Un Album Georges Perec est un album singulier, tant la rencontre avec le monde des illustrations, des dessins, des tracés, des photos a été essentielle pour lui. "Regarde de tous tes yeux, regarde" nous disent Jules Verne et Perec réunis à l'ouverture de La Vie mode d'emploi. Alors, lecteur, regarde, laisse ton oeil errer. Cet album fait défiler toutes sortes d'images de celui qui a dit, reprenant des mots d'Henri Michaux, "j'écris pour me parcourir". Sa trajectoire de vie et son programme d'écriture se superposent. Il est passionnant de s'y laisser conduire, au gré des mots de Perec, des photos qui lui ont servi d'ancrage, des représentations qu'il a privilégiées. Son univers est un imagier dont on a cherché à présenter la diversité et la richesse. D'abord en se laissant capter par la diversité des expressions de cet homme tant de fois photographié, filmé, représenté : sans barbe, avec barbe, parfois grave, plus souvent rayonnant, en contact avec qui l'observe par une malice ou un sourire dans les yeux. Perec aimait être entouré. D'où la présence des visages de celles et ceux avec lesquels sa vie s'est entrecroisée : les amitiés essentielles de sa jeunesse, la confrérie des Oulipiens, les cinéastes avec lesquels il a travaillé... Ses premières années furent sous le signe de la perte : de ses parents, de leur souvenir, de sa propre mémoire. Cela l'a rendu un interrogateur obstiné des traces, des signes, de tout ce qui, sous nos yeux, subsiste et rappelle. De Belleville au Vercors, de Paris à New York, les lieux ont nourri son imaginaire, propulsé sa réflexion, édifié sa mémoire. Une part de son oeuvre est le "journal" intermittent d'un "usager de l'espace", questionnant nos murs et nos moeurs, incitant à percevoir autrement ce qui donne forme à notre vie quotidienne. Un parcours dans les paysages, pages et parages de Perec, c'est un trajet plein d'inattendus, de clins d'oeil facétieux, de règles de jeu et de façons de leur échapper, d'énigmes diversement déchiffrables - le tout inextricablement mêlé aux souvenirs des tragédies originelles. De cette constellation de signes aux lumières divergentes, d'étoilements qui se relaient, de tonalités multiples, cet album a essayé de rendre compte", Claude Burgelin.
Date de parution
10/05/2017
Poids
300g
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782070197521
Titre
Album pleiade Georges Perec
Auteur
Burgelin Claude
Editeur
Gallimard
Largeur
0
Poids
300
Date de parution
20170510
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
"J'adorais les surprises". Sartre en fait une de taille à ses lecteurs quand, à l'automne 1963 (en livraisons successives dans Les Temps modernes), puis en janvier 1964 (parution du livre), il publie Les Mots. Depuis plusieurs années, Sartre est alors plus philosophe engagé que jamais. La guerre d'Algérie (1954-1962) et les luttes tiers-mondistes ont fait de lui la figure symbolique de l'intellectuel militant. En ce début des années soixante, il semble avant tout préoccupé de fonder une philosophie qui relie les préoccupations existentialistes et les exigences méthodologiques du marxisme. Apparemment, Les Mots représentent donc un étonnant pas de côté. Au résultat paradoxal : le philosophe guerrier haï par une bonne part de l'opinion fait ici l'unanimité. Du Tout-Paris à la planète entière (c'est en 1964 qu'il obtient le prix Nobel), on salue unanimement la réussite des Mots". Claude Burgelin.
L'?uvre de Marguerite Duras est une exploration erratique et obstinée, sans cesse reprise et déplacée, des possibilités de la représentation, de la matière textuelle ou filmique jusqu'aux pouvoirs du hors-texte ou du hors-image. Gagnant à sa manière du terrain sur les étendues noires ou blanches de l'irreprésentable, osant risquer des barrages là même où il semblait impossible de les placer, elle a su ne jamais trouver le lieu ni la formule. Son parcours fait d'avancées et de retraits, de ruptures et de recommencements, ignore l'installation dans un genre ou une forme. Détruire, dit-elle. Telle est la matière sans cadre ni clôture, le flux vivant aux rives incertaines, que les auteurs réunis dans ce livre s'efforcent d'explorer. Ils pensent que, disparu le personnage de pythie pensive et impérieuse, est venu le temps du retour aux textes, aux films - d'en mesurer l'inventivité ou la radicalité, d'en saluer la force, d'en dire la beauté.
En retraçant les relations de défi et de complicité de Perec à l'égard de la psychanalyse, Claude Burgelin a écrit un véritable " roman analytique ". Voici Perec relu à partir des questions qu'il pose à la psychanalyse et des tournants qu'elle a fait prendre à son ?uvre. L'auteur de La Vie mode d'emploi s'est servi des procédures et outils freudiens comme d'autant de matériaux pour un autoportrait singulièrement original. Le lecteur en retour à regarder de tous ses yeux, à accommoder autrement sa vision - et à entendre ce qui cherche à se dire sous tant d'histoires de puzzles, de masques et de trompe-l'?il.
« Il serait lui-même dans son tableau, dans sa chambre, presque tout en haut à droite, comme une petite araignée attentive tissant sa toile scintillante, debout, à côté de son tableau, sa palette à la main, avec sa longue blouse grise toute tachée de peinture et son écharpe violette ». Georges Perec
Je crois que certains êtres ne nous quittent pas, même quand ils meurent. Ils disparaissent, or ils sont là. Ils n'existent plus, or ils rôdent, parlant à travers nous, riant, rêvant nos rêves. De même, quand on pense les avoir oubliés, certains lieux ne nous quittent pas. Ils nous habitent, nous hantent, au point que je ne suis pas loin de croire que ce sont eux qui écrivent nos vies. La Haute-Folie est un de ces lieux. Toute notre histoire tient dans son nom". Haute-Folie raconte la vie de Josef, un homme dont la famille a été frappée, alors qu'il venait de naître, par une série de drames qui ne lui ont jamais été rapportés. Peut-on être en paix en ignorant tout de sa lignée ? Où chercher la sagesse quand un feu intérieur nous dévore ? Qu'est-ce que la folie, sinon le pays des souffrances qui n'ont nulle part où aller ? Servi par un style fulgurant, ce roman cruel et lumineux explore la marginalité et les malédictions qui touchent ceux dont l'histoire est ensevelie sous le silence.