Ce livre est le RECIT - forme qu'il n'est pas inutile de maintenir - d'une vieille histoire : celle d'hommes et de femmes de la nuit qui, souvent, s'approchèrent et quelquefois se connurent. La confidence, la quintessence de ces rencontres trouvèrent à s'exprimer dans deux lieux électifs : DRURY LANE et la 110e RUE qui, des années après, figurent encore la scène vide de leur théâtre où quelqu'un - L'un d'eux ? Eux tous, tour à tour ? - revient parcourir d'invisibles traces et donner libre cours à ces pages d'allées et venues. Ce récit de récits, qui peut aussi se concevoir comme un journal de voyages, présente plusieurs éléments suspects d'être à la mode ou démodés. C'est selon. En effet, il se partage : Entre Paris, Londres, New York et autres villes moins fameuses et prend source chez des marginaux d'une minorité ethnique. Ensuite : La forme emprunte à une série de plagiats et va du roman narratif le plus traditionnel à la traduction approximative en passant par un pseudo-vertige formaliste. Etc. etc. D'autre part : Des concessions inévitables et avouables ont été faites à la rêvasserie des calmes délires des fins d'après-midi ou des fins de nuit, sans qu'il soit possible d'échapper à la nostalgie du surréalisme et à celle de la musique de Charlie Parker. Ce qui a permis, en même temps, un regard en arrière non négligeable sur notre propre bibliothèque rose dont le cycle paraît ainsi se clore. Enfin : On ne sait trop, ici comme ailleurs, QUI parle. Par exemple : le nommé SAUL CHAIM a-t-il écrit LE livre que le récit présent mentionne ? Dans l'affirmative, on a tout loisir de se demander dans quelle mesure ce livre-là n'est pas ce livre-ci. Y. B. (Avril 1971).
Nombre de pages
188
Date de parution
25/01/1972
Poids
210g
Largeur
127mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782246850250
Titre
110e rue à l'Est
Auteur
Buin Yves
Editeur
GRASSET
Largeur
127
Poids
210
Date de parution
19720125
Nombre de pages
188,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
« Pour moi ne comptent que ceux qui sont fous de quelque chose, fous de vivre, fous de parler, fous d'être sauvés, ceux qui veulent tout en même temps, ceux qui ne bâillent jamais, qui ne disent pas de banalités, mais brûlent, brûlent, brûlent comme un feu d'artifice. À vingt ans, un soir de beuverie, Jack Kerouac (1922-1969) déclare à ses amis qu'il sera le « plus grand écrivain du monde ». Il a le projet balzacien et proustien d'une oeuvre dont les séquences seront à ranger sous un label unique. Le sien se nommera Légende de Duluoz et scandera son parcours terrestre partagé entre solitude, désespoir, extase et jubilation, au travers de son Amérique tant aimée et d'une quête divine, car écrire était pour lui une prière adressée à Dieu.
Auteur des Chiens de garde et d'Aden Arabie, Paul Nizan (1905-1940) laisse une oeuvre ineffaçable de polémiste et de romancier. Compagnon de Sartre, il fut au centre d'une génération d'intellectuels marxistes moins connus, tels que Georges Politzer, Georges Friedman, Henri Lefebvre ou Norbert Guterman. Plongeant dans la vie intime mais aussi dans les nombreux réseaux de Nizan tout au long des années 20 et 30, ce livre raconte l'effervescence d'une génération audacieuse et inquiète, confrontée au dilemme entre révolution et totalitarisme. Philosophe communiste exigeant, écrivain engagé dans les luttes sociales, Nizan sera l'un des journalistes les plus lucides de son temps. Vingt ans après sa dernière biographie, explorant les sources récentes de sa vie publique et privée, Yves Buin fait revivre avec talent ce personnage au destin hors du commun fauché à trente-cinq ans par une balle allemande. L'intelligence, la colère et la quête de justice de Nizan nous parlent aujourd'hui, plus que jamais.
Alors que la nuit tombe, dans un bistrot anonyme, un habitué silencieux tient compagnie au narrateur de ce récit, bavard amoureux des mots qui fait surgir d'un long monologue ce qu'il a vu et ce qu'il sait du monde. Il s'intéresse aux gens "ordinaires", autres habitués de ce bistrot, tels que le Vieux, le Fils, la Blonde, le Nègre, le Musicien. La vie de chacun d'entre eux, qui errent d'époque en époque, de ville en ville, se déroule au fil des images, des souvenirs, des rêves...
