Le savoir de Palladio. Architecture, métaphysique et politique dans la Venise du Cinquecento, livres
Caye Pierre
KLINCKSIECK
85,00 €
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EAN :9782252028827
Un ange vint visiter Bélisaire, le maître de Cavalerie de Justinien en campagne contre le Goth, pour lui révéler dans son sommeil la disposition et les plans de la forteresse ennemie. Son nom était Pallas. En son souvenir, Giangiorgio Trissino, l'auteur même de cette légende, baptisa son architecte Andrea della Gondola, Palladio. Car, comme son ange éponyme, Palladio, par sa parfaite maîtrise du plan, de l'élévation et de la coupe, révélait des édifices mystérieusement lumineux qui dans l'enclos de leurs limites précises se déployaient en des myriades de directions finies.C'est ce secret révélé à Bélisaire que cet ouvrage essaie de percer, le secret architectural de la disposition heureuse et sine impeditione qui ne dépend pas de l'art géométrique et de sa découpe réglée de l'espace, mais d'un savoir plus profond et plus abstrait encore qui substitue à la physique pondéreuse de la vieille fabrique le savoir éthéré des hommes, jusqu'à ce que l'édifice ne tienne que par la proportion harmonieuse de ses lignes, ainsi suspendu comme une arche entre le Ciel et la Terre, les Dieux et les Mortels.Ce secret, Daniele Barbaro (1514-1570), patricien vénitien pour qui Palladio édifia la villa Maser, le connaît. Car Daniele Barbaro n'est pas simplement un commanditaire cultivé et avisé ; il est aussi l'auteur du premier grand commentaire savant et raisonné au De architectura de Vitruve, qui fait de lui, aux yeux de la postérité classique, « le plus grand connaisseur d'architecture de son siècle » (Quatremère de Quincy), mieux encore « notre Vitruve moderne » (Fréart de Chambray). Nourri à la logique et à l'épistémologie de l'Université de Padoue, le commentaire du Barbaro constitue l'Architecture, selon le programme même de Vitruve, en science et raison poïétiques, appelées à juger et à corriger tous les ouvrages produits par les artisans sur le chantier. L'architecture devient alors question de la technique, mais d'une technique qui, loin de vouloir transformer le monde, le surédifie et le décore par l'eurythmie de ses fabriques. Tel est le secret ou plus exactement le savoir de Palladio.
Nombre de pages
536
Date de parution
01/03/1995
Poids
1 534g
Largeur
210mm
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EAN
9782252028827
Titre
Le savoir de Palladio. Architecture, métaphysique et politique dans la Venise du Cinquecento, livres
Auteur
Caye Pierre
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
210
Poids
1534
Date de parution
19950301
Nombre de pages
536,00 €
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Le système productif contemporain repose sur le paradoxe de la destruction créatrice, faisant de la richesse une affaire non pas d'accumulation et de patrimonialisation, de construction et d'édification, mais de destruction, d'obsolescence programmée, de place nette et de table rase. Cette illusion quasi métaphysique, produite par les grandes guerres du XXe siècle, est aujourd'hui de moins en moins soutenable, de plus en plus coûteuse d'un point de vue aussi bien symbolique que matériel. La critique du système productif change dès lors de nature. Il s'agit moins de penser l'intensification de la production, sa libération, sa généralisation à l'ensemble des activités sociales que sa durabilité, voire sa « générativité », à savoir sa capacité à transmettre ses fruits à la postérité. Ce qu'on appelle le développement durable. C'est à la recherche de ses principes aussi bien philosophiques que techniques et juridiques que s'attache la Critique de la destruction créatrice. Pierre Caye, ancien élève de l'École Normale supérieure, directeur de recherche au CNRS, a consacré une part importante de ses recherches à la question de la technique à l'âge humaniste et classique. Il est aussi l'auteur d'un essai de philosophie morale : Morale et chaos. Principes d'un agir sans fondement (2008).
