2023 : 400 ans de la naissance de Blaise PascalAu centre du Mémorial, Pascal pose la «?grandeur de l'âme humaine?». Ce qui fait la grandeur de l'âme, c'est la pensée en tant qu'elle ouvre l'accès à la vérité. Pour penser la pensée, Pascal, le premier, a pris acte de la nouvelle détermination cartésienne de la vérité comme certitude : le jugement exercé par la volonté la libère, rendant la pensée certaine, non seulement capable de Dieu, mais aussi certaine de Dieu. C'est la foi conçue comme volonté qui doit conférer cette certitude en entendant selon un sens cartésien le «?Je sais en qui j'ai cru?» paulinien. Ainsi, Pascal inscrit «?la vraie religion?» dans la nouvelle problématique de la position de l'homme, celle-ci fût-elle paradoxalement comprise comme distance, disposition ou disproportion. Tel est le sens de cette affirmation du Mémorial, et telle est la thèse de ce livre. Pascal applique la rigueur cartésienne à la puissance paulinienne. Partant du concept de certitude ou convergeant vers lui, s'avère la permanence de ce fil conducteur et se mesurent les inflexions qui, en cinq ou six ans, ont caractérisé l'évolution des brouillons pascaliens, polarisée autour de La vraie religion. L'ordre des chapitres s'imposait ainsi de lui-même, historiquement documenté ou philosophiquement argumenté : avant le projet d'écrire De la vraie religion, au cours de ce dessein inaccompli d'une apologétique de la douceur, ou enfin après lui, pour décrire la conversion comme conformité de volonté. Rapportées à ce fil conducteur, plusieurs difficultés trouvent leur élucidation : y a-t-il une vérité substantielle ? Comment peut-on se faire une idole de la vérité même ? Pourquoi faut-il que la justice de Dieu soit énorme comme sa miséricorde ? Que signifie le principe : «?la nature marque partout un Dieu perdu?» ? La conversion se définit-elle comme présence au présent ?
Nombre de pages
486
Date de parution
01/03/2023
Poids
642g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782130833734
Titre
Pascal : de la certitude
Auteur
Carraud Vincent
Editeur
PUF
Largeur
150
Poids
642
Date de parution
20230301
Nombre de pages
486,00 €
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« Le moi » est une invention cartésienne de Pascal, qui substantive le pronom pour parler de lui comme dun objet. Aussitôt après Pascal, lexpression prolifère; mais la multiplication de ses emplois nen méconnaît-elle pas la spécificité? Car le moi nest ni lâme, ni la conscience, ni la personne, ni le sujet, ni même le soi. Si lanalyse de Husserl permet de rendre raison de cette décision à la fois textuelle et philosophique le moi est le résultat dune réduction elle na pas vu que Descartes ne passe pas de la position de lego à sa substantialisation sans sêtre demandé « qui est le moi? ». La première question cartésienne qui est posée au moi nest donc pas la question (essentialiste) de ce quil est mais celle (identifiante) de savoir qui il est, question à partir de laquelle pourra se déployer lanalytique existentiale.
La formule cartésienne causa sive ratio scande l'histoire de la causalité, entre le privilège suarézien de la cause efficiente et l'invention leibnizienne du principe de raison suffisante. Elle traverse un siècle exactement, des Disputationes metaphysicae de Suarez (1597) aux 24 thèses métaphysiques de Leibniz (1697). La métaphysique s'y constitue en époque de la causalité. Qu'ils la soutiennent ou qu'ils la récusent, les philosophes du XVIIe siècle ont en commun de discuter la thèse qui confère l'intelligibilité à la relation causale ; elle prend la forme exemplaire de l'équivalence cartésienne de la cause et de la raison. Mais la façon dont la relation causale gagne l'intelligibilité demeure à son tour inintelligible, puisqu'elle renvoie à la toute-puissance incompréhensible de celui qui l'exerce, y compris peut-être envers lui-même : sui causa. C'est là précisément la thèse que les post-cartésiens ne cesseront de lire comme un problème et de récuser : Spinoza, en posant que l'ordre et la connexion des idées sont les mêmes que l'ordre et la connexion des choses ; Malebranche, en faisant de la cause occasionnelle une raison inefficace et en concentrant en Dieu toute l'efficace ; Leibniz, en employant le principe de raison suffisante, qui rationalise l'existence en la soustrayant à l'emprise de l'efficience. Loin de la produire, la causalité se voit alors soumise, sous diverses modalités, à l'intelligibilité. Aussi le principe de raison suffisante signe-t-il ce que nous appelons la fin de la cause - par excellence la fin de l'efficience -, qui n'est pas la fin de la question du fondement, mais le déplacement de sa réponse vers plus fondateur que la cause : la raison. Ainsi se trouve accomplie l'essence du fondement à l'époque moderne de l'histoire de la métaphysique. " V. C.
Pascal est-il philosophe? Les Pensées relèvent-elles de la philosophie? Cette étude montre comment la pensée pascalienne part de Descartes, au double sens où elle l'a pour origine et où elle s'en sépare. D'où diverses modalités de son rapport à la philosophie. Ainsi le débat que mènent sur plusieurs fronts les fragments pascaliens requiert-il une interprétation à différents niveaux. Biographie de l'auteur Vincent CARRAUD, ancien élève de l'École normale supérieure, est professeur de philosophie à l'Université de Caen.
