France forum N° 414, hiver 2023 : Jeunesses et Engagements citoyens
Cazeaux Elisabeth ; Hervé Pierre-andré ; Leboyer O
H DIFFUSION
15,00 €
Epuisé
EAN :9782363451453
La question de l'engagement des jeunes est au coeur des discours politiques et médiatiques qui relayent l'idée d'une jeunesse désengagée, apolitique, individualiste et apathique " écrivaient les sociologues Valérie Becquet et Martin Goyette en 2014 . Presque dix années plus tard, les mêmes éléments de langage circulent toujours, alimentés notamment par la désaffection croissante des 18-24 ans pour les urnes. Mais s'y superpose dorénavant le diagnostic de la "fracture générationnelle ", établi à partir de sondages et d'événements qui semblent montrer que les jeunes remettent en question les valeurs et les choix des "boomers". Les nouvelles générations auraient une appétence pour la radicalité, tant dans leurs répertoires de mobilisation que dans leurs idées. Les articles rassemblés dans ce dossier permettent de complexifier ce tableau. Ils tendent à dessiner le portrait de jeunes plus engagés que leurs prédécesseurs au même âge, notamment sur les questions environnementales. La dimension politique de l'engagement n'est pas absente, mais elle se fait sur le mode de la "conversion" individuelle (qui peut s'exprimer dans le champ professionnel ou dans les choix de consommation) ou à travers des réseaux souples constitués via l'espace numérique. Les partis et les syndicats sont assez largement ignorés, et la dimension institutionnelle de la politique (élections, décisions gouvernementales, initiatives parlementaires) semble souffrir d'un profond discrédit au sein des générations Y (nées entre 1980 et 1995) et Z (nées entre 1995 et 2010). Cette désintermédiation n'est pas sans conséquence : comme l'a analysé le politiste Vincent Tiberj " dans les urnes, les moins de 35 ans pèsent moins de 50 % de leur poids démographique réel ". Le différentiel d'abstention crée un effet de distorsion, qui contribue à mettre au centre de la scène politique des enjeux qui ne sont pas ceux qui comptent le plus pour les jeunes, ce qui alimente le cercle vicieux de la baisse de leur participation. Ce phénomène, qui n'est pas spécifiquement français, comme le montrent les comparaisons avec la Belgique et l'Italie, semble prendre ses racines dans les années 1960, marquées par l'affaiblissement des transmissions intergénérationnelles des pratiques religieuses mais aussi politiques, ainsi que par le délitement de la confiance dans les institutions. Loin de proposer un chimérique retour au statu quo ante, les contributions de la dernière partie du dossier esquissent des réponses créatives. Elles empruntent les chemins de l'école, de l'éducation populaire, mais aussi de dispositifs urbains comme les skate-parks. Plusieurs auteurs soulignent la fertilité d'initiatives de terrain qui offrent aux jeunes des espaces d'autonomie dans lesquels ils se voient confier des responsabilités et s'éveillent à l'exercice d'une citoyenneté active. Le Service Civique et le Service national universel sont deux exemples de politiques qui essayent d'amplifier ces effets vertueux. Il est réconfortant de découvrir que le Service Civique peut avoir un impact sur la décision de prendre part aux élections. Les malentendus intergénérationnels autour de la politique ne sont pas une fatalité, à condition que jeunes et moins jeunes redécouvrent, en échangeant les uns avec les autres, les différentes dimensions de l'engagement citoyen.
Nombre de pages
100
Date de parution
20/12/2023
Poids
268g
Largeur
180mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782363451453
Titre
France forum N° 414, hiver 2023 : Jeunesses et Engagements citoyens
Auteur
Cazeaux Elisabeth ; Hervé Pierre-andré ; Leboyer O
Editeur
H DIFFUSION
Largeur
180
Poids
268
Date de parution
20231220
Nombre de pages
100,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Biographie de l'auteur Jacques Cazeaux, docteur ès lettres, chercheur au CNRS (MOM de Lyon), a mis sa méthode d'analyse proprement littéraire au service de la Bible. Son oeuvre, publiée aux Éditions du Cerf, s'étend de la Genèse jusqu'aux livres des Rois et au Cantique des Cantiques. Son commentaire des Actes des apôtres a paru en 2008.
Internet a libéré la parole publique. Désormais, des milliards d'individus connectés échangent librement ou réussissent à le faire en contournant les verrous posés par les régimes autoritaires. Le printemps arabe nous a même fait croire que les réseaux sociaux pouvaient renverser les tyrannies. A l'ère du numérique, la quête de la démocratie prend de nouvelles formes. Pourtant, en y regardant de plus près, on constate que cette libération de la parole entraîne un effet inattendu : noyés dans la masse d'informations et de désinformations, les internautes développent des représentations du monde qui les divisent. Comme l'imprimerie avait produit la Réforme protestante mais aussi les guerres de religion, Internet génère aussi des "schismes" qui menacent l'unité de nos sociétés. Les questionnements vertigineux qui se posaient à l'homme de la Renaissance, à Montaigne par exemple, redeviennent ainsi étonnamment les nôtres. Ce livre est un voyage dans l'odyssée démocratique commencée il y a 2 500 ans à Athènes et qui se poursuit aujourd'hui sur la Toile. Il offre les clés pour que le long chemin d'émancipation ne se transforme pas en perdition. "Civiliser" le web s'impose, non en le contrôlant, mais en l'appréhendant avec toutes les ressources de notre civilisation.