Notre siècle se place sous le signe de la fin des totalités, de la dissémination, de la réalité atomisée, des multiplicités pures. Autrement dit, l'être prend congé de l'un. Mais il est aisé de constater que la domination n'a pas pris fin pour autant. La multiplicité à son tour impose son règne, qui a pour nom mondialisation. Ce n'est donc pas le multiple qui nous libère, mais au contraire l'un, si du moins celui-ci se libère de l'être comme l'être s'est libéré de l'un : une unité qui ne conduit donc pas nécessairement à l'unitotalité. A cette fin, Comme un nouvel Atlas noue le dialogue entre les trois grands philosophes (Plotin, Proclus, Damascius) du néoplatonisme, qui seul, dans l'histoire de la philosophie, a osé penser la différence radicale de l'un par rapport à l'être. Dans cette perspective, l'un apparaît comme une philosophie de la liberté, susceptible de répondre au primat actuel du monde sensible et du devenir autant et mieux qu'aux formes intelligibles et aux idées éternelles de la cosmologie antique à laquelle cette pensée originellement se rattache. Se définit alors un principe, qui tient et maintient le monde sans pour autant le déterminer et moins encore le dominer : un principe meilleur que la puissance.
Depuis 50 ans, l'écologie est à l'ordre du jour des politiques publiques. Pour quels résultats ? Chacun aspire désormais, aussi bien à droite qu'à gauche, à "changer de modèle". Mais les meilleures intentions suffisent-elles ? Or, pour la première fois depuis Marx, un livre, Durer, propose une approche globale du système productif et décrit les outils nécessaires à sa transformation. Il importe certes que notre développement soit durable et respecte les générations futures. Encore faut-il que les hommes soient en mesure de construire la durée à travers leurs modes mêmes de production ! Sous le couvert du temps, les principaux facteurs de production, le capital, le travail, la technique s'en trouvent profondément transformés : pour durer, le capital devient le patrimoine, le travail se consacre à la maintenance, en même temps que la technique nous sert d'enveloppe protectrice. L'économie accède désormais à sa dimension morale et politique la plus haute et la plus digne, loin des idéologies dominantes de l'innovation, de la disruption et de la destruction créatrice.
Le chaos définit notre siècle. Rien d'apocalyptique dans cette affirmation, qui ne condamne pas nécessairement le monde à l'état de cendre et de poussière. Le chaos définit simplement l'imprévisibilité, l'imprédictibilité et l'incertitude de nos sociétés complexes et instables dont l'homme maîtrise de moins en moins l'évolution. Jusqu'à aujourd'hui notre morale reposait essentiellement sur la maîtrise. Il nous faut maintenant apprendre à vivre autrement, c'est-à-dire en fonction de l'immaîtrisable. Ce qui ne signifie pas qu'il faut consentir au chaos comme s'il nous était destiné. Le chaos n'est ni bon ni mauvais, il n'est ni pour l'homme ni contre l'homme: il lui est étranger. Et c'est pourquoi il requiert au fond de nous une force qui, sans prétendre accéder à la maîtrise du monde, nous permette d'assumer et d'affronter son étrangeté. Cette force, je l'appelle "l'Empire de soi'. L'Empire de soi se distingue de la maîtrise de soi. Il s'agit non pas pour l'homme de dompter les énergies et les pulsions qui le traversent, mais, au contraire, de faire l'expérience initiale de son impuissance face au chaos du monde, afin de construire, à l'épreuve de sa faiblesse et de ses fragilités originaires, sa force la plus propre. Morale et chaos décrit ainsi les étapes de la constitution de cette force que le sentiment même de notre impuissance permet de constituer, sans fondement, mais par notre seule capacité à endurer le temps et à s'y maintenir pour mieux y passer et le faire passer à travers lui-même. Biographie de l'auteur Pierre Caye, ancien élève de l'Ecole normale supérieure, est directeur de recherche au CNRS. Il consacre ses recherches aux cultures de l'humanisme à la Renaissance et à leur transmission."
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.