La "Jésrusalem délivrée" du Tasse. Poésie, peinture, musique, ballet, Actes du colloque organisé au
Careri Giovanni
KLINCKSIECK
52,60 €
Epuisé
EAN :9782252032350
A l'automne de la Renaissance, alors que le mythe d'un monde régi par l'harmonie s'effondre, le Tasse essaie avec La Jérusalem délivrée (1581) de recomposer dans un dessein unitaire les forces opposées de l'amour et de la guerre, du plaisir et de l'honneur. De la difficulté de cette entreprise et de son échec surgit une nouvelle image de l'homme, dominé par la force des passions et exposé aux risques de la désillusion, de la faute et de la punition. Les héroïnes et les héros du poème, ainsi que les figures de leurs relations affectives sont vite devenus un répertoire inépuisable de la représentation des passions. Comptant mille sept cent vingt et une éditions (dont trois cent vingt-deux en France), de nombreuses adaptations musicales, théâtrales et de ballets, des traductions dans toutes les langues européennes, accompagnée de centaines de gravures, fresques et tableaux qui l'ont illustrée, La Jérusalem délivrée est rapidement devenue un " Objet de civilisation ". Aujourd'hui encore, l'étude de ce long poème chevaleresque nous donne un éclairage précieux sur les sociétés et les cultures qui l'ont adopté.
Nombre de pages
495
Date de parution
01/04/1999
Poids
1 146g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782252032350
Titre
La "Jésrusalem délivrée" du Tasse. Poésie, peinture, musique, ballet, Actes du colloque organisé au
Auteur
Careri Giovanni
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
160
Poids
1146
Date de parution
19990401
Nombre de pages
495,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Poème épique chrétien, La Jérusalem délivrée du Tasse (1582) est aussi un répertoire d'images-affect transposées en peinture, en musique, dans la danse et dans le théâtre, partout en Europe. Dans le poème, l'amour et la guerre s'entremêlent. Les chevaliers chrétiens soupirent pour les guerrières musulmanes, les hommes se féminisent, les femmes se déguisent en hommes pour se battre. Les ?uvres analysées ici interprètent à leur façon le poème et l'enrichissent de nouvelles dimensions propres à l'image peinte, au geste dansé, à la présence effective des acteurs sur la scène. Entre parole écrite, geste peint, performance théâtrale et pas de danse, l'auteur tisse un réseau d'échanges, qu'il étend en dehors du champ restreint de l'art, en étudiant ses implications politiques dans la vie rituelle de la cour. Le livre analyse la production d'images poétiques, picturales et gestuelles issue de quatre épisodes du poème du Tasse. Il propose une nouvelle approche intertextuelle et herméneutique, une analyse de la culture à travers les échanges entre l'écrit, les images et les gestes, susceptible d'enrichir et de remplacer, pour partie, l'approche désormais classique du rapport entre peinture et poésie dans la culture humaniste. Les tableaux de Poussin, des Carracci, de Guercino, de Domenico Tintoretto, de Tiepolo et de nombreux autres peintres moins célèbres éclairent aussi l'intelligence figurative des formes actuelles de la différence sexuelle et du lien ambigu de l'affect au pouvoir. Ces hybridations sexuelles et culturelles tissent des correspondances subtiles avec notre condition actuelle.
Parmi les centaines de personnages de la chapelle Sixtine, les Ancêtres du Christ, représentés dans les lunettes et les cintres de la voûte, semblent être en marge du contexte héroïque de l'ensemble. On y voit des familles prises dans leur vie intime, des femmes s'occupant de leurs enfants ou de travaux domestiques, des vieillards mélancoliques endormis, des personnages errants, des hommes et des femmes dans l'attente. Que font-ils à côté des corps pleins d'énergie des anges et des élus du Jugement dernier, des prophètes et des sibylles de la voûte ? De quelle manière participent-ils de l'histoire chrétienne, qui est celle du temps des origines (Genèse), de la fondation (Histoires de Moïse et du Christ) et de l'accomplissement (Jugement dernier) ? Par un va-et-vient entre ces différents temps, Giovanni Careri étudie l'articulation entre le Jugement dernier et le cycle des Ancêtres et renouvelle ainsi en profondeur la compréhension de la chapelle dans son ensemble.
Michelangelo Merisi, dit Caravage, né en 1571, est une figure incontournable de l'histoire de l'art et un précurseur de la modernité. Ce peintre lombard dont le réalisme fit dire à Poussin qu'il était venu pour "détruire la peinture" est lié à un tournant stylistique décisif, voire révolutionnaire, entre le XVIe et le XVII siècle. Admiré pour sa fidélité au réel, ainsi que pour l'intensité inédite de sa lumière déployée, l'artiste a subtilement réfléchi au dispositif interne du tableau et à ses stratégies d'adresse au spectateur. Ce livre explore la révolution caravagesque à partir d'un regard rapproché, à travers tous les "miroirs" auxquels ce peintre extraordinaire nous confronte encore aujourd'hui. Si le miroir est l'objet de réflexion matériellement utilisé dans ses premiers autoportraits, Caravage développe tout au long de sa carrière un travail sur des formes diverses de réflexivité. Limage de soi devient ainsi un lieu d'expérimentation qui fait de l'autre un miroir révélateur : le déguisement mythologique (de Bacchus à Narcisse, en passant par Méduse), l'altérité culturelle ou le contraste des genres sont autant d'expressions de cette recherche. Limage même du Christ se fait miroir, appelant ainsi le dévot à s'y "conformer", tel que l'écrit saint Paul. Le principe de réflexion, ainsi que les dédoublements, pliures et ouvertures qui lui sont liés, est également un modèle idéal dans la structure de l'oeuvre de Caravage. Ses compositions à plusieurs figures sont autant de lieux où la peinture réfléchit sur elle-même, sur sa narrativité interne et les temps qui la traversent. Le "réalisme chrétien" de Caravage est ainsi considéré sous une lumière nouvelle à partir d'un assemblage entre gestes du peuple et attitudes plus nobles extraites de l'iconographie antique. La fidélité au réel n'est pas une simple question d'imitation mais de mémoire visuelle et de montage des temps.
L'ouvrage propose une étude de l'oeuvre de Gian Lorenzo Bernini (Naples, 1659 ? Rome, 1680), à la lumière de la théorie du "montage pathétique" élaboré par Serguei Eizensteijn. L'artiste nous a livré un ensemble artistique complexe, nommé "bel composto", issu de registres expressifs, conceptuels et narratifs hétérogènes, embrassant architecture, peinture et sculpture. Importante contribution à l'étude de l'art baroque, cet ouvrage inscrit l'analyse de l'oeuvre du Bernin dans une réflexion plus ample qui résonne avec les problématiques actuelles de l'art contemporain et du cinéma.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.