Cet ouvrage, pour la première fois, met en lumière la "clownanalyse". Initiée par les auteurs, cette pratique artistique mobilise et combine de façon originale deux champs jusque-là disjoints : l'improvisation théâtrale en jeu de clown et l'intervention sociale à la demande d'une organisation, d'une entreprise ou d'une institution. Cette innovation replacée dans le contexte culturel et sociopolitique a ouvert avec le clown d'intervention sociale de nouveaux espaces de jeu dans les organisations et dans la vie sociale. Son sens sociopolitique et artistique est décrypté et son évolution depuis une trentaine d'années. Les clownanalystes du Bataclown s'investissent sur le terrain social, comme semeurs de rires et comme ferments des valeurs de solidarité et d'émancipation. A leur suite, les clowns d'intervention sociale traversent les lieux et les événements publics avec empathie et humour plutôt qu'avec agression et ironie, pour rejoindre sans contraindre, révéler sans abuser... Une tragique actualité a mis en valeur l'importance sociale et la fragilité des caricaturistes et dessinateurs de presse... Avec eux, la clownanalyse traite de l'actualité sociale et politique et des enjeux du monde par le jeu métaphorique, l'effronterie et la dérision, dans une prise de distance avec les problèmes ainsi dédramatisés. Entre jeux de miroir et changements de regard, ils témoignent d'une inventivité sociale sur le registre d'un jeu parodique, critique et régénérateur d'une réelle modernité, retrouvant une fonction politique/poétique dont nous avons bien besoin pour humaniser la vie sociale et explorer son potentiel d'imaginaire. Empêcheurs de tourner en rond, pertinents et impertinents, ces miroirs révélateurs incitent à imaginer et à agir, ferments d'espoir et de transformation.
Errance : carnets d'un photographe 2000-2020 est un bilan de mon exploration de territoires "en crise" qui se déplie de la France au Soudan du Sud, du Liban à la Tunisie, en passant par les Balkans, Dubaï, l'Allemagne, le Tchad et la Libye, en parfaite indépendance et autonomie. Ils lient l'Histoire, le journalisme et le documentaire. Composé par confrontations et rapprochements, le propre du montage, ces carnets tentent d'exprimer l'inachevable photographique, fait de reprises, de rebours. Sans cesse devoir revenir sur les mêmes lieux parce que l'on n'a pas assez vu et que recommencer, tourner autour, aller voir derrière, permet d'aller à l'essentiel et montrer de nouvelles facettes, et peut-être d'annoncer un projet à venir car réussir n'a pas d'importance. Ce livre s'articule sur quatre chapitres fondateurs (Lueur, Repli, Combats, Traces) et quatre voix amies, éclatantes (Catherine Breillat, Nicolas Hénin, Alain Bey, David Teboul) décrivant ce parcours, entre recherche et désarroi, fait de hasards et de rencontres. Un témoignage qui se voudrait poétique, de l'entre-vu à l'entre-dit, singulier et brut, sur notre histoire contemporaine.
La mémoire peut-elle tutoyer l'Histoire et lui faire entrevoir des réalités volontairement ou inconsciemment refoulées ? C'est à cette question que tente de répondre cet ouvrage sans la poser solennellement. Si la colonisation de l'Algérie est aujourd'hui reconnue comme "un crime permanent" elle a aussi été une rencontre, riche et intense, entre des cÅurs, des chairs, des cultures, des langues, des rires, des joies de vivre et des désirs d'humanité. Démêlant l'accessoire et l'essentiel avec une finesse et une lucidité singulières, trente personnalités d'Algérie et de France, universitaires, chercheurs, artistes, écrivains, diplomates, architectes, médecins et hommes de foi, tous "vêtus de peau fraternelle" se sont plongées dans l'intimité des mémoires franco-algériennes pour en extraire ce qu'il y a de beau et de commun : les promesses de l'avenir. La pluralité même des points de vue, récits de vie, témoignages et analyses fait de ce travail polyphonique un objet original.
Être idiot en politique n'est pas forcément un handicap mais plutôt une ressource nécessaire pour retrouver une fraîcheur dans le questionnement. À travers des dialogues philosophiques, des rencontres, des discussions et des expériences dans des milieux socio-culturels variés, le personnage principal de ce récit, retrouve grâce à son idiotie enjouée de nouvelles orientations capables d'atténuer la misère sociale et spirituelle qui est présentement la nôtre, malgré l'abondance des biens et les progrès en tout domaine des technologies nouvelles. « L'Idiot » est un récit littéraire qui retrace le cheminement d'une réflexion politique qui dégage les soubassements affectifs du politique. Sans être retenu par les convenances intellectuelles et politiques, l'idiot fait ironiquement apparaître la folie interne du politique et le démembrement de la démocratie. Il s'achemine vers la découverte de la dualité du monde qui est le nôtre en tant qu'un autre rapport à la Terre.