
Kierkegaard et les figures de la paternité
Personnage central de l'œuvre de Kierkegaard, la figure paternelle se réfracte, comme à travers un jeu de miroir, en un ensemble de représentants plus ou moins valorisés de la paternité : figure admirée du père dont Soren soupçonne la faute lors de l'énigmatique Tremblement de terre, figure idéale de Dieu, figures défaillantes du penseur spéculatif et du prédicateur de la chrétienté (Hegel, l'évêque Mynster, le professeur Martensen ... ). Entre ces figures se dessine un vaste réseau de correspondances à partir duquel s'éclaire, sous un jour nouveau, tout l'univers de Kierkegaard, aussi bien les événements marquants de sa biographie (rupture des fiançailles, polémique avec l'hégélianisme, débat avec l'Eglise) que les concepts majeurs de sa pensée.
| EAN | 9782204062350 |
|---|---|
| Titre | Kierkegaard et les figures de la paternité |
| Auteur | Brezis David |
| Editeur | CERF |
| Largeur | 135 |
| Poids | 436 |
| Date de parution | 19990323 |
| Nombre de pages | 393,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Levinas et le tournant sacrificiel
Brezis DavidExtrait de l'introductionL'oeuvre d'Emmanuel Levinas réserve à ses lecteurs une aporie redoutable. Comment accueillir son Dire, marqué au sceau d'une injonction si radicale qu'elle s'impose, semble-t-il, avant tout consentement? Doit-on le faire selon la modalité qu'il fixe lui-même pour l'accueil de l'Autre? Y répondre sans réserve, sans délai, dans l'urgence d'un inconditionnel «me voici»? Ou bien, rejetant la mise en demeure entraînée par cette mise en abyme, est-on fondé à s'arrêter aux tours et détours de sa pensée, à s'attarder à son Dit, à sa manière de se dire, se dédire, voire se contredire? En d'autres termes, est-on, selon le mot de Derrida, d'emblée obligé par Levinas? Ou bien est-on autorisé à questionner cette obligation, à la traduire dans un discours argumenté, au risque d'en trahir l'inconditionnalité? De fait, ce dilemme rappelle celui que Levinas formalise lui-même à travers la scansion du Dire et du Dit. Si le Dire éthique est incontestablement premier, il faut, et Levinas insiste avec force sur cette nécessité, qu'il se traduise - quitte à se trahir - dans le médium du Dit, qu'il laisse place à une pensée ouverte à l'analyse, au débat, à la critique. C'est le fameux passage, induit par l'entrée du tiers, de la subordination sans limite à autrui au moment dérivé de la justice, qui modère ou tempère ce «sans limite» au profit d'une approche réflexive, comparative, objective. Ainsi peut-on se prévaloir de Levinas pour réfléchir sur ce qui suppose selon lui un engagement antérieur à toute réflexion. Car, dans le cas contraire, comment reconnaître la légitimité même de sa pensée? Pourtant, une telle caution ne va pas de soi et, dans une autre perspective, il semble que, pour Levinas, le traduire soit déjà réellement un trahir. Car s'il reconnaît expressément la nécessité du moment dérivé -nécessité d'un arrêt face à ce qui est «intolérable à la pensée» -, l'appréciation qu'il porte sur lui est pour le moins équivoque. Dès lors que ce moment consiste à assigner une mesure à l'affolante démesure du pour-autrui, il paraît désigner une nécessité bonne - mal nécessaire salué par la formule «grâce à Dieu». Mais il peut aussi désigner la source même du mal - mal radical de l'Être en tant qu'il se déploie comme constante récupération par le Même de toute sortie vers la transcendance de l'Autre.Accompagnant Levinas tout au long de son parcours, cette équivoque habite un motif qui va constituer un des fils directeurs de la présente étude: le tournant qui mène de Totalité et Infini au radicalisme sans pareil d'Autrement qu'être. C'est en effet avec ce tournant - dont l'amorce est repérable dès le début des années soixante - que Levinas vient à mettre en cause la démarche essentiellement réflexive de la philosophie, au motif qu'elle contredit l'urgence absolue de l'injonction éthique:Le propre de la pensée est la critique - le fait de se retourner [...] Le primat de l'idée de l'être tient à ce retour. Lequel tient à un arrêt, à une épochè [...] Marcher sans se retourner - tel serait le caractère propre de l'idée de l'Infini, marche sans arrêt.Ne pas avoir le temps de se retourner = ne pas réfléchir = [...] être d'emblée responsable.La relation avec l'infini appelle d'urgence au point de ne pas laisser le temps pour se retourner.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER53,85 € -

