Il est question dans ce livre d'une nouvelle forme d'opium du peuple : le sport-spectacle marchandise qui mobilise les masses/meutes sportives contemporaines : Hordes guerrières de supporters fanatisés qui se transforment à l'occasion en meutes de chasse sanguinaires, tribus itinérantes de mercenaires sponsorisés et anabolisés de l'exploit tarifié, cybemanthropes métamorphosés par la dévotion populaire en meutes militantes du culte de la performance, cliques et clans d'idéologues enrôlés dans les meutes psalmodiantes de la religion sportive, envoûtés par la fausse conscience populiste des hommes forts et l'idolâtrie des Dieux du stade. La sportivisation de l'espace public entretient le consensus conservateur qui fait du sport l'horizon indépassable du capitalisme financier et de l'idéologie libérale, avec son apologie exacerbée de la concurrence de tous contre tous, son fétichisme de la compétitivité et du rendement, sa " sélection naturelle " des élites. La théorie critique entend déconstruire cet appareil d'asservissement idéologique en dénonçant ses fonctions de dénomination et de mystification : contrôle disciplinaire des enthousiasmes nationaux par l'Etat, colonisation mercantile de l'imaginaire social et du monde vécu par le Capital, incitation suicidaire au dépassement des limites au profit de la pulsion de Mort.
Nombre de pages
575
Date de parution
03/05/2000
Poids
620g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782738416872
Titre
LES MEUTES SPORTIVES. Critique de la domination
ISBN
273841687X
Auteur
Brohm Jean-Marie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
620
Date de parution
20000503
Nombre de pages
575,00 €
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Collection dirigée par Louis Janover Pour remettre les idées en place, ou à leur place, et les suivre pas à pas dans l'actualité, une collection qui met "les pieds dans le plat de l'opportunisme contemporain, lequel plat n'est, comme chacun sait, qu'une vulgaire assiette au beurre" (René Crevel). Le sport, "religion athlétique" du XXe siècle, est aujourd'hui l'opium du peuple par excellence. L'Empire du sport-spectacle, porté par l'impérialisme, le fascisme et le stalinisme, n'a cessé de s'étendre à mesure que triomphait le marché unique, la pensée unique et la colonisation marchande du monde vécu. La sportivisation de l'espace public, impulsée par les grandes multinationales sportives (Fédération Internationale de Football, Comité International Olympique) impose sa fausse conscience et son abrutissement idéologique à des centaines de millions de téléspectateurs. Les Jeux olympiques de la croix gammée à Berlin en 1936, modèle de toutes les entreprises de propagande totalitaire, ont fait école dans le siècle. Sport et fascisme sont désormais unis pour le pire. Une analyse décapante de l'illusion sportive, apothéose du divertissement dans la société du spectacle capitaliste, avec sa violence, sa démagogie populiste, son dopage et son affairisme maffieux.
La dialectique comme théorie des contradictions n'a cessé d'interroger la philosophie et la politique. De Héraclite à Hegel, de Marx à Lénine, "l'unité des contraires" ou la "coïncidence des opposés" a été considérée comme l'essence même du réel, mais aussi comme la méthode la plus apte - tant pour la théorie que pour la praxis - à saisir la mobilité, la complexité et l'historicité de ce réel dans ses incessantes altérations et métamorphoses. En prenant au sérieux le "noyau rationnel" de la dialectique de Hegel - que le marxisme de l'objet-sujet a refusé de traiter en "chien crevé" et qu'il s'est approprié de manière critique -, cet essai expose la totalité concrète des grandes catégories dialectiques telles qu'elles ont été développées et enrichies à la fois par la critique marxiste de l'économie politique du capital et par la philosophie de la praxis qui conjoint "l'unité dans la différence" : Rosa Luxemburg, Trotsky, Gramsci, Korsch, Lukâcs, Mao, Sartre, Kosik. Le principe d'identité revendiqué par l'idéologie néolibérale et les multiples variantes - structuralistes, postmodernes, technocratiques, social-démocrates - du positivisme n'a pas réussi à réduire la négativité dialectique qui reste "critique et révolutionnaire", y compris contre la fossilisation bureaucratique du marxisme.