La confrontation des portraits en noir et blanc et des autels Vodoun photographiés en couleur, réalisés au Bénin, nous font rentrer de plein pied dans ce monde fascinant.Les Vodounons sont les grands initiés de la religion Vodoun. Chacun d'eux est relié à un ou plusieurs Vodoun dont il est l'officiant et le gardien. Chaque Vodoun, même s'il garde le mêmenom, peut revêtir des apparences ou des formes différentes.Le Vodoun, originaire du Dahomey (appelé aujourd'hui Bénin), remonte à la nuit des temps et relève de la plus haute initiation des temps passés. Il se définit par l'adhésion à une certaine idéede la divinité, à une certaine compréhension du concept de Dieu. La théologie Vodoun possède une double face. D'une part, un aspect exotérique, constitué de croyances et légendes livrées aux masses, lesquelles, spirituellement peu développées, ne peuvent accéder à la vérité. D'autre part,un aspect ésotérique, destiné aux initiés, qui ont atteint la maturité nécessaire à la réalisation de dieu en soi. Cette vision n'est cependant pas moins qu'une apparence trompeuse, car les véritables adeptes ne lèguent leur science qu'à travers le langage symbolique, et n'y font que quelques allusions, parfois très laconiques, de telle manière que si elle tombe par hasard dans les mains d'un profane, elle demeurera incompréhensible, illogique, inopérante et, par conséquent, il n'en retirera aucun bénéfice.Le travail de Jean-Dominique Burton présenté dans cet ouvrage est avant tout une série de rencontres et d'échanges, il montre avec humilité ce qui se cache derrière ce « voile d'Isis » délicatement soulevé, il ouvre la voie aux mystères et donnera à beaucoup de passionnés, l'envied'en poursuivre la quête.
Les chasseurs Nagô du Royaume de Bantè, fondé au XIVe siècle, forment une confrérie placée sous l'autorité d'un roi traditionnel. Le Royaume est situé au coeur du Bénin dans la Forêt de Bantè, région des collines. Chacun des vingt-sept villages composant le Royaume possède des chefs chasseurs. Aux dépens de la chasse au grand gibier, aujourd'hui abandonnée, les chasseurs se sont mués en acteurs essentiels de la préservation de leur environnement : par la défense de la Forêt d'une part, par la protection de leur culture d'autre part. Dépositaires d'une tradition intimement liée à leur environnement, ils détiennent notamment une connaissance exceptionnelle de traitements à base de plantes médicinales. Après vingt-cinq années de photographie dédiée à l'Asie, Jean- Dominique Burton parcourt l'Afrique depuis le début des années 2000. Il en dévoile la richesse des civilisations et la beauté du patrimoine. Dès le début, l'ensemble de ses projets africains est soutenu par la Fondation Zinsou, rejoint récemment par la Fondation George Arthur Forrest, et révèle un regard résolument positif sur l'Afrique.
Aussi loin que je me souvienne, le Musée royal de l'Afrique centrale a toujours fait partie de mon univers. Il me semblait indispensable de réaliser un travail de mémoire, un relevé par l'image des traces de notre passé colonial avant les grands travaux de rénovation de 2010. Mon regard est celui d'un visiteur qui l'a parcouru depuis une quarantaine d'années en gardant sa vision d'enfant. (...) Des images de masques, de statues, d'animaux et de pirogues reviennent inlassablement sous le regard perçant de l'homme-léopard. Jean-Dominique Burton. Avec 100 photographies en noir et blanc, à pleine page: statues animalières, pirogues, défenses et bois, animaux empaillés, masques, peintures, sagaies et boucliers, dioramas rétro et dramatiques, papillons épinglés, serpents en bocaux depuis 1937 et... l'homme-léopard. Le Musée royal de l'Afrique centrale est une commande du roi Léopold II à l'architecte Charles Girault. Il fut inauguré en 1910..Repères biographiques
A travers ses photographies de Porto-Novo, capitale de la république du Bénin, Jean-Dominique Burton nous révèle une cité porteuse d'histoire et porteuse d'avenir. L'archéologie d'une ville se trouve soit dans les murs, soit dans le souvenir. Les deux s'entretiennent. Les murs se préservent, se relèvent, se conservent. Les souvenirs se transmettent par la mémoire des familles, par les conteurs, les légendes. Partir à la découverte de Porto-Novo, à la suite de Jean-Dominique Burton, c'est percevoir aussi bien l'urgence de cette mémoire à conserver, que la modernité de cette vie qui enfle et évolue. Cette réalité contemporaine c'est celle d'une ville africaine qui se développe et qui prépare ses lendemains baignée dans une histoire riche de ses contrastes. Dans cent ans, Porto-Novo sera une ville ultra moderne uniquement si son histoire et son identité sont préservées. Ce témoignage en image nous donne à voir toute la vie, la force et la beauté sur laquelle il lui faudra veiller.
A moins de trente ans, Félix Vallotton (1865-1925) accède à une notoriété internationale comme rénovateur de la gravure sur bois. Lié d'amitié avec Vuillard, Bonnard et Maurice Denis, il rejoint le groupe des nabis. Après 1899, il concentre son activité sur la peinture dont il explore tous les genres : nu, paysage, nature morte, portrait et peinture d'histoire sous la forme mythologique ou allégorique. Farouchement indépendant, il élabore en quelques années un style à nul autre pareil, nourri du langage synthétique de ses gravures, de l'influence des maîtres japonais de l'estampe et de prédécesseurs illustres tels que Poussin, Rembrandt ou Ingres. Cet ouvrage retrace le parcours de Félix Vallotton en faisant revivre un artiste aux multiples talents.
Cet ouvrage passe en revue les diverses formes d'art propres aux 15 à 20 millions d'Igbo qui vivent dans la partie sud-est du Nigeria, en s'intéressant tout particulièrement aux réalisations du XXe siècle, sans oublier toutefois les bronzes et les céramiques des IXe et Xe siècles retrouvés sur trois sites d'Igbo-Ukwu habités par une même famille. Certains aspects de ces pièces archéologiques se retrouvent à l'identique dans des oeuvres d'art exécutées dix siècles plus tard. L'accent est mis sur les divers styles régionaux de sculptures figuratives, dont certaines plus grandes que nature, et des styles encore plus nombreux de masques provenant d'une bonne dizaine de régions, qui ne sont pas de simples formes, mais des instruments porteurs d'une intense signification pour la vie religieuse, sociale et politique. Le style et le contexte de ces arts sont étudiés avec attention, de même que la place qu'ils occupent dans le système esthétique international et le rôle des artistes et des mécènes. L'ouvrage examine les arts associés aux personnes, aux familles et aux communautés tout entières : décoration privée, objets domestiques, objets associés à la divination, formes architecturales, emblèmes de pouvoir, statuettes de culte, autels personnels et publics, et un vaste échantillon de plusieurs milliers de masques, qui représentent sans doute la quintessence de l'art igbo. Le livre s'achève sur une analyse des changements, de la concurrence et des développements intervenus dans le domaine des arts africains au cours du siècle dernier.