Quels sont les liens, les corrélations entre les concepts de précarité voire de précarisation avec les processus socio-langagiers attestés de mise à distance ? Dans quelle mesure la compréhension sociolinguistique des espaces urbains construits comme marginaux, relégués, populaires et finalement systématiquement marqués par un plurilinguisme négatif et stigmatisant permet-elle de concevoir les dynamiques de différenciation identitaire dans un contexte global de mobilité ? Ce volume tente de répondre à ces questions par la confrontation des disciplines, des approches, des théories et des terrains urbains (Cameroun, Algérie, Canada, République tchèque, Espagne, France). Pour autant, si le concept de précarité langagière y est centralement interrogé, il n'y est pas perçu comme transférable à toutes les situations urbaines façonnées par l'urbanisation sociolinguistique ; il permet cependant d'approcher la multipolarisation des espaces de référence en lien avec les faits patents de confinement linguistique de populations certes mises en mots comme populaires mais surtout marquées par des pratiques plurilingues discriminantes. Inscrit dans les débats concernant une sociolinguistique urbaine posant l'intervention comme centrale, il constitue un moment essentiel et émergent de l'équipement terminologique et actionnel du champ de recherche.
Nombre de pages
187
Date de parution
23/05/2014
Poids
315g
Largeur
155mm
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EAN
9782343036335
Titre
Diasporisations sociolinguistiques et précarités. Discrimination(s) et mobilité(s)
Variété de la langue normande, le cauchois est une langue qui se parle, qui se dit, qui se pratique. C'est ce que montrent les enquêtes de terrain dont La langue vivante expose et commente les résultats en regard avec les données officielles les plus récentes. Aujourd'hui, bon nombre de jeunes et moins jeunes Cauchois ont en effet et un discours identitaire affirmé et des compétences linguistiques attestées. Adressé bien sûr aux sociolinguistes et aux chercheurs attachés à suivre le changement linguistique, l'ouvrage analyse les termes langue, discours, identité, territoire et particulièrement propose une modélisation de la minoration linguistique transposable aux autres langues minorées et minoritaires. Parce qu'il montre que certains Cauchois déclarent une identité bilingue, cet ouvrage intéresse aussi tous les Cauchois qui souhaitent mieux connaître le Pays de Caux, qu'ils parlent ou non le cauchois.
Les crises et les peurs écologiques ont souvent suscité des tentatives de refondation complète de notre système politique, visant à substituer un fondement " écologiste aux idéaux individualistes et humanistes du libéralisme ; mais faute d'en dérouler jusqu'au bout les conséquences théoriques, ces efforts ont plutôt contribué à enfermer la pensée écologiste dans une sorte de ghetto qu'à l'imposer comme alternative crédible. Cet ouvrage propose une approche différente : au lieu de formuler un diagnostic de l'état de la planète, de passer en revue les malheurs du temps, il part d'une analyse de la manière dont notre système politique libéral traite les questions écologiques, et met en évidence les limites " politiques " de ce traitement ; puis il recherche dans les ressources théoriques de la philosophie contemporaine les outils qui pourraient permettre de dépasser ces limites. Cette confrontation entre des pensées normatives qui se présentent comme généralistes, et cet ensemble particulier de problèmes que constituent les crises écologiques, révèle ce qu'il y a de contingent ou de parcellaire dans notre manière de penser les problèmes collectifs - finalement exhibe ce qui manque à nos " normes " communes pour aborder sereinement les questions que nous pose aujourd'hui la " nature ".
Cette livraison des Cahiers Internationaux de Sociolinguistique renvoie à une préoccupation centrale de la sociolinguistique urbaine : faire valoir les tensions, sinon les conflits, non seulement entre les différents groupes sociaux qui occupent et structurent l'espace dit urbain, mais encore la façon dont les individus tentent de concilier leurs habitus de tous ordres avec des contraintes et processus toujours situationnels. Les normes qui sont ici globalement questionnées relèvent des normes identitaires urbanisées et la rupture dont il est question rend compte de la complexité de reconfigurer un espace langagier de référence lorsque celui-ci est fragmenté par la mobilité.