Dans la crise sanitaire, économique, sociale et morale qui ébranle le monde depuis janvier 2020, à travers la pandémie du coronavirus, la ville n'a jamais cessé de jouer des rôles ambigus. Partie de Wuhan, capitale de la province du Hubei, emblématique de l'ouverture de la Chine, la maladie est immédiatement associée aux pratiques les plus traditionnelles de commercialisation d'animaux sauvages sur les marchés urbains. Quand la contagion gagne, on hésite entre les logiques des grands flux internationaux des hommes et des choses reliant les zones métropolisées de la planète, et des clusters aléatoires dans des aires de faible occupation démographique. De même, les classiques de la ville sont convoqués sur des modes contradictoires. La densité de l'habitat dans les métropoles est dénoncée, et même fuie. Mais on lui reconnaît des mérites d'efficacité en termes d'accès aux soins, d'innovation ou de défense de l'environnement. L'activité, nécessaire au maintien des niveaux de vie, doit se convertir au télétravail. La mobilité hésite, au grand dam de l'écologie, entre les moyens doux (marche, vélo) et le retour à la voiture individuelle, plus secure que les transports collectifs. La culture, au coeur de la Cité depuis l'Antiquité, mais nécessitant lieux dédiés et proximité spatiale, est mise en pause. En fait, la crise révèle et exacerbe les fractures structurelles de sociétés de plus en plus urbaines. Les témoignages ici réunis additionnent les points de vue de chercheurs en sciences sociales, d'aménageurs, d'élus, et des analyses nationales confrontées à des ouvertures étrangères. Ils s'essaient à transformer le kaléidoscope des faits en reconstructions intelligibles des dimensions spatiales du biologique et du politique.
Nombre de pages
248
Date de parution
17/06/2021
Poids
400g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782811128654
Auteur
Burgel Guy
Editeur
KARTHALA
Largeur
160
Date de parution
20210617
Nombre de pages
248,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
On a longtemps pensé que l'ère des villes était close: victimes de la postmodernité et de la fin de l'industrialisation, rendues caduques par l'avènement de la communication en réseaux, supplantées par la souplesse des flux. Notre époque est au contraire celle de la revanche des villes: non seulement les villes persistent, mais elles renforcent leur identité et leur emprise. Plus que jamais s'impose une nouvelle civilisation urbaine: il y avait 800 millions d'urbains en 1950, 5 milliards sont prévus en 2030. La ville est bien l'un des acteurs majeurs de la mondialisation le développement de l'emploi, l'équilibre social résidentiel, la sécurité des habitants, la gestion des mobilités, la sauvegarde de l'environnement s'affirment comme dés objectifs communs à toutes les grandes villes contemporaines, du Nord comme du Sud. Comment dès lors parvenir à un gouvernement de la ville qui puisse assumer ces défis tout en faisant droit à une exigence démocratique renouvelée... Biographie de l'auteur Guy Burgel est professeur à l'université de Paris X-Nanterre, directeur de laboratoire de géographie urbaine et éditeur de la revue Villes en parallèles. Il a publié en "Pluriel" La Ville aujourd'hui (1993) et contribué au Seuil à L'Histoire de la France urbaine (2001) et L'Histoire de l'Europe urbaine (2003).
Ces Questions urbaines ne sont pas seulement des préoccupations académiques, ce sont des interpellations du citoyen et de la communauté nationale. La ville devient un prétexte pour s'interroger sur l'avenir de la société tout entière. Solutions sectorielles ou réévaluations des principes de la nation ? Initiatives individuelles et locales ou réformes des institutions ? Mesures d'urgence immédiates ou traitements de fond ? L'espace et le temps sont observés, et finalement le lien qui rend cohérents un peuple et son territoire. En quelques décennies, la ville est devenue ce que la terre a été pendant des millénaires pour les civilisations agricoles : une source de vie et une reconnaissance d'identité. Ne pas la mettre au centre du débat politique est une erreur historique tragique. Le livre s'adresse aussi bien au spécialiste qu'à l'habitant et à l'élu qui s'intéressent à la ville contemporaine.
Emblématique et singulière, et si l'Athènes contemporaine était simplement exemplaire. Certes, avec l'Acropole et le Parthénon, le soleil et la mer, la capitale de la Grèce symbolise la ville de toujours et l'attirance irrésistible pour irrésistible pour la Méditerranée. Mais cette région urbaine de 4 millions d'habitants est aussi une ville nouvelle : refondée au XIXe siècle en même temps que l'Etat national, c'est à la mesure du vieux continent une Brasilla européenne. En cela, elle représente tout ce que l'urbanisation actuelle porte : le mythe et le gigantisme, le patrimoine et la modernité, le local et le mondial. C'est le sens de ce nouveau miracle athénien.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.