Ce roman est l'histoire d'un crime mais, oui ou non, le héros de ce livre a-t-il commis un double meurtre et quelle police et quels juges peuvent-ils décider qu'il est le vrai coupable ? Si Jean Grunberg est innocent, où est sa secrète culpabilité ; s'il est coupable, où est sa secrète innocence ? A-t-il tué mais ne se reconnaît-il pas en ce personnage désormais figé qui est celui d'un assassin ; ou bien est-il innocent mais a-t-il rêvé si fort de cet exil où précipite le crime qu'il est prêt, comme dans un vertige, à l'assumer par défi ? Si l'on a commis un meurtre - acte absolu - peut-on revenir à l'innocence ? Si l'on est innocent, est-ce par hasard, qu'on devient un coupable aux contours parfaits ? Telles sont les questions, terribles, que pose ce roman qui fait de chaque lecteur un juré. Jean Grunberg sait qu'il aura été, en tout cas, l'accusé et que ce monde a été et sera toujours composé pour lui de juges. Il fuit. Jusque dans le terrorisme. Meurtre, valeurs bouleversés, questions angoissées de notre époque, tout est dans ce livre qui est à la fois roman policier, portrait d'un "héros de notre temps", satire de nos humanismes, interrogations sur nos certitudes rongées par le doute, procès "kafkaïen" enfin. Alors, chaque lecteur devient un juré emporté par le suspense d'une affaire criminelle dont le héros lui échappe pour aller vers ce qui fait d'un homme une victime et un accusé, un coupable et un innocent : vers un destin.
Nombre de pages
260
Date de parution
08/01/1992
Poids
315g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782080644565
Titre
L'innocent
Auteur
Cau Jean
Editeur
FLAMMARION
Largeur
140
Poids
315
Date de parution
19920108
Nombre de pages
260,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Ce livre est l'expression d'un sentiment et d'une idée fixe : tout amour est reflet, mascarade et nostalgie d'absolu. Trois êtres, un homme, une femme et un adolescent (leur fils bâtard) tournent en rond dans la fosse de l'amour impossible. La femme va se dissolvant dans une très lente et très raisonnable folie. L'homme plaide son impossible cause et l'adolescent ne comprend pas comment s'est brisé le miroir entre cet homme et cette femme. Il arrive qu'un livre se déterre du coeur. Si possible en allant au plus profond, tantôt à coups de pioche sourds et tantôt, pour ne rien briser de la statue enfouie, avec des gestes si légers qu'ils donnent des crampes à la main qui s'avance, rôde et touche enfin la tête décollée. Le Spectre de l'amour est ce que j'ai ramené d'une fouille au cours de laquelle j'ai gratté et creusé avec beaucoup d'instruments mais, le plus souvent, avec les ongles", Jean Cau.
Trois personnages : Barbara, milliardaire droguée, a épousé en quatrième noces Gottfried, ancien champion automobile dont la virilité s'est dégradée - lorsqu'il a abandonné la course - dans l'enfer des amours maudites. Et, entre Barbara et Gottfried, il y a un jeune Italien, Dino. Gottfried a décidé de "manipuler" Dino afin de l'amener à assassiner sa femme. Pour des raisons sourdes, mais aussi afin, par cette sorte de meurtre rituel, de lier à lui le jeune homme. Dino n'accomplira pas le meurtre et, au contraire, se laissera "posséder" sexuellement par Barbara. Dino n'a pas été digne de l'épreuve qui lui a été infligée, et Gottfried, impitoyable, l'envoie à la mort. Les Yeux crevés sont une tentative de mise à jour du mythe d'?dipe en 1968. Dino, jeté à toutes les amours et à tous les meurtres, réels ou symboliques, marche vers son destin avec la lucidité d'un héros tragique aux yeux morts.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.