Camille est seule. Alors elle soliloque, comme pour la dernière fois. Car il est bien question de vie ou de mort dans ce flot de paroles. Son verbe est lancé à la poursuite de pensées apparemment chaotiques, que l'envahissement intérieur d'êtres différents lui impose: archétypes, puissances tutélaires ou entités subtiles, invisibles pour le commun, elle les convoque tous, se collette avec tous. Ainsi passe-t-elle des abîmes de l'enfance aux affres de la vieillesse. Dominique Carleton nous place devant l'évidence d'un texte désespéré et drôle, vertigineux, virtuose et ardent. Vertigineux, car écrit à l'attention de comédiennes alpinistes cherchant les sommets ardus et les courses folles. Ardent, puisque destiné aux adeptes des incendies propagés par une langue rare. Virtuose, car imposant une radicalité littéraire entre l'énigmatique "langue des oiseaux" et l'acuité d'une écriture précise et sculptée. Il est urgent de découvrir cette oralité paradoxale, ironique et terrifiante, parcourue par un souffle puissant et singulier.
Nombre de pages
57
Date de parution
15/01/2009
Poids
98g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782842603083
Titre
Une voix pour toutes
Auteur
Carleton Dominique
Editeur
THEATRALES
Largeur
150
Poids
98
Date de parution
20090115
Nombre de pages
57,00 €
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Une saga familiale réaliste, émouvante, toute en délicatesse, dans le Missouri, au tournant du XXème siècle. Une description minutieuse de la vie à l'époque, et des différents personnages qui évoluent au cours de l'histoire. Un best-seller aux Etats-Unis dans les années 1960 !!!
Carleton William ; Fierobe Claude ; Dumay Emile-Je
Publié d'abord en feuilletons dans le Dublin University Magazine (1846), puis sous forme de livre (1847), Le Prophète noir est sans doute le plus connu des ouvrages qui composent ce qu'il est convenu d'appeler "la littérature de la famine". Carleton y décrit les effets dévastateurs de la Grande Famine de 1845, en se fondant en partie sur sa propre expérience, celle de la famine de 1817. Il se fait le porte-parole d'un monde rural confronté à la perspective de son propre anéantissement. C'est donc à une traversée de ce monde qu'il convie son lecteur, en le plongeant d'emblée dans une Irlande de cauchemar où les éléments déchaînés semblent bien être la manifestation du courroux de Dieu contre ses créatures, où les paysages torturés ne montrent que champs dévastés, masures branlantes, lieux sauvages rendus plus effrayants encore par les histoires surnaturelles qui s'y rattachent. Carleton ne lésine pas sur les moyens, et emprunte à la tradition "gothique" les traits propres à noircir encore une réalité tragique. Ces tableaux du dénuement total forment la ponctuation funèbre du livre, résonnent comme le glas qui tinte de village en village, rendent impossible toute pause, tout repos, dans ce roman fiévreux qui semble au moins autant emporter l'auteur qu'être porté par lui. Car c'est un roman, bien sûr. Il y a donc une histoire, une histoire aussi noire que la période où elle se déroule, un drame aux ramifications multiples qui tourne autour de Donnel Dhu, "the prophecy man", le prophète noir, sorte de charlatan maléfique, type fréquent dans l'Irlande du XIXème siècle, et qui tirait son pouvoir de la crédulité des paysans, en usant et abusant de sa connaissance des prophéties de St Columbkill. La traduction de ce livre fait plus que combler une lacune, elle répare une injustice, car il ne fait aucun doute que Carleton est, au XIXème siècle, celui qui a donné une voix au peuple irlandais.
A l'été 1990, en banlieue de Montréal, la nation Autochtone Kanien'kehá : ka est en proie à une grave crise politique l'opposant à des promoteurs voulant construire un club de golf dans une Pinède sacrée. C'est le siège de Kanehsatà : ke, dit la "crise d'Oka". Malgré de nombreux ouvrages écrits à ce sujet, bien peu l'ont été depuis la perspective des Premiers Peuples, encore moins d'une femme Autochtone. Quand tombent les aiguilles de pin répare enfin cette injustice en offrant le récit de Katsi'tsakwas Ellen Gabriel, porte-parole de la résistance lors des événements. Au fil d'une conversation avec l'historien Sean Carleton, elle revient sur les grands moments de son histoire en tant que féministe, leader de sa communauté et gardienne du territoire.
Jérôme Laronze, paysan éleveur, résistant aux injonctions de traçage sanitaire de ses bêtes au nom d'une agriculture humaine, est abattu par un gendarme au neuvième jour de sa cavale. En neuf mouvements comme neuf étapes d'un oratorio imprécatoire, sa soeur prend la parole et, dans un souffle, érige telle Antigone un monument à ce frère dont elle dénonce la mort. Les Deux sont des soeurs, la grande et la petite, coincées dans leur village désindustrialisé, vouées à un destin de victimes par un déterminisme social contre lequel seule la petite semble décidée à se battre. Par de courtes scènes aux dialogues épurés et saillants comme des uppercuts, l'auteur plonge dans cette France périphérique oubliée. Avec ces deux textes très différents, Guillaume Cayet poursuit sa recherche d'un théâtre de résistance. Il offre une partition quasi musicale pour une actrice, mais aussi une large distribution pour des troupes. Un théâtre à lire et à jouer pour rester debout.