LA SCIENCE ET SES RESEAUX. Genèse et circulation des faits scientifiques
Callon Michel
LA DECOUVERTE
13,57 €
Epuisé
EAN :9782707118080
Comment les scientifiques, retranchés dans leurs laboratoires, parviennent-ils à susciter de l'intérêt ou à créer une demande pour les connaissances ésotériques qu'ils produisent ? Quelles sont les relations entre le contenu de la science et les contextes socio-économiques au sein desquels elle se développe ? Ces questions agitent depuis longtemps la sociologie des connaissances et la philosophie des sciences. Les réponses apportées jusqu'ici ont oscillé entre deux positions aussi extrêmes qu'irréductibles : l'internalisme qui affirme l'autonomie radicale des sciences, l'externalisme qui, à l'inverse, s'emploie à les dissoudre dans les sociétés qui les produisent. Pour sortir de cette opposition stérile, il a fallu enquêter dans les laboratoires, et étudier dans le détail comment les chercheurs fabriquent tout à la fois des connaissances sur la nature et une société prête à s'en saisir. En montrant que les scientifiques sont d'infatigables constructeurs tic réseaux, les études rassemblées dans ce livre contribuent à imposer une image radicalement nouvelle de la dynamique scientifique et de sa contribution au développement économique et social. Les chercheurs mis en scène ici sont saisis sur le vif et appartiennent à des domaines très variés (physiciens, biologistes, chimistes, ... ). Tous, qu'ils soient obscurs ou célèbres, mêlent en permanence nature et société et n'ont que deux obsessions : produire des connaissances qui résistent durablement aux controverses ; construire un environnement favorable peuplé d'acteurs intéressés par ces connaissances. Ce livre, qui aide à comprendre l'étonnante puissance de la science, sera utile non seulement aux scientifiques, mais également à tous ceux qui s'interrogent sur le rôle qu'elle joue dans la vie économique et sociale et sur la possibilité d'en maîtriser ou d'en orienter le cours.
Nombre de pages
214
Date de parution
24/01/1989
Poids
270g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782707118080
Titre
LA SCIENCE ET SES RESEAUX. Genèse et circulation des faits scientifiques
Auteur
Callon Michel
Editeur
LA DECOUVERTE
Largeur
136
Poids
270
Date de parution
19890124
Nombre de pages
214,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Qu'est-ce que le marché? Depuis une quinzaine d'années, Michel Callon et les chercheurs du centre de sociologie de l'innovation (CSI) de l'école des mines se penchent sur cette question si peu discutée par les recherches en économie ; ils l'interrogent dans le prolongement des travaux qu'ils menaient autour de la sociologie de la traduction, dite encore théorie de l'acteur-réseau (ou Actor-Network Theory). Ces nouveaux travaux se caractérisent par l'attention accordée à l'ensemble des acteurs concernés par la formation des marchés, au rôle central des dispositifs techniques et des savoirs scientifiques, à l'importance des pratiques d'expérimentation et au processus de qualification des biens et des services. L'ouvrage présente une sélection de textes importants qui ont servi de jalons à cette réflexion collective et qui sont toujours d'actualité. Il se clôt par un texte original et fondamental de Michel Callon qui explore un nouveau concept, l'agencement marchand ; il propose de le substituer à celui de marché-interface pour rendre compte de l'ensemble des activités et processus désormais au coeur de l'action marchande.
Quoi apparemment de plus simple que le " marché " ? N'est-ce pas tout simplement le lieu où une " offre " rencontre une " demande ", aboutissant très logiquement à la fixation d'un prix ? C'est à cette simplicité trompeuse que ce livre s'attaque à partir d'une multitude d'exemples pris dans des domaines très variés : depuis la finance, l'énergie, l'alimentation, l'immobilier, les jeux de hasard, jusqu'à santé, aux pompes funèbres, à la grande distribution, au commerce électronique, à la télévision, au réchauffement climatique. On s'aperçoit vite de la formidable ambigüité de la notion de " marché " : elle passe sous silence l'ensemble des dispositifs matériels, la multitude des opérations accomplies par des professionnels mobilisés en amont pour qu'une " chose " soit, après d'immenses efforts, transmutée progressivement en " marchandise ". Elle oublie le processus qui met les biens en circulation aboutissant ? ce qui n'est jamais acquis ? à les rendre indispensables à ceux qui vont les acquérir, moyennant paiement monétaire. Contrairement à ce qui est généralement supposé, ni les biens ni les gens ne sont déjà-là ne demandant qu'à entrer en relation les uns avec les autres. Grâce à ce livre, on suit l'histoire passionnante des activités marchandes depuis la conception, en amont, des biens, les activités de recherche et développement qui sont indispensables, jusqu'à la vie de l'objet devenu marchandise dans la sphère de la consommation. On est loin d'une simple confrontation entre offres et demandes. Mais si on s'attache à toutes ces activités de cadrage on pourra aussi déterminer les prises dont les agents pourront se saisir pour les transformer. Alors que devant ce qui était présenté comme " le marché ", chacun se sentait impuissant, les " agencements marchands " de Michel Callon redonnent des possibilités d'agir, de transformer, de ne pas se soumettre.
«Il avait, chevillée au corps, l'ambition d'inventer une philosophie qui puisse dire quelque chose d'articulé sur la science en train de se faire, sur ses pratiques et sur ce qu'on appelle la vérité scientifique. »
Ce volume rassemble quelques-unes des meilleures études publiées en langue anglaise au cours des quinze dernières années et a pour but de présenter des faits scientifiques analysés en détail par des sociologues et des historiens qui n'établissent a priori aucune frontière infranchissable entre les facteurs sociaux et cognitifs. On peut soit débattre de la légitimité d'une sociologie des connaissances scientifiques, soit la faire. Ce volume prouve le mouvement en marche. Il rassemble quelques-unes des meilleures études publiées en langue anglaise au cours des quinze dernières années et a pour but de présenter des faits scientifiques analysés en détail par des sociologues et des historiens qui n'établissent a priori aucune frontière infranchissable entre les facteurs sociaux et cognitifs. Contrairement à la littérature épistémologique qui ignore tout du fonctionnement technique et social des sciences, et contrairement à la littérature sociologique qui fait généralement l'impasse sur les contenus scientifiques, de nombreuses études existent en anglais qui proposent une autre façon de parler des sciences. Elles mettent en scène des acteurs sociaux - scientifiques ou autres - qui construisent à chauds des connaissances, dont certaines finissent par s'imposer. En suivant les controverses, les conflits d'interprétation, les doutes, les coups de force, on assiste à l'élaboration de connaissance qui, une fois acceptées, font oublier les conditions de leur production. On se convainc progressivement que pour apprécier la science faite, pour comprendre pourquoi elle se répand irrésistiblement, il faut étudier la science en train de se faire. Ces études, déjà publiées pour la plupart en tirage limité par l'association Pandore, sont à nouveau disponibles. Elles ont été enrichies d'une longue présentation, où Michel Callon et Bruno Latour (Centre de sociologie de l'innovation, École nationale supérieure des mines de Paris) les restituent par rapport aux travaux de ces dernières années, pour souligner leur actualité et montrer le rôle qu'elles ont joué dans le renouveau des travaux consacrés aux rapports entre les sciences, les techniques et les sociétés.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.