L'histoire des techniques n'a pas échappé aux réflexes ethnocentriques, voire nationalistes, mais elle semble s'y être attachée de manière particulièrement durable. Elle a même longtemps constitué l'un des domaines par excellence dans lequel s'est exprimé l'indexation des territoires selon leur degré d'avancement ou de retard sur la trajectoire euro-centrée du progrès. La multiplication des revendications de cultures techniques nationales a longtemps cadré l'historiographie. Peu à peu, cependant, les recherches historiennes ont mis au jour les impasses de ces lectures restrictives et politiques des pratiques techniques. Cet ouvrage propose un premier bilan réflexif sur les effets des approches nationales et ethnocentrées et sur les conditions de leur dépassement. L'enjeu est d'importance : il s'agit non seulement de sortir du récit piégé d'une sociodicée nationale par les techniques, mais également d'engager une analyse plurivoque des ancrages pratiques, des complexions artefactuelles, des circulations de savoir-faire. Pour ce faire, l'ouvrage éclaire les logiques historiques et politiques profondes qui enracinent le nationalisme technicien et sa performativité dominatrice, prenant part à une dynamique internationale très active en histoire globale des techniques. Les contributions abordent des thèmes comme l'alimentation, l'agriculture, l'habillement, les convertisseurs énergétiques ou encore la danse, mettant en lumière la diversité caractéristique de l'histoire des techniques à travers le monde. Variant les angles, les approches et les géographies, l'ouvrage adopte un large empan chronologique allant du Moyen Âge à nos jours. Ce livre s'adresse à toute personne curieuse de comprendre comment les techniques ont pu servir d'instrument à la revendication identitaire et nationale.
Nombre de pages
350
Date de parution
25/09/2025
Poids
300g
Largeur
160mm
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EAN
9782385427368
Titre
Les techniques ont-elles une patrie ?. Retour sur le nationalisme et l'ethnocentrisme dans l'histoir
La science a prouvé que...". D'où nous vient cette idée selon laquelle la science serait garante du vrai ? Guillaume Carnino propose une enquête historique et généalogique permettant de comprendre pourquoi et comment, en France, à l'heure de la IIIe République, cette idée en est venue à être unanimement partagée. Il dévoile les rouages de la carrière de savants comme Louis Pasteur, mais aussi l'histoire de simples artisans et pêcheurs dont les découvertes furent convoitées par les industriels. Il montre de quelle manière l'image d'un Galilée anticlérical a pu être fabriquée et renouvelle le regard que l'on porte sur la mise en place de l'école gratuite et obligatoire par Jules Ferry. Parallèlement à la décision démocratique, la pratique scientifique devient peu à peu un mode de gouvernement des êtres et des choses, qui marque l'avènement de la civilisation des experts. La science, désormais auréolée d'un prestige quasi religieux et présentée comme pure - c'est-à-dire indifférente aux intérêts individuels -, se révèle finalement un moyen d'administrer la société autant que de transformer la nature par l'industrie.
L'histoire des techniques entre 1500 et 1800 est présentée dans une première partie par grandes zones géographiques (Europe, Afrique, Moyen-Orient, Asie, Amériques, Océanie, etc.), puis dans une seconde partie de façon thématique, afin d'insister sur les principales orientations de la recherche actuelle. Sont ainsi détaillés les liens entre les techniques et le pouvoir politique, l'agriculture, la religion, le genre, le corps, l'environnement, etc. L'objectif est de fournir un état de l'art tout en précisant les directions empruntées par la recherche en histoire moderne des techniques dans une perspective ouverte à l'échelle du monde, résolument comparatiste et soucieuse de regards croisés.
Dans Entwurf der algemeinen Technologie (1806), Johann Beckmann propose une science nouvelle, la technologie générale, qui classe les activités humaines par opérations. Maintes fois cité et jamais traduit, il fallait rendre disponible en français ce texte essentiel qui a ouvert la voie à une compréhension générale de l'action et à la philosophie des techniques. Tous ceux qui s'intéressent aux savoirs de l'action trouveront chez Beckmann la tentative la plus aboutie de formalisation du geste comme unité fondamentale de l'activité humaine.Avec le soutien des laboratoires ICT (EA 337), COSTECH (EA 2223), SPHERE (UMR 7219) et celui du Centre Alexandre-Koyré (UMR 8560).
...Le livre passionnera ceux qui veulent savoir comment se fait une découverte et la nature des efforts parfois inouïs cachés derrière la communication impersonnelle qui annonce un résultat important dans une revue scientifique. Il réveillera l'émotion de ceux qui eurent à se préoccuper de la qualité des soudures, ou de la sécurité de cet instrument qui pouvait aussi devenir une bombe redoutable. Il rend hommage à ceux qui ont une part souvent ignorée aux grandes découvertes. " Georges Charpak
Ce livre est le fruit de 20 ans d'aventure scientifique vécue par une équipe de passionnés. Il débute avec le bouillonnement d'idées qui fut à l'origine des choix scientifiques du CEMEF. Puis chacun des axes de recherche est illustré par les chercheurs du centre, par des anciens passés dans l'industrie, ou bien par des spécialistes extérieurs qui ont tenu ainsi à manifester leur amitié. Sont passées en revue la modélisation et la simulation numérique des opérations de formage (fonderie, forgeage), puis la rhéologie des polymères. Sont abordés ensuite les aspects microstructuraux : endommagement des matériaux hétérogènes, problèmes d'échelle (relations micro/macro) et de cristallisation des polymères. Enfin, vient la tribologie de la mise en forme, c'est-à-dire l'art de gérer au mieux les contacts entre outil et produit (en laminage et en emboutissage). Une occasion exceptionnelle de survoler en 300 pages l'état actuel d'une recherche multidisciplinaire dans le domaine de la mise en forme des matériaux.
L'étude du travail des designers prend place dans une interrogation générale qui vise le travail de construction nécessaire pour que la situation de marché apparaisse. Les designers, obligés de réaliser physiquement l'objet et d'anticiper sur un marché futur, sont particulièrement intéressants pour qui veut comprendre les mécanismes complexes de l'incorporation de la demande dans les produits. Le design est pris dans des définitions divergentes. Mais les designers partagent une définition commune de leur travail : celle d'une articulation entre l'usager et l'objet. C'est à ce titre qu'ils sont étudiés, comme sociologues de l'usage. Trois équipes de designers industriels, choisies pour la complémentarité de leur conception du design et de leur cadre de travail ont été suivies. L'étude de leurs pratiques, de leurs modes d'organisation et des techniques de représentation utilisées a dégagé les modalités possibles d'une anticipation de l'usage. Par opposition au marketing, les designers sont soumis à une contrainte pressante : leur tâche de " réalisation " de l'objet souligne tout ce que l'objet comporte d'indéterminé par rapport à un cahier des charges idéal portant les desiderata de la demande. Cette indétermination impose la nécessaire condensation de ses dimensions esthétiques, techniques, fonctionnelles, marchandes. C'est ce moment indécis où l'objet prend forme, qui refait surgir des esquisses la pluralité des solutions possibles, et l'indétermination structurelle de l'offre par rapport à la demande.