Entre nation et jihad. Histoire sociale des radicalismes algériens
Carlier Omar
SCIENCES PO
40,00 €
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EAN :9782724606713
Guerre civile, guerre sainte, deuxième guerre d'Algérie ? Nouvelle guerre intérieure, plutôt ; sans véritable précédent, et pourtant inscrite profondément dans une longue histoire coloniale, pleine de bruit et de fureur. Pour comprendre les fractures actuelles de la société algérienne, il faut remonter aux années trente et au parti de l'indépendance qui s'imposera bientôt au pays, d'abord à la ville musulmane (1936-1939), puis à l'Algérie de l'intérieur (1942-1948). Ancré dans la sociabilité du café et du quartier, porté par l'entregent d'une jeunesse scolaire frustrée de reconnaissance sociale, il prend la tête d'un mouvement interclassiste de militants autodidactes issus du salariat à statut et des petits métiers. Maître des mots, maître des masses, "maître de l'heure", il doit son efficacité au réinvestissement d'un vieux modèle de parité entre les frères, installant le lien national entre la solidarité "tribale" et l'égalitarisme de l'islam. Ce livre voudrait montrer la force, l'originalité, la longévité du nationalisme radical algérien, mais aussi rendre intelligible le coût ultime de la formule populiste et de l'entrée dans la modernité politique. Dans une société clivée et mixée entre Orient et Occident, tiraillée entre holisme et individualisme, et crispée sur la question des moeurs, le parti islamique apparaît à beaucoup comme un recours : l'ancien équilibre des tensions maîtrisé par le populisme se transforme en un vertige nourri par l'anomie. Après le viol des urnes, la frange radicalisée de la jeunesse sollicitée par le réseau des mosquées répond à un autre appel. Les groupes armés renversent la relation entre watan et jïhad et déplacent le combat contre l'ennemi intérieur. Ils veulent ajuster la société à leur vision de la communauté, substituer l'ordre divin à l'ordre humain, dans une sorte d'ordalie des temps modernes.
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Nombre de pages
443
Date de parution
01/06/1995
Poids
588g
Largeur
140mm
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EAN
9782724606713
Titre
Entre nation et jihad. Histoire sociale des radicalismes algériens
Auteur
Carlier Omar
Editeur
SCIENCES PO
Largeur
140
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588
Date de parution
19950601
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Comme la quasi-totalité des pays de la Planète, ceux du Maghreb sont pris depuis près de quarante ans dans les cadres d'une " civilisation de l'image ". Si le phénomène est à la fois banal et universel, le processus par lequel on est passé ici, dans la diversité des situations et des temporalités coloniales, d'un monde visuel à un autre, l'est moins, et encore très peu étudié. L'ouvrage se propose justement de montrer comment, à partir d'une large gamme de techniques et de vecteurs, mobilisant divers acteurs sociaux, faisant surgir et interagir image fixe et image animée, s'est effectuée la mise en place d'une esthétique nouvelle, produite par la rencontre d'une importation allogène et d'une invention indigène. Il fait ressortir les moments et les modalités par lesquels le Maghreb malékite, fortement aniconique, sinon totalement réfractaire à la reproduction picturale du vivant, a fait progressivement sien l'usage moderne des images, puis à commencé à produire des images de lui-même, en se réinventant à travers elles.
Carlier Omar ; Nollez-Goldbach Raphaëlle ; Wang No
Le pouvoir se donne à voir, il se met en scène. Son action est théâtrale, cérémonielle, protocolaire. Il se soutient de l'émotion autant que de la raison. La culture politique moderne se caractérise par l'émergence d'un espace discursif ouvert, où des acteurs s'affrontent sur une scène publique à partir d'arguments fondés en raison. Mais la politique comme champ de lutte pour la direction d'un parti ou d'un pays, sinon comme continuation de la guerre par d'autres moyens, continue de faire appel autant à la monstration qu'à la démonstration. Son efficacité est stratégique, elle est aussi symbolique. Elle fait appel à la raison des gestes, et pas seulement à celle des textes. Elle postule à ce titre l'expressivité et l'intelligibilité du corps. Plus qu'aucun autre, celui du leader politique, à la fois corps physique et corps social, est à interroger sous cet angle, depuis l'immédiateté du face à face en meeting, jusqu'à la médiation iconique portée par la photo puis la télévision jusqu'au bout du monde. Pour rendre compte de cette bio-esthétique du politique, on prendra ici plus particulièrement pour objet le cas encore trop peu étudié des "sociétés du Sud" à l'époque contemporaine (XIX-XX), par delà l'extrême diversité des configurations socio-historiques qui les caractérisent. Biographie de l'auteur Omar Carlier, Professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris VII Denis Diderot, Laboratoire SEDET. Raphaëlle Nollez-Goldbach, Doctorante en Sciences Juridiques et Politiques à l'Université Paris VII Denis Diderot.