D'un sommeil à l'autre, du sommeil de Naïma, nue dans une chambre avec Vladimir, au sommeil de Naïma, étendue sur une plage quelque part au bout du monde, cet étrange roman déroule l'aventure de deux êtres - deux amants, dirait-on, si le mot ne paraissait trop usé pour définir cette quête, cette rage qui les tourmente. Ils viennent de loin, d'un passé qui ne nous est pas dit, mais que nous devinons obsédant, d'où émergent encore, de temps à autre, quelques fantômes, tel cet homme aux yeux de sang. Mais ils vont plus loin encore, au-delà des dernières villes, au-delà des dernières campagnes, jusqu'à un désert jamais vu, plein de " coulées géantes, graves, avec des gorges volontiers funèbres, au sein de massifs écrasés, comme les débris d'un autre soleil ". Ils ont connu l'amour absolu et poursuivi l'antique rêve de possession, " ce vieux mythe qui tombe en ruines frissonnantes ". Mais Les Alephs, c'est bien autre chose, c'est bien plus qu'un roman d'amour : le récit d'un rêve au bout du temps et de la nuit, le voyage mystérieux de l'imagination onirique au coeur des puissances chtoniennes : le sang, l'érotisme, la mort. Dès son premier roman, il faut compter Yves Buin dans la lignée des visionnaires modernes, Julien Gracq, André Pieyre de Mandiargues.
La révolution numérique atteint son apogée, celle des intelligences artificielles. Nous sommes désormais pris en charge. Les outils et les algorithmes nous interpellent, nous encadrent, nous guident, choisissent à notre place. Répondent aux questions que nous ne nous posions pas. Jouent avec nous. Se jouent de nous. Cette dernière révolution nous laisse amers et épuisés. Nos cerveaux sont saturés de dopamine, ne connaissant ni vide, ni repos. Tout comme nos yeux, nos doigts, nos corps. Nos vies sont fragmentées, à l'image du monde. Peut-être devenons-nous des mines à ciel ouvert, aspirés et malmenés par le monde de la donnée, au coeur du d'une réalité qui semble elle-même s'effacer ? Telle n'était pas la promesse du progrès et nous voici pris de vertige : sommes-nous entrés dans une nouvelle civilisation, à la croisée du sommeil perdu, de l'hypnose et de la soumission ? Ou bien vivons-nous la dernière heure de l'homo sapiens ? " Dans la foulée de ses grands succès (La civilisation du poisson rouge, Sortir du bocal, Submersion), Bruno Patino nous livre un court essai prophétique, plein d'idées, d'hypothèses, de portraits, de lectures, de solutions.
Si la littérature est le lieu où la réalité se révèle de la manière la plus saisissante et la plus dérangeante, alors ce roman est un grand livre de littérature ! Un juge du régime des mollahs, condamné à perpétuité, écrit en prison : " Je sais que seuls mes crimes importent, mais mon récit pourrait vous aider à comprendre la fabrique des criminels. " Il raconte son enfance misérable, partageant la chambre d'un grand-père moribond dont il est le " garçon-pipi " , puis l'amour de sa vie, incestueux mais merveilleux, de la perte duquel il ne se remettra jamais. Pour épuiser sa douleur et sa haine, il s'enrôle à la guerre. " J'étais en guerre contre mon destin, et on me donnait une arme et un champ de bataille". Adolescent en quête de martyr, il est envoyé dans une école religieuse pour devenir juge et se prend pour le " Talleyrand iranien " . Il décrit les ressorts d'un régime de terreur, de tortures, de trafic d'organes, d'espionnage généralisé... Un incident va l'inciter à rendre visite à une adolescente en prison, puis, en catimini, à 117 autres jeunes et belles détenues. " Le viol me révulsait, me rebutait, vous comprenez ? J'avais besoin d'être admiré. Je leur apportais des plaisirs à hauteur de liberté. Je les traitais comme des femmes courtisées. Je rendais hommage à leur féminité bafouée. " Alors, ce " violeur attentionné et délicat " , qui reconnaît avoir condamné à mort des innocents, est-il un bouc-émissaire qui paie pour les crimes d'un régime dont les vrais puissants sont exonérés, ou un monstre manipulateur dont la bonne conscience dénonce encore plus la profonde perversion ? Au lecteur de juger. Peut-on être à la fois victime et bourreau ? On se sent mal à l'aise à ressentir de l'empathie pour ce criminel, voire à s'identifier à lui.
Chaque année Sorj Chalandon nous dit qu’il n’écrira plus de livre sur son père, et pourtant, chaque année il y revient. Cette fois il touche le sujet en plein cœur, puisqu’il décrit son errance dans les rues de Paris lors de sa fugue à 17 ans. Il y conte l’adolescence, la rage contre l’injustice, l’engagement, les coups durs et surtout, les belles rencontres salvatrices. Cette fois encore Chalandon m’a émue par sa sincérité et la qualité de sa plume.