Tommaso Mulè, ex-journaliste devenu gardien d'un immeuble inachevé dont il occupe le sous-sol comme le personnage de Dostoïevski, assiste au meurtre de son ami Tirésias, aveugle et photographe, un des paradoxes qui constituent le c?ur du livre. Plus encore que l'intrigue - une affaire triviale de m?urs et de corruption - compte dans ce roman le microcosme de l'immeuble, répertoire à la Pérec revu par une misanthropie non dénuée de tendresse. Si Tommaso et le photographe aveugle, paru quelques jours avant la mort de son auteur, ne se déroule pas en Sicile mais aux portes de Rome, Bufalino demeure profondément sicilien : dans un cadre faussement réaliste, il mêle en virtuose énigmes et pastiches pour créer un jeu baroque éblouissant. Le raffinement voluptueux de son écriture contraste en permanence avec le caractère sordide des situations. Souvent proche du rictus mais refusant le cynisme, il livre à son lecteur une détresse vraie et la crainte que la littérature ne soit que drogue face à la folle du monde.
Nombre de pages
185
Date de parution
24/12/1998
Poids
270g
Largeur
141mm
Plus d'informations
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EAN
9782864323044
Titre
Tommaso et le photographe aveugle ou Patatras
Auteur
Bufalino Gesualdo ; Simeone Bernard
Editeur
VERDIER
Largeur
141
Poids
270
Date de parution
19981224
Nombre de pages
185,00 €
Disponibilité
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Réédition d'un des romans les plus célèbres de l'écrivain sicilien Gesualdo Bufalino. Au temps trouble du Risorgimento, dans une île pénitentiaire de la Méditerranée, quatre condamnés à mort vivent leur dernière nuit. Le gouverneur de la prison leur propose un marché : le nom de leur chef en échange de leur grâce. Dès lors, au fil de la nuit, ces hommes confessent leurs hauts faits. Mais comment dénuer le vrai du faux dans ces récits livrés face à une échéance aussi fatale ...
Comment rendre compte de sa propre vie ? Sur quelle page en inscrire la trace ? En sous-titrant son livre " Souvenirs d'une vie imaginaire ", Gesualdo Bufalino affirme d'emblée, comme Calderon, que la vie est un songe. Mais que déchirent parfois les éclairs d'une réalité poignante. Dans une Sicile écrasée par la richesse de sa propre culture, le narrateur, composant son autobiographie, réelle ou prétendue - mais au fond ni plus ni moins que tout récit de soi -, laisse percer des accents de vérité que son ironie ne parvient pas à étouffer. Ses considérations sur la naissance en tant que mise à mort, sur les ambiguïtés de la maladie, souffrance et refuge, sur les infinies volutes de l'amour, sur le joyeux et terrible enfermement dans l'écriture, pourraient n'être que lieux communs ou prétexte à misanthropie. Mais toujours, dans cette bibliothèque infinie qu'il fut à l'égal de son personnage, Bufalino laisse entendre la nostalgie d'une communauté véritable entre les hommes, et une tendresse, une fragilité, qui refusent de transformer en cruauté le désespoir. Là prend source pour le lecteur, dans un scepticisme qui est une forme très haute de pudeur, dans une apparente solitude des confins, une présence au bout du compte fraternelle comme il en est peu.
Après la redécouverte des "Mensonges de la nuit", réédition du premier roman de Gesuado Bufalino, pour lequel il a obtenu le prestigieux prix Campiello à sa publication en 1982. Salué par Leonardo Sciascia, ce roman évoque aussi "La Montagne magique" de Thomas Mann. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, un jeune homme de vingt ans franchit les grilles d'un sanatorium aux portes d'une Palerme éventrée par les bombes. Lui-même malade, il vient s'y faire soigner et se retrouve à côtoyer nombre de patients a priori incurables, avec qui il noue des échanges certes imprégnés de désespoir mais d'une grande richesse. Il restitue plus particulièrement ses relations avec un ami et une amante hypothétique, aux côtés de laquelle il parvient à s'échapper pour respirer le peu d'air frais que ses poumons affaiblis peuvent encore absorber. Une errance onirique fortement imprégnée d'images de la guerre à peine achevée et surtout de l'expérience de l'auteur, lui-même interné dans un sanatorium en 1945.
Novembre 1989. Le Mur de Berlin vient de tomber. Inge et Walter Bischoff, un couple d'Allemands de l'Est annoncent à leur fils Carl qu'ils ont décidé d'aller vivre de l'autre côté du rideau de fer. A vingt-six ans, Carl n'habite plus chez eux depuis longtemps. Mais leur décision qui ressemble à un abandon lui révèle qu'avant d'être ses parents, Inge et Walter ont eu une jeunesse éprise de liberté. De ce temps d'avant la construction du mur, le Stern 111, un poste de radio de fabrication soviétique, reste le symbole : toute la jeunesse d'Allemagne de l'Est s'en servait pour écouter les radios de l'Ouest. Carl se rend bientôt à Berlin avec la petite voiture de son père. Au "Cloporte", un immeuble où s'est rassemblée une communauté de squatters, il va connaître une double initiation amoureuse et politique.
L'héroïne de Boulder gagne sa vie comme cuisinière sur un vieux navire marchand. C'est la situation parfaite : la solitude, le provisoire, une cabine et l'océan, un port où rencontrer des femmes. Jusqu'à ce qu'un jour l'une d'entre elles réussisse à l'arracher à la mer et à l'entraîner dans l'aventure d'une procréation assistée. Qu'est-ce que la maternité va provoquer chez cette femme qu'elle a rencontrée dans un bar en Patagonie ? Et elle, acceptera-t-elle de se laisser enfermer entre les quatre murs d'une maison pour faire mentir le surnom de Boulder que lui a donné son amoureuse, et qui désigne des grandes roches isolées au milieu du paysage dont personne ne sait d'où elles viennent ni pourquoi elles sont là ? Le ton ironique, les évocations érotiques sans fausse pudeur, le style implacable et vibrant comme le personnage, tout contribue à faire de ce deuxième roman un texte rebelle intense et poétique.