Kierkegaard et le féminin
Brezis DavidRésumé : Après l'exploration des figures kierkegaardiennes de la paternité (dans un précédent ouvrage publié aux Editions du Cerf en 1999), se poursuit ici notre enquête sur le vaste réseau de correspondances qui relient, chez le penseur de l'existence, la doctrine et la vie. Face à l'écrasante présence paternelle, un énigmatique silence entoure, dans tous ses écrits, la figure de la mère. L'énigme est d'autant plus troublante qu'il dépeint d'ordinaire le christianisme comme une religion exclusive du Père, dont se trouve rejetée toute symbolique féminine. Bannie du religieux, la femme est cependant loin d'être absente du texte de Kierkegaard. Tout se passe au contraire comme si elle y tenait, à travers le drame de la rupture des fiançailles, un rôle primordial, comme si, entièrement issue de ce drame, l'?uvre s'édifiait à la fois depuis un certain rapport au féminin (production esthétique) et contre lui (production religieuse). Ainsi se dessinent deux séries de scènes qui s'opposent comme l'esthétique et le religieux : d'un côté, scènes du désir, où le héros espère être admis dans l'intimité du féminin, une fois écarté le rival paternel ; de l'autre, scènes du renoncement, où il consent au contraire à s'effacer devant ce rival. Par là s'éclairent plusieurs des concepts clés de la pensée du Danois - la répétition, la rupture avec l'immanence, le message indirect, la pseudonymie... -, mais aussi le sens profond de sa polémique ultime avec l'Eglise : son refus de plus en plus marqué de l'adoucissement que le féminin peut apporter à la rigueur de l'idéal, sa dénonciation d'un christianisme qui, oublieux de sa vérité ou virilité initiale, apparaît de plus en plus efféminé, de plus en plus trahi par la scandaleuse connivence du prêtre et de la (sage) femme. Par là se laissent également mieux reconnaître les obscurs enjeux du Tremblement de terre, le fameux drame du père qui, aperçu dans sa secrète déchéance, se révèle à son tour hanté par l'obsédante figure du féminin.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER26,40 € -

Kierkegaard ou la subjectivité en miroir
Brezis David ; David AlainRésumé : Dans le fragment " le Tranquille Désespoir ", Kierkegaard dépeint son face-à-face avec le père comme un vertigineux rapport d'identification mimétique à l'Autre. A partir de là, se laisse analyser à divers niveaux la constitution en miroir de la subjectivité kierkegaardienne : d'abord, dans la pensée même du Danois, dont elle éclaire en profondeur les présupposés ; ensuite, dans la relation complexe qui l'unit à deux penseurs clés de la modernité, Hegel et Heidegger. Si la scène spéculaire entre père et fils reproduit en quelque manière le paradigme spéculatif d'un sujet structuré comme puissance de réflexion ou de retour sur soi, elle ne manque pas en même temps de s'en écarter, de briser, brouiller, obscurcir le pur miroir en lequel prétend se réfléchir l'Esprit hégélien. Quant à Heidegger, s'il prétend dépasser l'existentiel dont se réclame Kierkegaard vers un lieu plus originaire de la pensée (un lieu où la pensée s'ouvrirait à l'Etre " en propre "), on peut se demander, à l'inverse, s'il ne serait pas dépassé par une pensée qui use de toutes les ressources de l'écriture (jeux de miroirs, dédoublements mimétiques...) pour déconstruire l'être-propre du sujet en marquant son rapport inextricable à l'altérité.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER17,30 € -