Moyen d'exercice de la souveraineté mais aussi service public, l'administration des PTT est tout à la fois un instrument de contrôle du territoire, le vecteur d'une domination bureaucratique et une institution de proximité. Résolument du côté des pratiques et des acteurs, cet ouvrage contribue à renouveler la manière d'appréhender l'Etat en situation coloniale. Il saisit l'institution dans son épaisseur sociale pour révéler les mécanismes de l'interaction et de la domination coloniales.
L'entrée du numérique dans nos sociétés est souvent comparée aux grandes ruptures technologiques des révolutions industrielles. En réalité, c'est avec l'invention de l'imprimerie que la comparaison s'impose, car la révolution digitale est avant tout d'ordre cognitif. Elle est venue insérer des connaissances et des informations dans tous les aspects de nos vies. Jusqu'aux machines, qu'elle est en train de rendre intelligentes. Si nous fabriquons le numérique, il nous fabrique aussi. Voilà pourquoi il est indispensable que nous nous forgions une culture numérique.
Laruelle Marlène ; Pranchère Jean-Yves ; Miranda A
Néoréaction, régression démocratique, illibéralisme, autoritarisme, populisme, néofascisme, cyberlibertarianisme, antimodernisme : cet écheveau de concepts rendant compte de certaines des évolutions profondes de nos sociétés et de nos systèmes politiques contemporains a de quoi désorienter. Régulièrement, pourtant, l'actualité invite à les utiliser pour désigner des discours, des pratiques institutionnelles, des projets politiques ou des idéologies, qu'il s'agisse, de façon neutre, de les décrire ou, de façon plus engagée, de s'en inquiéter et de les dénoncer. C'est là tout l'intérêt intellectuel et l'utilité civique de ce volume : clarifier ces concepts tout en mettant en lumière les liens entre deux ensembles de phénomènes qui méritent d'être appréhendés de concert. Ainsi s'impose aujourd'hui la nécessité de scruter en détail les fondements intellectuels des tendances autoritaires, afin de mieux en comprendre les manifestations politiques et institutionnelles.
Atlas, dans la mythologie, représente un géant capable de tenir la Terre sur ses épaules sans en être écrasé. Mais quand Gérard Mercator publie en 1538 ce qu'il décide d'appeler un Atlas, le rapport des forces s'est complètement inversé : un "Atlas" est un ensemble de planches, imprimées sur du papier, quelque chose que l'on feuillette et que le cartographe tient dans sa main ; ce n'est plus la Terre que l'on a sur le dos et qui nous écrase, mais la Terre que l'on domine, que l'on possède et que l'on maîtrise totalement. Près de cinq siècles après, voilà que la situation s'inverse à nouveau : paraît un "Atlas" qui permet aux lecteurs de comprendre pourquoi il est tout à fait vain de prétendre dominer, maîtriser, posséder la Terre, et que le seul résultat de cette idée folle, c'est de risquer de se trouver écrasé par Celle que personne ne peut porter sur ses épaules". Bruno Latour Changement climatique, érosion de la biodiversité, évolution démographique, urbanisation, pollution atmosphérique, détérioration des sols, catastrophes naturelles, accidents industriels, crises sanitaires, mobilisations sociales, sommets internationaux, transition climatique... Voici le premier atlas réunissant l'ensemble des données sur les transformations écologiques de notre temps.
Souvent marginalisées par leur famille d'origine, les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et trans ont longtemps été exclues des manières légitimes de faire famille. Depuis la fin du xxe siècle, leur reconnaissance partielle et controversée transforme la matrice de la parenté, ce système de normes qui divise l'humanité en deux catégories - femmes et hommes - à partir des corps, désirs et relations familiales valorisés. Fondé sur une enquête inédite en France, au Canada et au Chili, cet ouvrage examine comment parents, professionnel·les et militant·es s'adaptent à l'absence de droits, se mobilisent pour en obtenir et s'approprient les nouvelles règles. Il montre que les droits réduisent les expériences de l'injustice et sécurisent l'avenir des parents LGBT+, mais que cette ascension statutaire bénéficie surtout aux personnes bien accompagnées et bien dotées. La vie quotidienne de ces familles reste fragilisée par les attentes hétéronormées de leur entourage et des institutions, qui valorisent le couple et la maternité procréative. Enfin, leur reconnaissance est inégale d'un pays à l'autre : le droit français borne plus strictement les possibles familiaux que les droits québécois et chilien. D'autres voies restent ainsi à explorer pour que chacun·e y ait pleinement sa place.