A l'évidence, vous ne me répondrez pas... Elle lui écrit. Mais écrire, donne-t-il existence à l'autre ou plus précisément à soi-même ? Il ne répond pas. Doit-on penser qu'il est un être de fiction, qui n'aurait de substance qu'au gré des mots ? S'il ne se manifeste pas, on peut croire cependant qu'il résiste. Elle use en vain à son égard d'un langage tyrannique, il suit sa propre voie, faisant l'oeuvre pas à pas. Ce roman épistolaire a ceci d'original qu'il ne présente pas une correspondance entre différents interlocuteurs, mais nous fait entendre une voix unique, quêtant inlassablement la réponse de l'autre. Ce soliloque tient parfois plus du journal intime que du genre de la lettre. Le statut de l'homme en est rendu problématique : réel, imaginaire... le texte conduit alors une permanente interrogation sur les liens qui unissent le désir de la chair et le désir de la création.
Nombre de pages
196
Date de parution
01/01/2002
Poids
274g
Plus d'informations
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EAN
9782747519908
Titre
À L'ÉVIDENCE VOUS NE ME RÉPONDREZ?
ISBN
2747519902
Auteur
Camet Sylvie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
0
Poids
274
Date de parution
20020101
Nombre de pages
196,00 €
Disponibilité
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Un scénario classique du début du vingtième siècle permet que le protagoniste assiste à son propre enterrement (Pirandello, Il fu Mattia Pascal). Ce passage rituel oblige, après la disparition officielle, à tout réinventer. Prenant, comme point de départ, le désir de l'individu de changer de vie, pour tenter de renaître, ou d'exister plus pleinement, l'étude vise à dégager dans le récit un certain nombre de traits qui permettent de comprendre le phénomène de la subjectivation. Le corpus prend en compte des oeuvres françaises (V. Hugo, A. Dumas), italiennes, germaniques (A. Lernet Holenia ; E. Kreuder), anglo-américaines (R. Wright ; H.G. Wells), scandinaves (A. Sandemose), dans lesquelles le personnage relègue son passé à l'oubli, s'invente une nouvelle histoire, et joue perpétuellement un rôle. Son action conduit à une réflexion sur le statut du comédien. Cette existence dédoublée n'est pas une existence démultipliée mais l'expérience d'un lent suicide. La thématique abordée n'est pas sans provoquer souvent des effets de mise en abyme : qu'un personnage se construise comme personnage, n'est-ce pas en miroir une activité d'écrivain ? Le protagoniste en passe par toutes les étapes de la création, réfléchissant au nom qu'il pourrait se donner, à l'histoire qu'il pourrait se tisser, au milieu dans lequel il pourrait se glisser, comme s'il se substituait au narrateur et prenait en charge son invention même.Sylvie Carnet est habilitée à diriger des recherches en littérature générale et comparée, elle a publié des études littéraires (Parenté et création, éd. L'Harmattan, Le tragique quotidien, éd. A. Colin), esthétiques (Tableau de l'Homme Nu, Essai sur Richard Lindner, éd. Complicités), et contribué au Dictionnaire mondial des littératures (éd. Hachette) pour le domaine scandinave.
Résister. Aux duretés, aux humiliations, aux brutalités, aux pouvoirs institués ou usurpés. C'est vivre. Ces situations empruntent à une histoire ce qui fait l'histoire de chacun, une lutte infatigable âpre ou amère, avec ses victoires dérisoires et ses éclats de joie précaire. Au fond de chaque portrait s'écrit le portrait littéraire des existences en suspens.
Ecrivaine, ayant incarné les combats féministes de la seconde moitié du XXe siècle, rédigé des livres, participé à la création du magazine F, traduit des oeuvres de l'anglais, donné des conférences à travers le monde, enseigné le latin, lutté contre les mutilations génitales féminines, défendu le droit à mourir dans la dignité, c'est tout cela que concentre le nom de Benoîte Groult. Cette énergie inlassable qu'exprime un style alerte, incisif, tout imprégné du réel, a porté l'auteure en tête des ventes durant des décennies. Cette popularité n'avait pas trouvé jusqu'alors à s'immiscer vraiment dans le champ des études universitaires, ce qu'accomplit cet ouvrage collectif, nouant pour la première fois des analyses portant sur des essais comme Ainsi soit-elle, des romans comme La Part des choses, La Touche étoile, ou des textes autobiographiques tels que Le Journal à quatre mains. S'appuyant en outre sur des manuscrits inédits, comportant une interview exclusive, des photographies poétiques, cette synthèse met en évidence une vie d'attention continuelle à un monde qui fait rêver, parfois, mais crier, souvent.