Littérature talmudique et débat secret avec le christianisme
Brezis David ; Jaffé DanLittérature talmudique et débat secret avec le christianisme est un ouvrage singulier aux multiples facettes. L'approche est holistique : la sémantique d'un vocable, sa graphie, la formulation d'une idée analogue entre deux récits, tout cela est matière à analyse. A partir d'une plongée dans l'univers talmudique et midrashique, David Brezis décèle les aspects polémiques ou discursifs propres à l'élaboration du judaïsme rabbinique en dialogue avec le christianisme. Le non-dit du texte et surtout la capacité infinie de son lecteur à le commenter procèdent d'une démarche de totale intertextualité. David Brezis emprunte des grilles de lecture issues de grands courants philosophiques contemporains, notamment derridiens. Qu'on ne s'y trompe pas : il ne s'agit pas de faire une énième philosophie du Talmud mais plutôt d'y lire certaines séquences à l'aide de schémas mentaux empruntés à la sagesse, philosophique. L'ouvrage se focalise sur de nombreux récits talmudiques censés polémiquer avec des épisodes de la littérature chrétienne primitive. Cependant il n'est plus seulement question de polémiques, mais de facteurs d'emprunts, d'analogies, de modes de pensées ou encore de cheminements intellectuels et de relations symboliques. David Brezis innove en prétendant par exemple qu'en certaines occurrences c'est le judaïsme rabbinique qui s'est imprégné et a été influencé par les récits chrétiens.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER35,00 €
Du même éditeur
-

Paraboles. Tome 4, Où se sentir chez soi ?
Bro BernardBiographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER18,70 € -

La Bible de Jérusalem
ECOLE BIBLIQ JERU.Poche: 2080 pages Editeur : Cerf (14 juin 2007) Collection : La Bible de Jérusalem Langue : FrançaisEN STOCKCOMMANDER15,00 € -

L'évangile selon Matthieu. Jérusalem, entre Bethléem et la Galilée
Cazeaux JacquesBiographie de l'auteur Jacques Cazeaux, docteur ès lettres, chercheur au CNRS (MOM de Lyon), a mis sa méthode d'analyse proprement littéraire au service de la Bible. Son oeuvre, publiée aux Éditions du Cerf, s'étend de la Genèse jusqu'aux livres des Rois et au Cantique des Cantiques. Son commentaire des Actes des apôtres a paru en 2008.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER39,00 € -

La Bible TOB. Notes intégrales, traduction oecuménique, 11e édition
COLLECTIFLa Traduction Oecuménique de la Bible (TOB), publiée en 1975, a marqué un tournant dans la longue histoire de la traduction de la Bible. Pour la première fois au monde, des biblistes catholiques, protestants et orthodoxes travaillaient ensemble pour produire une traduction moderne dont la fiabilité et le sérieux sont aujourd'hui reconnus par tous. La Bible TOB a bénéficié depuis d'importantes révisions, en 1988 et 2004, proposant un texte plus précis et harmonieux et prenant en compte les avancées de la recherche biblique. Cette édition 2010 comprend de nouvelles actualisations des notes et introductions, avec quelques corrections de la traduction. Elle porte la même exigence de clarté de la langue et de fidélité au texte source. La TOB 2010 constitue aussi un événement éditorial et oecuménique sans précédent: pour la première fois dans l'histoire de la Bible en langue française, elle intègre un ensemble supplémentaire de six livres deutérocanoniques en usage dans la liturgie des Eglises orthodoxes 3 et 4 Esdras, 3 et 4 Maccabées, le Psaume 151, la Prière de Manassé. Avec des introductions générales, une introduction à chaque livre, des notes essentielles sur les particularités du texte, un tableau chronologique, un tableau synoptique, un glossaire et huit cartes couleur, la TOB 2010 est tout indiquée pour se plonger dans les récits plusieurs fois millénaires de la Bible, tels qu'ils ont été reçus dans les diverses traditions juives et chrétiennes.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER99,00 €
De la même catégorie
-

