Un tableau de Tumer pourrait être l'indicatif de ces pages qui se préoccupent des "pauvres" du langage, de ces figures du quasi-néant linguistique, écrasés qu'ils sont tantôt par la signifiance du verbe tantôt par le poids du substantif. Parmi ces figurants, on a choisi ceux qui sont à la limite du sémantique. "Rien, quelque chose, peut-être, il y a, c'est ainsi". Toutes formes de l'impersonnel qui "manquent d'être" et qui manquent "à être". Par un curieux renversement, ils trahissent une certaine affinité avec les maîtres-mots du langage philosophique: Principe, fondement, Dieu. Aptes eux aussi à prendre tous les visages, ils posent le problème fascinant du rapport entre ce qu'on appelait jadis "Néant par défaut", "Néant par excès". En courant ce beau risque, l'auteur s'est souvenu d'un "paradoxe" de Diderot: "Le comédien est rien et tout. Et c'est parce qu'il n'est rien qu'il est tout par excellence". Paradoxe qui commente peut-être la ruse du nom ulysséen "Je m'appelle personne".
Date de parution
08/01/1992
Poids
238g
Largeur
135mm
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EAN
9782082115315
Titre
RIEN OU QUELQUE CHOSE
Auteur
BRETON STANISLAS
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
238
Date de parution
19920108
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Or, la terre était vide et vague, les ténèbres couvraient l'abîme, un vent de Dieu tournoyait sur les eaux... " La Genèse, premier livre de la Bible, n'est ni une véritable cosmogonie, ni une rigoureuse préhistoire. Elle raconte, les comptant comme les jours d'une semaine, les gestes fondateurs du Créateur. Voici l'univers et l'homme, la chute originelle, la corruption croissante châtiée par le Déluge, la vie des grands patriarches : Abraham, Jacob, Isaac, Joseph... Elle conte, sous une forme populaire, l'origine du genre humain et retrace l'histoire des ancêtres, pères du peuple élu. Le lecteur d'aujourd'hui trouvera dans ces vieux textes, qu'il s'en enchante comme d'un premier matin ou qu'il y perçoive l'écho d'une enfance révolue, l'une ou l'autre de ses plus vieilles et profondes pensées.
Les écrits consacrés à l'apôtre Paul rempliraient une bibliothèque nationale. Le Saint Paul qui figure dans la collection ne prétend rien leur ajouter, qu'il s'agisse de théologie, d'exégèse ou d'histoire. Il se trouve, simplement, que les lettres pauliniennes ont eu un impact certain sur la philosophie occidentale, qu'elle se dise ou non chrétienne. L'hypothèse qui a conduit l'auteur s'appuie à la triple appartenance : juive, grecque, romaine, de saint Paul. D'où une triple dimension de cette pensée : enracinement juif d'une herméneutique de la Bible et de l'histoire ; origine grecque d'un Cosmos, dynamique et conflictuel ; conception organique d'une Eglise, romaine jusqu'à un certain point. Or, de ces trois univers, le Christ est le principe d'unité, l'alpha et l'oméga. Mais un Christ crucifié. Scandale et folie, qui étend son ombre iconoclaste sur la prétention dogmatique de toutes les représentations.
Comment s'inscrit dans l'univers des causalités cette causalité singulière que signifiait jadis l'étrange expression " cause de soi " ? (causa sui) ? Le projet humain n'est autre que cette énigmatique causalité dont l'icône est, parmi nous, l'enfant nouveau-né. La tradition philosophique, plus soucieuse de la mort, a fait constamment abstraction de la naissance. Il convenait donc de partir de la naissance comme première étape d'une causalité de soi par soi. Sur cette paradoxale causalité se posent aujourd'hui les questions les plus décisives : Quel est le monde de temporalité qui lui convient ? Quel rapport entretient-elle avec le monde sous le double aspect d'immanence et de rupture ? Comment s'insère-t-elle dans le politique en sa forme démocratique ? Et tout d'abord quel jugement porter sur les événements majeurs de notre temps qui ont motivé la critique de cette démocratie ...