, un récit en discours ». Avec cette métamorphose, ce dont il s'agit ici, c'est de répondre à la formule qu'avait risquée Adorno (et sur laquelle il fut amené à revenir), estimant qu'il était « barbare » d'écrire des poèmes après Auschwitz. « Pour Celais au contraire, écrit Stéphane Mosès, le langage frappé au plus intime de ses pouvoirs peut renaître, mais à condition d'assumer jusqu'au bout sa propre culpabilité. »
Nombre de pages
28
Date de parution
13/10/2010
Poids
56g
Largeur
125mm
Plus d'informations
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EAN
9782851947765
Titre
Entretien dans la montagne
Auteur
Celan Paul ; Jackson John E. ; Du Bouchet André
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
125
Poids
56
Date de parution
20101013
Nombre de pages
28,00 €
Disponibilité
Epuisé
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L'oeuvre de Paul Celan est aujourd'hui considérée, en Europe et en Amérique, comme l'une des tentatives les plus désespérées et les plus décisives qui ait donné langue à la seconde moitié du XXe siècle.·A l'effrayante question : comment écrire après Auschwitz ? Celan répond : en usant du langage de la mort. Car il eut à affronter et à vivre l'un des plus tragiques paradoxes qui soit : sa langue maternelle, l'allemand, est à la fois celle qui fonde sa culture et son identité, mais aussi celle qui régit le camp d'extermination où disparaissent ses propres parents. Et pourtant, Celan ne peut sans «mentir» (c'est lui qui le note) se soustraire à cette langue de l'enfance et de l'oppression mêlées.Ce volume est d'un intérêt tout particulier puisqu'il propose un choix de poèmes réalisé par Celan lui-même (un peu à la manière de Michaux avec L'espace du dedans, ou de René Char avec Commune présence). C'est le parcours de l'auteur dans son ?uvre.
La place de Paul Celan en France aujourd'hui n'a rien de commun avec celle qui était la sienne à sa mort en 1970. Pourtant, malgré l'existence de traductions de plus en plus nombreuses, il m'a semblé qu'un peu à la manière de ce qui se passait pour Hölderlin, le nom de Celan, ou si l'on préfère l'aura qui entoure ce nom tendait à prendre la place d'une connaissance plus précise de sa poésie. C'est pourquoi, outre un choix de textes assez large, j'ai voulu cette fois offrir au lecteur une documentation suffisante pour qu'il puisse comprendre le contexte dans lequel cette ?uvre a vu le jour. De Czernowitz à Paris en passant par Vienne, de l'amour pour l'allemand transmis par la mère à la réappropriation juive de cette langue, devenue entre-temps la langue de ses bourreaux, les poèmes de Celan retracent le chemin de l'une des ?uvres poétiques majeures de l'après-guerre en Europe. John E. Jackson
Ne croyez pas - sous prétexte que vous avez réglé leur compte aux dieux, avec ou sans linceul de pourpre, en quatre coups de cuiller à pot, et mis l'univers en bouteille, et parce que vous vous faites fort d'exorciser toute chose en l'appelant par son nom, comme on sonne un domestique, et de regarder le soleil bien en face quand ça vous chante - ne croyez pas que c'en est fait pour autant de l'Ombre inexorable qui vous hante et vous guide à chaque pas, lors même qu'elle semble vous suivre comme un chien. Voici l'éternelle Astrologie, à quoi beaucoup de sagesse vous ramène - si un peu de science vous en éloigne. Ainsi soit-il ! Léon-Paul Fargue, dans cet avant dernier livre, jamais repris, vient "rechercher l'illustration vivante des décrets astrologiques". Il y fait briller autant de constellations qu'il aura eu de vies à remplir et donne, par une ivresse verbale, une vision cosmique aussi sérieuse que cocasse : après Paris, ce sont les astres qu'il arpente pour y promener son "âme délinquante et ? ère". Pour cette édition Pierre Alechinsky réalise douze encres reproduites en pleine page.
L'attirance est pour Blanchot ce qu'est, sans doute, pour Sade le désir, pour Nietzsche la force, pour Artaud la matérialité de la pensée, pour Bataille la transgression : l'expérience pure du dehors et la plus dénudée. Encore faut-il bien comprendre ce qui est désigné par ce mot : l'attirance, telle que l'entend Blanchot, ne prend appui sur aucun charme, ne rompt aucune solitude, ne fonde aucune communication positive. Le seul essai essentiel sur Maurice Blanchot.
Ecrivain surréaliste, à la fois poète, conteur, romancier et essayiste, André Pieyre de Mandiargues a entretenu d'étroites relations avec l??uvre écrite et peinte d'Henri Michaux, son ami. Son monde où pulsions et fantasmes bousculent le réel, où une liberté onirique aux con?ns de l'imaginaire et du désir lézarde le quotidien (dans un trouble merveilleux), coïncide par plusieurs frontières avec celui de Michaux. Personne n'était alors mieux placé pour poser sur ?ce très haut phare à feu noir? un regard aussi profond que personnel. Dans ces trois textes Michaux devient un voyant, une sorte d'Aède qui entrevoit dans les ténèbres les contours nets des origines, naissance de toute chose : aimons-le !