Ethique à l'usage de mon fils
Savater FernandoRésumé : " Ce livre n'est pas un manuel d'éthique destiné aux candidats bacheliers. Il ne parle ni des auteurs importants ni des grands courants historiques de la théorie morale. Et je n'ai pas cherché à mettre l'impératif catégorique à la portée de tous les publics. Ce n'est pas non plus un catalogue de réponses moralisatrices aux problèmes que nous rencontrons tous les jours dans le journal ou dans la rue, de l'avortement à l'objection de conscience en passant par les préservatifs. L'éthique n'a jamais permis de trancher un débat, même si son rôle est de les ouvrir tous. Ce livre ne prétend pas être autre chose qu'un livre personnel et subjectif, comme les rapports existant entre un père et son fils ; et par là-même universel, comme la relation père-fils, la plus ordinaire. Il a été pensé et écrit pour être lu par des adolescents : il n'apprendra sans doute pas grand-chose à leurs maîtres. Son objectif n'est pas de fabriquer des esprits bien-pensants (et encore moins mal tournés), mais de stimuler une pensée libre ".EN STOCKCOMMANDER15,90 € -

Nicolas Berdiaev (1874-1948)
Sollogoub Igor, Collectif , Dautais Philippe, FromStanislas Fumet essayiste de renom, dans sa belle préface au grand ouvrage de Berdiaev "Le sens de la création", écrivait : "L'esprit de Berdiaev, qui est la noblesse même - j'y insiste - se fraie des passages dans l'obscurité qui font étinceler des splendeurs où nous sommes habitués à ne rien voir" . Les organisateurs du présent colloque ne sauraient mieux dire la raison profonde de l'indéfectible attachement qui les lie au vieux Maître russe. En 2013, en introduction d'un précédent colloque, ils affirmaient ceci qu'ils tiennent à redire, car leur conviction demeure identique, à ceci près qu'elle s'intensifie chaque jour : "La pensée de Berdiaev - sur l'homme, sur Dieu, sur la vérité, sur la liberté, sur l'amour, sur la beauté, sur l'acte créateur -, est à même d'exploser sans retour les a priori conceptuels et les routines intellectuelles qui paralysent la pensée et la vie de nos contemporains. Elle est à même de leur ouvrir des espaces de méditation et de réflexion, de perception et de signification, de création et d'action dont ils n'ont pas la moindre idée". Oui, de découvrir la pensée du philosophe de Clamart a sauvé le grand historien Olivier Clément de "la nuit de l'âme" . Le voeu le plus cher de ce colloque c'est, qu'à son issue, chacun ait perçu que cette découverte est vraiment à même de réenchanter la vie.IndisponibleCOMMANDER22,00 € -

La plus belle histoire du bonheur
Comte-Sponville André ; Delumeau Jean ; Farge ArleLa vie ne vaudrait d'être vécue, dit-on, que si elle apporte le bonheur. Mais que signifie être heureux ? Y a-t-il des recettes au bien-être ? Où se niche le bonheur ? Dans l'argent ? La réussite personnelle ? La santé ? Les plaisirs ? L'espérance d'un jour meilleur ? Est-il dans ce que nous avons ou dans ce que nous sommes ? De la pensée antique à nos frustrations modernes, en passant par l'invention du paradis, on verra avec les regards croisés du philosophe, du croyant et de l'historien, comment l'idée du bonheur a évolué au fil du temps, et combien son histoire mouvementée peut nous aider à mieux vivre aujourd'hui.André Comte-Sponville : philosophe, a publié de nombreux ouvrages sur l'éthique et la question du bonheur. Jean Delumeau : professeur honoraire au Collège de France, est spécialiste de l'histoire des mentalités religieuses. Arlette Farge : historienne et spécialiste du XVIIIe siècle.ÉPUISÉVOIR PRODUIT6,70 € -

La faiblesse du vrai. Ce que la post-verité fait à notre monde commun
Revault d'Allonnes MyriamRésumé : L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER17,00 €