Pascal et Descartes, explorateurs pionniers du « moi »Préalable à toute histoire du sujet que l'on prétendrait mener sur la longue durée, la présente enquête part d'un fait textuel : l'invention de la substantivation « le moi » par Pascal, qui lui-même prend acte de l'expression cartésienne inédite d'ego ille. Le moi n'est pas un donné premier et intemporel, mais résulte du doute porté à son point extrême ? c'est pourquoi l'Antiquité et le Moyen Âge l'ont ignoré. Aussi cette enquête ne s'inscrit-elle pas dans la continuité des études sur les commentaires du De Anima. Elle ne se confond pas davantage avec celles des origines de la subjectivité puisque, avant même d'être déterminé comme sujet, c'est-à-dire comme fondement, le moi est obtenu par le travail de ce que Husserl appelle réduction phénoménologique. Le moi n'est donc identifiable ni à l'âme, ni à l'entendement, ni à la conscience, ni à l'individu, ni à la personne, ni même au soi. Et ce n'est qu'en le distinguant de tous ces avatars que l'on pourra répondre à l'interrogation de Husserl : « Que peut-on entreprendre, dans une perspective philosophique, avec l'ego ? » Ce livre analyse ce qui permet l'invention du moi, aussitôt occultée par l'individu de Leibniz ou le soi de Locke, et met en lumière ce qu'elle inaugure : car la première question posée au moi, par Pascal comme par Descartes, n'est pas celle de savoir ce qu'il est mais celle, existentielle, de savoir qui il est.
Approche transversale des règles d'encadrementPREMIÈRE PARTIE : L'appréhension des aides 1 ? Logiques variables et enjeux communs 2 ? L'approche extensive de l'aide d'État 3 ? Approches plus partielles de la notion d'aide aux entreprises DEUXIÈME PARTIE : La mise en ?uvre des aides 1 ? Dérogations à la prohibition des aides d'État 2 ? La mise en ?uvre des aides européennes 3 ? La mise en ?uvre des aides en droit interne TROISIÈME PARTIE : Le contrôle des aides 1 ? Le contrôle de la compatibilité des aides d'État 2 ? Le contrôle des financements européens 3 ? Les contrôles découlant du droit interne 4 ? La régulation internationale des subventions QUATRIÈME PARTIE : La remise en cause des aides 1 ? La suppression des aides 2 ? Le contentieux des aides aux entreprise
Le marché du logement n'est pas un marché comme un autre. L'accès au logement, malgré son statut de droit opposable, est rendu de plus en plus difficile, notamment pour les jeunes générations, du fait de la progression importante des dépenses en logement des ménages. Pour des raisons similaires, l'accession à la propriété des ménages modestes est rendue de plus en plus en complexe. Le logement, premier actif du patrimoine des ménages, est devenu l'un des principaux vecteurs de transmissions intergénérationnelles. Le mal-logement et les situations d'exclusion continuent de progresser en France et la question se pose de la capacité de notre société à enrayer ces phénomènes aux facettes multiples. Les divergences observées entre les différents marchés du logement ont eu pour conséquence la rupture du parcours résidentiel d'un grand nombre de ménages. Apprendre à identifier et à vaincre les crises du logement qui traversent la France devrait constituer l'une des problématiques centrales du débat public pour les prochaines années.
Bachelard Gaston ; Bontems Vincent ; Canguilhem Ge
Pour une révolution permanente de la raisonRecueil d'articles dont la première édition a été publiée en 1972 dans la collection Bibliothèque française contemporaine. L'Engagement rationaliste suit l'intégralité de la trajectoire de Gaston Bachelard. Composé, titré et préfacé par Georges Canguilhem, ce recueil s'ouvre avec un manifeste épistémologique révolutionnaire (« Le surrationalisme ») rédigé en soutien au Front populaire, et s'achève avec l'éloge de Jean Cavaillès, l'ami chef de la Résistance assassiné par les nazis, manifestant ainsi le caractère engagé de l'épistémologie. Cet engagement consiste en premier lieu à suivre la science dans ses progrès : « il faut que le rationaliste soit de son temps, et j'appelle de son temps, du temps scientifique, de la science du temps que nous vivons actuellement ». Un tel rationalisme révise ses connaissances, ses méthodes et jusqu'à ses principes. Il ne lutte pas seulement contre le sens commun, mais aussi contre des normes de scientificité héritées du passé. Cette posture résolument progressiste résonne avec d'autres positions avant-gardistes. La présente édition, présentée et commentée par Vincent Bontems, précise l'origine des textes, restitue leur contexte, et identifie la source des citations et des concepts, afin d'éclairer le sens des engagements de la pensée et de l'existence de Bachelard.
Marx, Engels et nombre de marxistes ont été confrontés à la question nationale. Faut-il défendre la nation ? Sous quelles conditions et dans quel contexte ? Les plus célèbres figures du marxisme (Lénine, Rosa Luxemburg) ont proposé des solutions divergentes voire profondément contradictoires, et suggéré de soutenir certaines causes nationales (notamment celles des peuples opprimés) ou bien au contraire parfois de répudier toute appartenance à un territoire ou une culture. Récemment, la crise de l'Union européenne et l'implosion de plusieurs Etats-nations au Moyen-Orient ont remis sur le devant de la scène les problématiques nationales, que d'aucuns estimaient dépassé à l'heure de la mondialisation et de l'effacement (présumé) des frontières et des espaces nationaux. Ce numéro propose ainsi à la fois de revenir sur les définitions de la nation et du nationalisme proposées par les marxistes mais également sur des enjeux plus contemporains, à travers des études de cas concernant plusieurs continents.