Usages de l'objet. Littérature, histoire, arts et techniques, XIXe-XXe siècles
Caraion Marta
CHAMP VALLON
24,00 €
Epuisé
EAN :9782876739642
Dès le XIXe siècle l'objet est au centre des mutations socio-économiques: il constitue le fondement matériel et symbolique des sociétés de consommation, participe à la modification des structures urbaines et de l'espace visuel collectif et se place au centre des mécanismes bourgeois de valorisation sociale et symbolique. La prolifération des choses configure un univers matériel en perpétuel changement. La littérature, les arts plastiques, les expositions, musées, collections et autres projets de mémoire sont autant de manières de fixer cette matérialité labile et de donner forme aux nouvelles angoisses et obsessions identitaires qu'elle suscite. Dans ce volume, Marta Caraion se propose d'interroger le statut historique, social, esthétique et littéraire de l'objet, de ses usages et de la complexité de ses représentations, depuis les années 1830 jusqu'à nos jours, en rassemblant des études venues d'horizons disciplinaires divers: littérature (José-Luis Diaz, Valérie Stiénon, Anaïs Goudmand, Hugues Marchai, Nicolas Wanlin, Christophe Imperiali, Laurence Guellec, Gaspard Turin), histoire et anthropologie (Manuel Charpy, Camille Lorenzi, Sylvain Venayre, Lancelot Arzel, Nicolas Rieder), histoire de l'art (Philippe Kaenel), histoire des sciences et des techniques (Jean-François Luneau). S'esquisse ainsi, au fil de ces textes, une cartographie du monde matériel aux parcours multiples, dont on n'a pas fini de lister les entrées et les croisements d'éclairage possibles: objet de consommation, objet publicitaire, objet technique, objet bourgeois et objet de décoration, objet ethnologique, objet-souvenir du voyageur, objet-preuve de l'enquête policière, objet de collection et objet d'art, objet poétique ou romanesque, objet-relique, objet hybride, objet unique et objet de série, etc.
Nombre de pages
275
Date de parution
05/06/2014
Poids
370g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782876739642
Titre
Usages de l'objet. Littérature, histoire, arts et techniques, XIXe-XXe siècles
Auteur
Caraion Marta
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
141
Poids
370
Date de parution
20140605
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275,00 €
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Epuisé
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Une histoire familiale, d'est en ouest de l'Europe, au xxe siècle : Odessa, Bucarest, Paris, Chisinau, Lausanne longtemps après. Au centre du drame, le récit occulté de la déportation des Juifs d'Odessa en Transnistrie, ce territoire qui, le temps de la guerre, entre le Dniestr et le Bug, a servi de laboratoire d'extermination ethnique à la Roumanie de Ion Antonescu. Isidor, le père, assassiné au bord d'une fosse, au printemps 1942. Toute la complexité de la survie des deux femmes, la mère, Sprinta, et sa fille, Valentina, qui attendra cinquante ans avant de raconter. Un témoignage et une trajectoire que le récit déplie, pour leur restituer une épaisseur historique et intime, du pogrom d'Odessa, en 1905, à travers la succession des dictatures et des répressions, jusqu'à l'exil en Suisse, en 1981. Une mémoire familiale saisie sur le vif par une écriture sans fard et sensible qui laisse transparaître le destin tragique de plusieurs centaines de milliers de victimes de la Shoah roumaine. Une histoire de femmes, sur trois générationsNotes Biographiques : Marta Caraion est professeure de littérature française à l'université de Lausanne. Née à Bucarest, elle est arrivée en Suisse en 1981, à l'âge de quatorze ans, fuyant avec ses parents la dictature communiste en Roumanie.
La littérature assure un rôle essentiel dans la constitution d'une pensée critique de la culture matérielle de l'âge industriel. Avant les sciences sociales et la philosophie, les textes littéraires, à partir des années 1830, problématisent les mutations d'une culture matérielle en expansion et l'ébranlement que celle-ci provoque dans l'ordre des catégories existentielles et esthétiques. Comment la littérature pense les objets présente l'avènement au XIXe siècle d'une véritable culture des objets et la redéfinition majeure des fonctions et des champs d'action de la littérature et des arts qui en découle. En observant les objets sous toutes leurs coutures (sociologique, esthétique, ontologique) le livre pose les bases d'une théorie générale et actuelle des objets, instituée par la fiction.
Tenant des carnets (un journal ?) depuis la jeunesse, je n'y ai jamais écrit que par spasmes, par bouffées, et dans une sorte d'état d'urgence. Brusques afflux de souvenirs, rêves ou lectures pareillement commentés, ce double qui n'a cessé de m'accompagner est bien aussi projet, que le livre entrevu ait abouti ou non, et interrogation sur ce projet même. Aussi m'a-t-il semblé que je ne pouvais extraire des fragments de ce long flux tout ensemble intermittent et proliférant sans tenter d'y introduire au moins un fil d'Ariane. Si le thème de la mémoire, chez l'être de souvenir qu'est, par définition presque, l'autobiographe, s'est imposé à moi, c'est que la mémoire m'est longtemps apparue comme la dépositaire de l'être même. Souvent, il va sans dire, ces plongées ou ces visitations fortuites s'accompagnent d'une réflexion sur la littérature. Au naïf émerveillement des premières années ici retenues - contemporaines de L'Adoration et s'aventurant à tâtons vers Le Retour - succède assez vite un soupçon qui, dû pour la plus grande part à la cruelle expérience de la mère internée, et qui va s'accusant dans ces pages mêmes, est tout près de s'en prendre au chant longtemps tenu pour " doré " d'une mémoire qui, par places traversée de nostalgie, entend bien pourtant ne se confondre avec aucun " passéisme ", sans cesse au contraire jouaillé, dénoncé que, pratiquement dès le début, est ce dernier. " J. B.
Les figures souvent grotesques créées par James Ensor s'animent. Elles évoquent la mer du Nord, Ostende la ville balnéaire et ses habitants évanouis, le retour du carnaval ou le célèbre Bal du Rat mort. Libérées des tableaux où leur apparition continue à nous surprendre, elles haussent parfois le ton entre les murs d'une baraque abandonnée, se répondent et s'affrontent. Elles aimeraient régler de vieux comptes. Elles interpellent un visiteur à la nature incertaine. Tout à la fois ancrées dans leur époque et hors du temps, les voix interrogent, avec une ironie d'outre-tombe, la disparition des corps qui un jour les habillèrent. Avoir connu semblable mascarade est-il possible ailleurs qu'en un rêve où l'on croisera les ombres de Proust, Rilke, Roth, Celan ou Perec bien vivant, installé à la terrasse d'un café ...