Pascal Quignard ou Les leçons de ténèbres de la littérature
Calle-Gruber Mireille
GALILEE
20,00 €
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EAN :9782718609775
La grande pureté et la transparence de l'air, qui sont une des causes de l'intensité de la couleur bleue du ciel, produisent vers le haut du mont Blanc un singulier phénomène : c'est que l'on peut y voir les étoiles en plein jour ; mais pour cela, il faut être entièrement à l'ombre et voir même, au-dessus de sa tête, une épaisseur d'ombre considérable. L'endroit convenable pour faire cette observation le matin était la montée qui conduit à l'épaule du mont Blanc" (Horace-Bénédict de Saussure). Qu'est-ce qui, pour chaque oeuvre littéraire, fait épaule à l'obscurité considérable qui sera porteuse d'éblouissants étoilements ? D'émotions sans pareil ? Pour Pascal Quignard, écrivain nyctalope qui cherche les secrets du passage au noir, la littérature est cette technique ténébreuse qui fait venir le rêve et éclaire le monde de la beauté de ses images à contre-jour à contre-nuit. Ce livre, qui est une écriture adressée à une écriture, s'efforce de faire et de transmettre l'expérience intime du texte. De se faire l'écho de ce lieu où accueillir les traits de ce qui cherche obscurément à donner naissance aux mystères des origines et des fins. A cela qui appelle. Qui, décidément, s'appelle : littérature.
Commandé avant 16h, livré demain
Nombre de pages
190
Date de parution
25/10/2018
Poids
382g
Largeur
150mm
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EAN
9782718609775
Titre
Pascal Quignard ou Les leçons de ténèbres de la littérature
Auteur
Calle-Gruber Mireille
Editeur
GALILEE
Largeur
150
Poids
382
Date de parution
20181025
Nombre de pages
190,00 €
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Aller aux mystères de la scène du livre, aux temps de l'A. ant, de son avènement, de son effacement, écrire la joie d'aller à l'écriture, de se laisser aller à la joie qu'il y ait de quoi écrire : Hélène Cixous est dans cette enjambée qui la tient à tous les âges du récit. Au comble de l'écriture. Car l'écrivain est à la fois dans le trait - bête de trait au labour du texte - et au point d'illumination où il arrive qu'on ose oser, où il est donné d'oser écrire. Le livre est alors la fragile embarcation de traversées vouées à l'inconnu ; l'intrigue, ce sont les menées de la langue lorsqu'elle prend par les racines, fait des rejetons, des combinaisons, révélant nos théâtres intimes les plus enfouis. Nos gisants. Tout est langue : là est le territoire où opérer. Ecrire où ça vibre. Dans la veine du devenir. En prenant le parti de la créature et de la création, le livre inscrit la topologie d'un auteur-fantômes. A l'œuvre, Hélène Cixous veille à déconstruire aussi bien les prisons du moi que les prises d'auteur ; à délivrer aux lecteurs un visa pour l'inconnu-soi. L'" Auteur ", ni auctorial ni autoritaire, est le site des revenants et des partants. Il donne jour, donne vie, donne lieux à naissances. Du café à l'éternité dit tout cela : l'infime et le sublime de l'être-au-monde. Et ces traversées dans l'œuvre cixousienne s'efforcent de désarmer la lecture, de lui donner les moyens de l'accueil. L'envol. Un double dispositif, par suite, s'est imposé, qui permet de jouer des distances. L'analyse procède tantôt avec la longue-vue tantôt à l'aide de la loupe, alternant des plages d'essais interprétant les motifs majeurs de l'œuvre, et des passages du texte au crible d'un déchiffrement mot à mot. Ce trajet à deux vitesses a semblé le plus apte à rendre compte de la perpétuelle accommodation qui requiert 1'œi1 de la lecture. Car celle qui écrit est plurielle ; l'écriture de ses voyages est moins métaphore que phosphore : porteuse de lumière, de feu.
Tombeau d'Akhnaton entrelace en douze scansions - telles les douze portes de la nuit dans le Livre des morts de l'ancienne Egypte -, un récit doublement archéologique celui d'Akhnaton avec son épouse Néfertiti, le Pharaon hérétique et visionnaire, architecte de la cité solaire ; et celui d'une généalogie de femmes de la vie ordinaire, en France, dans les événements du XXe siècle, historiques ou personnels. Récit de l'impossible, l'on y voit que le Livre est le seul tombeau où recueillir les traces du Pharaon sans tombeau et maudit ; et où garder mémoire des mères-aïeules de la narration que le mystère des albums de famille retient à des années-lumière. Il faut aller loin pour trouver la langue qui approche le plus près de soi : au vif de la perte des êtres aimés. Avec l'écriture - " comme un désir de femme, immortelle et qui va ".
Les textes de ce volume s'attachent au rapport de la philosophie avec la littérature et les arts, au travail de la langue et des langues, ainsi qu'à la lecture, proposée par Derrida, de certaines grandes oeuvres littéraires, en particulier celles de Ponge, Leiris, Genet, Jabès, ou d'oeuvres plastiques, telles celles de Valerio Adami ou de Simon Hantaï. La philosophie est ainsi conduite à reconsidérer la démarche autobiographique, les liens au judaïsme, la problématique du genre et des différences sexuelles, la question du nom; autant de lieux où se rejoue sans fin l'exercice de la déconstruction. La « distance généreuse » c'est l'espace entre la pensée et l'écriture qui offre au mouvement de la pensée des ressources inépuisables et à la langue, des voies nouvelles. Biographie de l'auteur Mireille Calle-Gruben; professeur à l'Université La Sorbonne nouvelle ? Paris III, dirige la publication des ?uvres complètes de Michel Butor à La Différence. Elle est l'auteur de plusieurs ouvrages de fiction: Arabesque (1985), La Division de l'intérieur (1996), Midis. Scènes aux bords de l'oubli (2000) et Tombeau d'Akhnaton (2006).
« Et si le mot était ?consolation?: la recherche d?une forme où consoler l?inconsolable ». Une voix explore ce qu?elle ne connaît pas, tente de nommer ce qu?elle ne peut connaître que de biais, par des bribes, traces, inscriptions et fragments; récits ou peintures; qu?ont laissés d?autres vivants. Qui cherche-t-elle? Un homme venu d?Europe orientale, fuyant les pogroms, parlant une langue qu?elle ne comprend pas. Elle ne peut se le représenter que par des reflets, des échos, mendier dans les récits d?autrui une histoire possible: «... le peintre du nord, arrêté durant la nuit du 20 juin 1944 dans la cité des Flandres, déporté avec le dernier convoi? » ou « ? l?écrivain du sud dont l??uvre jeune a débuté juste avant la déclaration de guerre? échappé au convoi, passé à la clandestinit?.La voix des morts, dit-elle, dans ce livre-abîme, ne vit pour nous qu?entre tableaux et romans. Récit, quête de soi, plongée en apnée dans le langage. Célébration de la création ? seule consolation à l?existence. Livre magnifique où prose et poésie s?enchâssent pour atteindre l?impossible récit.