« Comment expliquer que les moustiques rêvent aussi ? »« La pointe de la Sibérie orientale recule à mesure que le reflux diminue et que remonte la mer. Encore quelques centimètres et toute cette toundra sera salée. Tout ce qu'elle contient de trésors enfouis sera dévoré par l'indifférence marine. En attendant on profite des quelques degrés supplémentaires pour percer la glace. L?industrie de dragage des dégels bat son plein et j?ai fait jouer la concurrence pour acquérir ce merveilleux système hydraulique. Les pompes envoient une eau à très haute pression pour briser les masses de permafrost décompactées et la succion fait le reste. La boue est rejetée et forme une petite péninsule de bouse qui prolonge la falaise. On peut extraire jusqu?à quatre-vingt tonnes par heure dans ce sol de glace et de roche et de comètes argileuses. Aux abords de la zone de fouille on abaissait la pression et progressivement la lance à eau faisait place aux brosses et au souffles de nos bouches. Agenouillée avec les autres sur une terre surprise de sa mise à jour soudaine, nous marchions indélicatement sur des rêves. »4e de couverture : « Comment expliquer que les moustiques rêvent aussi ? »« La pointe de la Sibérie orientale recule à mesure que le reflux diminue et que remonte la mer. Encore quelques centimètres et toute cette toundra sera salée. Tout ce qu'elle contient de trésors enfouis sera dévoré par l'indifférence marine. En attendant on profite des quelques degrés supplémentaires pour percer la glace. L?industrie de dragage des dégels bat son plein et j?ai fait jouer la concurrence pour acquérir ce merveilleux système hydraulique. Les pompes envoient une eau à très haute pression pour briser les masses de permafrost décompactées et la succion fait le reste. La boue est rejetée et forme une petite péninsule de bouse qui prolonge la falaise. On peut extraire jusqu?à quatre-vingt tonnes par heure dans ce sol de glace et de roche et de comètes argileuses. Aux abords de la zone de fouille on abaissait la pression et progressivement la lance à eau faisait place aux brosses et au souffles de nos bouches. Agenouillée avec les autres sur une terre surprise de sa mise à jour soudaine, nous marchions indélicatement sur des rêves. »
Nombre de pages
194
Date de parution
19/08/2021
Poids
244g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782377561049
Titre
Ici, la Béringie
Auteur
Brugidou Jeremie
Editeur
OGRE
Largeur
140
Poids
244
Date de parution
20210819
Nombre de pages
194,00 €
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Cet ouvrage vise à décrire la lumière comme un phénomène partagé au-delà de l'humaine. L'auteur part de la transformation d'un motif esthétique, l'Annonciation, par une figure biologique, l'organisme bioluminescent, chez un cinéaste Hollywoodien contemporain, James Cameron. Il considère l'événement lumineux comme une modalité de l'apparition au sens bio-logique du terme, autrement dit, au sens de ce qui préside à la dynamique et à l'inventivité du vivant dans ses dimensions relationnelles. À partir de quatre articulations visant à repolitiser la lumière ? la biophotogénie, la biophotopolitique, la biomythologie et la biomedialuminescence ? ce livre aborde le cinéma dans une perspective phylogénétique, autrement dit, dans la longue histoire des interactions du vivant avec la lumière.
Pour de nombreux sociologues, l'opinion publique n'existe pas, il s'agit d'un artefact créé par des instruments, les sondages. Et pourtant, si l'opinion publique n'existe pas, les controverses se multiplient et créent leurs propres publics. Les dispositifs d'enquête doivent donc changer de perspective pour rendre compte, moins d'une opinion publique une et indivisible, que de la dynamique des arguments et de la plasticité des publics. Il s'agit aujourd'hui de restituer la parole des "agents ordinaires", leurs images, leurs récits et leurs arguments, qui forment des "lieux communs" sur un problème qui les concerne, et d'identifier ainsi des publics, grâce à des sondages expérimentaux considérés comme des scènes publiques, ou des formes de coordination collective qui peuvent comporter trois dimensions: le partage d'une identité, l'accord sur un diagnostic (cause, responsabilité, solution) et l'engagement dans une action collective. Un ouvrage qui renouvelle la réflexion sur le râle des sondages à l'heure d'Internet, des jurys citoyens et de la démocratie participative. Biographie: Mathieu Brugldou, après avoir travaillé une dizaine d'années en instituts de sondage, est chercheur à EDF R & D au sein du Groupe de recherche Energie, technologie et société, et directeur de recherche associé CNRS au laboratoire Pacte. Il enseigne à Sciences Po Paris et Grenoble et à l'Université Paris-l-Panthéon-Sorbonne.
On se couvrira les yeux d'abord, on fuira. On y reviendra de plein fouet et on voudra tout voir, avec la rage d'un coyote. On avalera les photos, les petits films de vacances mal cadrés, les anecdotes, les souvenirs. On voudra, comme le coyote déchiquette sa proie, appuyer de tout son poids, briser la colonne vertébrale. Comprendre comment une nuit on rentre chez soi, avec sa femme, ses deux enfants qui font une vie, comment on regarde la télévision ou comment on lit ou bricole, comment on va se coucher, et comment on ressort, au milieu de cette même nuit qui appartient à cette même femme et à ces mêmes enfants qui font une vie, comment on en ressort, porté par des bras inconnus, allongé dans l'air."
Brûlées, premier roman d'Adriadna Castellarnau, délivre une prose implacable, sèche et intensément belle, comme si les mots eux-mêmes avaient été réduits et purifiés par le feu. Le monde est en train de mourir. Ou il est peut-être déjà mort, mais il est encore habité par des survivants qui s'entendent sur la manière de mourir de faim, qui défendent leurs biens, qui prient pour l'avenir et qui abandonnent leurs enfants, parfois pour qu'ils aient une vie meilleure, parfois simplement parce qu'ils sont épuisés. Ce qui est arrivé au monde et pourquoi cela est arrivé n'est pas fondamental, ce qui compte c'est ce qu'il faut faire des dépouilles, de la crasse, de ces feux de joie nocturnes, de l'abandon lent de la compassion et du gouvernement de la tristesse.
C'est pas parce qu'on est flic qu'on comprend quelque chose au monde comme il va ou ne va plus du tout. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud. Dehors, vastes plaines et vent sifflant. Le ciel est froid comme la terre, entre les deux vont des flocons en rafale. On se hisse les uns sur les chaises, les uns sur les épaules des autres pour apercevoir la lamelle d'un croissant de lune à peine moins blanche que le blanc d'autour. Le bruit d'un moteur dans l'air, le bruit est toute l'affaire, le bruit d'un avion perdu dans les airs enneigés comme des plaines. Le bruit d'un avion qui au-dessus de nous tourne en aveugle. Si on a encore un peu chaud, c'est qu'on se tient chaud."