Avril 1945. Ernst Cassirer achève peu avant de mourir Le mythe de l'État : un ouvrage réalisé à la demande de ses amis afin de tenter de comprendre les origines et les causes du nazisme. Sans jamais prétendre réduire le tragique de l'Histoire, mais sans renoncer non plus à toute explication, il invite la modernité à repenser son rapport au mythe. Les déformations qu'il fait subir à la pensée ne sont-elles pas la préfiguration, voire la caution, des violences politiques qui viennent ensanglanter les sociétés ? L'obscur besoin d'ordre qu'il véhicule et qui hante les fondements de la culture n'est-il pas responsable de la transformation de celle-ci en cauchemar, lorsqu'elle s'avise de ne plus lui résister mais de se confondre avec lui ? Le XX? siècle n'a-t-il pas basculé dans le tragique parce que subitement la culture s'est mise à célébrer le culte du héros, de la race et de l'État tout en versant dans un pessimisme dénigrant la Raison ? Ce livre peut être considéré, à bien des égards, comme le testament philosophique de l'un des plus grands penseurs de ce siècle, et en tout cas du plus digne héritier des Lumières. Livre savant attaché à reconstituer la mémoire de la Raison en refaisant l'histoire de toute la pensée politique, c'est aussi un livre de philosophe plaidant, à travers une critique du mythe, pour que la raison politique ne déroge pas à la plus haute de ses fonctions : réaffirmer la culture contre les tentations d'ériger l'idéologie, et donc la violence, en raison.
Nombre de pages
408
Date de parution
11/02/1993
Poids
420g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070726158
Titre
Le mythe de l'Etat
Auteur
Cassirer Ernst
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
420
Date de parution
19930211
Nombre de pages
408,00 €
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Les Trois essais sur le symbolique concernent le coeur même de la philosophie des formes symboliques fondée par Ernst Cassirer : la logique sémiologique selon laquelle l'esprit humain structure les différentes espèces de l'expérience qu'il fait à la fois du monde et de soi. "La forme du concept dans la pensée mythique" (1922) fait du mythe (en même temps que du langage) la forme symbolique originaire de laquelle toutes les autres (la religion, l'art, la science...) découlent par voie d'autonomisation progressive, selon des lois d'ordre structural et génétique, que "Le concept de forme symbolique dans l'édification des sciences de l'esprit" (1923) théorise de façon magistrale en présentant l'épure à la fois encyclopédique et architectonique du grand oeuvre alors en chantier (La Philosophie des formes symboliques, 1923-1929), reposant sur la tridimensionalité de la fonction symbolique : expressive, représentative et purement significative. Le dernier essai, "De la logique du concept de symbole" (1938), s'attache à justifier la validité logique accordée par Cassirer au concept de symbole, dans le cadre d'une reprise fécondante de la logique fonctionnelle de la relation fondée dès Substance et fonction (1910) et constamment enrichie depuis, en une référence essentielle aux sciences de la nature et de l'esprit. Les pages finales présentent de manière saisissante l'idée directrice de la philosophie des formes symboliques comme visant à "poser les prolégomènes d'une future philosophie de la culture", entreprise que son inspiration criticiste constitue en une démarche systématique ouverte à l'infini. C'est donc bien à la conscience de soi et à la confiance en soi de la philosophie des formes symboliques, entendue dès la formation de son projet par Cassirer comme grammaire générale, ou encore caractéristique universelle, que ces trois essais nous confrontent de façon profondément unifiée, par-delà la diversité de leurs formes et des circonstances de leur écriture.
Dans Essai sur l'homme, ouvrage qu'il écrivit à la fin de sa vie, Ernst Cassirer présente une théorie générale du mythe et de la religion, du langage, de l'art, de l'histoire et de la science qui se fonde sur une théorie unitaire de la fonction symbolique : en plus d'un point. Cassirer précise et nuance les acquis de ses recherches antérieures - par exemple en ce qui concerne la relation entre sa théorie du symbolisme et le structuralisme linguistique - en même temps qu'il en systématise les résultats.
III. La phénoménologie de la connaissance La Philosophie des formes symboliques est une tentative pour fonder une philosophie de la culture - la culture non seulement entendue comme la pensée théorique et l'activité artistique, mais aussi comme la pratique humaine en général, ce qui inclut aussi bien l'usage de l'outil et les troubles du langage (tome I) que les cérémonies religieuses et l'organisation d'une cité (tome II) ou la pensée scientifique et ses catégories (tome III). Répondant dans une certaine mesure à des objections d'Heidegger, Cassirer entreprend de définir le statut de son discours philosophique -discours "critique" au sens kantien, qui s'efforce de dégager les catégories fondamentales de la pensée humaine - par rapport à ce qui en est l'origine même, la pensée scientifique et ses catégories. Quelle est la place de la science et la légalité scientifique dans le système en construction des formes symboliques, des fonctions culturelles (notamment par rapport à la pensée mythique) et quel est le statut du discours "philosophique" qui tente de construire et d'unifier ce système? Faut-il considérer le discours scientifique comme le modèle ultime (historiquement et structurellement) des formes symboliques?
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.