Au moment où Carnap fait paraître L'Espace, en 1922, les mathématiques du XIXe siècle ont si profondément transformé la géométrie héritée d'Euclide et de Descartes que les questions soulevées par le concept d'espace sont multiples et âprement discutées : de quel genre d'objets est-il question en géométrie ? Quelles sont les sources de notre connaissance de l'espace ? Dans le même temps, la physique fait elle aussi surgir de nouvelles interrogations. La théorie de la relativité générale d'Einstein révolutionne en effet les conceptions usuelles des relations entre géométrie et expérience. Aussi n'est-il pas étonnant que le jeune Carnap, à l'issue de ses études de philosophie, de mathématiques et de physique à l'université d'Iéna, choisisse de contribuer à la "théorie de la science" par une thèse sur l'espace dans ses multiples significations. Cette oeuvre de jeunesse nous fait découvrir une première philosophie des sciences de Carnap, avant que, sous l'influence de la lecture du Tractatus de Wittgenstein, l'analyse logique du langage ne devienne sa méthode philosophique de prédilection. Il y a loin de cette réflexion empreinte de néokantisme et marquée par la pensée de Husserl au Carnap empiriste logique, membre du Cercle de Vienne, de La Construction logique du monde (1928) et de La Syntaxe logique du langage (1934). Mais son approche du problème de l'espace reste d'une étonnante pénétration philosophique.
Nombre de pages
188
Date de parution
20/04/2017
Poids
263g
Largeur
140mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782070128082
Titre
L'Espace
Auteur
Carnap Rudolf ; Wagner Pierre
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
263
Date de parution
20170420
Nombre de pages
188,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Issu du fameux "Cercle de Vienne", courant résolument critique à l'égard de la métaphysique, Carnap développe sa pensée bien au-delà d'une volonté de réduire à la seule grille de lecture de la logique l'ensemble des énoncés de la philosophie. Il est le père de la sémantique contemporaine, et son influence s'exerce également sur le terrain de la linguistique, même si, de manière prépondérante, elle s'inscrit dans sa discussion avec Russell, Quine, Wittgenstein, Frege. La philosophie moderne du langage comme la critique du discours métaphysique lui doivent l'essentiel de leurs impulsions contemporaines.
Carnap Rudolf ; Bouveresse Jacques ; Wagner Pierre
La syntaxe logique du langage est un classique de la philosophie du XX? siècle, au sujet duquel Karl Popper relevait que "si jamais une histoire de la philosophie rationnelle de la première moitié de ce siècle devait être écrite, ce livre y occuperait une place qui ne le cède à aucune autre". Figure centrale du Cercle de Vienne et de l'empirisme logique, Carnap (1891-1970) y introduit une nouvelle méthode philosophique fondée sur la distinction entre langage et métalangage, et une nouvelle approche - syntaxique - de l'analyse du langage. Ce livre fondateur, longtemps caricaturé ou jugé difficile d'accès, a fait l'objet ces dernières décennies d'un grand nombre d'études qui en éclairent la signification et la portée au sein de la philosophie contemporaine. Jacques Bouveresse (1940-2021), l'un des meilleurs spécialistes de la philosophie de Carnap, a porté ce projet de traduction durant près de cinquante ans. Il accompagne le texte d'une introduction qui éclaire ce grand classique de la philosophie analytique et de la littérature logique à la lumière des études les plus récentes.
Publié en 1928, le premier grand ouvrage de Rudolf Carnap, Der logische Aulbau der Welt, aura attendu trois quarts de siècle sa première traduction française. L'auteur dont l'oeuvre domine tout un pan de l'histoire et de l'actualité de la philosophie contemporaine vient aujourd'hui à la rencontre du lecteur francophone à travers son premier Hauptwerk, en lequel se découvrira également, aux yeux des connaisseurs des ouvrages plus tardifs, l'originalité du "premier Camp", dont la démarche et le visage singuliers ont été longtemps confondus avec le style supposé unifié du Cercle de Vienne, Cercle lui-même associé au programme néo-positiviste de critique de la métaphysique. Ce "premier Carnap" s'engage dans un programme de "constitution" de l'intégralité de la connaissance du monde sensible qui forme un pendant, moins connu en France, de celui qui caractérisait à la même époque la phénoménologie husserlienne. Si les entreprises, et leurs postérités, sont diverses, et divisées, la lecture de l'Autbau montre leur enracinement dans une même tradition philosophique et leur commun renvoi initial aux données de la Gestalt Theorie, de la psychologie brentanienne, ainsi qu'à l'héritage des méthodes abstraites et structurales employées dans la logique et les sciences exactes. Longtemps recouvert par les effets de la critique adressée au sein de l'épistémologie popperienne et post-popperienne au vérificationnisme du Cercle, ou au sein de l'épistémologie quinienne à la conception de la logique que Carnap, logicien lui-même, devait remanier de façon très profonde, le texte de l'Aufbau est aujourd'hui au sein de la communauté philosophique l'objet d'un renouveau pour l'interprétation de l'ensemble de l'oeuvre. Biographie de l'auteur Thierry Rivain est Docteur en Philosophie de l'Université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand. Elisabeth Schwartz, Directeur de la Thèse et réviseur de la traduction, est Professeur de Philosophie à `l'Université de Clermont-Ferrand.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.