La théorie de l'art pour l'art. En France chez les derniers romantiques et les premiers réalistes
Cassagne Albert
CHAMP VALLON
28,01 €
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EAN :9782876732315
Il n'y a pas bien longtemps la littérature bruissait encore sous la semonce des mots d'ordre : " changer la vie ", " transformer le monde ". Pour beaucoup, Gide ou Malraux, Aragon ou Sartre, nul doute : la littérature se devait d'être " engagée ". Littérature " au service " de la Révolution, du Peuple, de l'Humanité, de la Liberté, etc. Une telle conception de la littérature n'était pas neuve. Elle remonte aux " prophètes " du XIXe siècle pour qui l'écrivain devait être un guide, un témoin ou un acteur de l'Histoire (Lamartine, Hugo, Michelet, Zola, etc.). A quoi s'opposèrent, surtout dans la deuxième moitié du XIXe siècle et après l'échec de la révolution de 1848, un certain nombre d'écrivains qui se replièrent sur des valeurs plus esthétiques et formelles, dont Flaubert fut comme le héraut. Ce mouvement de dépolitisation de la littérature et ce repliement sur l'Art comme " finalité sans fin ", ce refus de subordonner la littérature à l'action ou à la morale, cette revendication d'un art " autonome " et " indépendant " sont connus sous le nom d'art pour l'art. C'est Flaubert mais ce sont aussi Gautier, les Goncourt, Leconte de Lisle, parfois Baudelaire, et quelques autres. Il fallait en connaître les origines, en retracer les développements, en rassembler le corpus, en distinguer les héros, en expliciter les thèses et l'idéologie, en étudier les thèmes, et peut-être en souligner les contradictions. C'est à la réalisation de ce projet neuf que s'est attaqué au tout début du XXe siècle un jeune normalien, Albert Cassagne. Quatre-vingt-dix ans plus tard, son magistral ouvrage n'a pas pris une ride et reste un modèle d'histoire des idées littéraires. Cassagne est le premier à avoir analysé le processus d'autonomisation de la littérature et de l'écrivain en s'appuyant sur les textes, les correspondances, les articles de presse, et sans méconnaître les conditions économiques et sociales (statut de l'écrivain, développement de la littérature " industrielle ", etc.) dans lesquelles ce processus a pris naissance et s'est développé. Cet ouvrage, qui a sans doute inspiré Sartre, qui est souvent cité (par Pierre Bourdieu notamment), comble une lacune. Il constitue une archéologie de nos idées modernes sur la littérature et permet de mieux comprendre les débats qui n'ont pas cessé depuis un siècle et demi sur le rôle et la fonction de la littérature et de l'écrivain dans notre société. A cet égard, le livre d'Albert Cassagne est d'une grande actualité.
Nombre de pages
427
Date de parution
01/11/1998
Poids
582g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782876732315
Titre
La théorie de l'art pour l'art. En France chez les derniers romantiques et les premiers réalistes
Auteur
Cassagne Albert
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
140
Poids
582
Date de parution
19981101
Nombre de pages
427,00 €
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Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...