Cette correspondance nous confirme qu'Apollinaire et Canudo expriment souvent les mêmes idées, sont deux leaders écoutés de l'avant-garde, font partie de ceux qui voient les premiers les développements de l'art moderne. Ils considèrent à l'unisson le poète et l'artiste comme le nouveau héros.Ils réconcilient l'art et la vie, en centrant leur action sur la valeur sociale du premier et en assignant à l'esthétique le rôle de construire les nouveaux mythes sur lesquels se fondera la société moderne.Canudo et Apollinaire ont la même fièvre de tout connaître et de tout comprendre. Ils sont pour la présence simultanée de toutes les avant-gardes et pour l'union de toutes les esthétiques, comme seule réponse possible à une société en ruines.À côté de l'engagement pour le moderne et du parallélisme esthétique, un point scelle les rapports de Canudo et d'Apollinaire : ce sont deux artistes transplantés, à la recherche continue d'une identité.Si Apollinaire a bien raison en définissant son ami Celui qui voit le premier, Canudo ne se trompe pas en voyant Apollinaire comme un des grands poètes de l'avenir.De nos jours, nous considérons tous Canudo comme l'inventeur de la critique et de l'esthétique du cinéma, qu'il appelle le « septième art », et Apollinaire comme le plus grand et le plus jeune poète du XXe siècle, et probablement du prochain aussi.
Nombre de pages
136
Date de parution
03/05/2000
Poids
202g
Largeur
145mm
Plus d'informations
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EAN
9782252032541
Titre
Lettres à Guillaume Apollinaire. 1904-1918
Auteur
Canudo Ricciotto
Editeur
KLINCKSIECK
Largeur
145
Poids
202
Date de parution
20000503
Nombre de pages
136,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les Libérés sont les Mémoires d'un aliéniste révolutionnaire. Conscient de la misère de la psychiatrie dans les années 1900 qui ose livrer les fous à une science sourde et aveugle, Ricciotto Canudo nous fait vivre, dans une écriture très moderne, le quotidien d'un hôpital antipsychiatrique, annonçant avec des accents visionnaires les années 1960 dont il est le précurseur ignoré. Dans ce phalanstère libertaire, ou la sexualité et la musique participent aux pratiques thérapeutiques, s'engage une lutte de pouvoir entre le médecin aliéniste et son patient qui s'achèvera dramatiquement. Nous ? les soi-disant bien portants ? sommes esclaves de nos préjugés.
Caché derrière ses peupliers d'où émergent son haut toit et ses deux tours carrées, le " château vosgien " est, en 1789, à peu près ce qu'il était en 1600 ou à la fin du Moyen Age : un corps de logis solide et discret, se démarquant à peine du reste des maisons rurales et un peu plus du clocher de l'église ou du prieuré, vrai centre du village. Le châtelain de 1789 y vit-il différemment de celui du XVIIe siècle, voire du Moyen Age ? Ce livre pénètre dans l'univers et le décor familiers des futurs émigrés dont les aïeuls vécurent sur place les drames de la Guerre de Trente Ans. A travers lettres, mémoires et inventaires, une page d'histoire peu connue est retracée ici. Son auteur, professeur agrégé d'Histoire, responsable de l'Association Saône lorraine et délégué des Vieilles Maisons Françaises pour les Vosges, la fixe souvent comme un instantané, un " pris sur le vif ", une incursion dans l'intimité des vieilles familles et des récents anoblis. Beaucoup de ces demeures et de ces familles ont aujourd'hui disparu, et l'on démolit encore des châteaux, comme à Gironcourt-sur-Vraine, au nom du " progrès " et du " réalisme ". Ces pages de vie quotidienne et d'attitude face à l'adversité sont aussi pour l'auteur l'occasion de montrer au grand public et aux divers responsables qu'autant qu'un château fort, ces " Grandes Maisons " sont dignes de conservation et de respect.