Le film est le type même de l'oeuvre qui réclame un style. " R. B. Pendant quarante ans, Robert Bresson a accordé nombre d'entretiens à la presse française et étrangère, à la radio et à la télévision. Ses réponses aux multiples questions, de toutes sortes, apportent d'importantes précisions sur ses films, son art et l'évolution de sa pensée. Et elles accompagnent, devancent, prolongent ses Notes sur le cinématographe. Interrogé par Yvonne Baby, François-Régis Bastide, Michel Ciment, Serge Daney, Pierre Desgraupes, Jean Douchet, Jean-Luc Godard, André Parinaud, Georges Sadoul, Roger Stéphane ou Serge Toubiana, entre autres, Robert Bresson parle avec passion, simplicité, détermination et humour de tous les éléments d'un film qui, savamment combinés, font du cinématographe un art à part entière.
Nombre de pages
352
Date de parution
09/03/2022
Poids
426g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782080280022
Titre
Entretiens
Auteur
Bresson Robert ; Bresson Mylène
Editeur
FLAMMARION
Largeur
152
Poids
426
Date de parution
20220309
Nombre de pages
352,00 €
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Jeanne d'Arc est morte le 30 mai 1431.Elle n'a pas eu de sépulture et nous n'avons d'elle aucun portrait. Mais il nous reste mieux qu'un portrait : ses paroles devant les juges de Rouen.C'est de textes authentiques et de la minute même du procès de condamnation que je me suis servi.Pour les derniers instants, j'ai eu recours aux dépositions et témoignages du procès de réhabilitation survenu 25 ans plus tard.Au moment où le film commence, Jeanne est emprisonnée depuis plusieurs mois dans une chambre du château de Rouen.Capturée devant Compiègne par des soldats français du parti adverse, elle a été vendue aux Anglais à prix d'or (on sait quels sont les intérêts en jeu).Elle comparaît devant un tribunal composé presque exclusivement de membres de l'université anglophile de Paris et présidé par l'évêque Cauchon."Robert Bresson.
Le réalisateur de grands films tels que Au hasard Balthazar, Pickpocket, Procès de Jeanne d'Arc, Lancelot du Lac, rassemble dans ce volume ses notations de travail qui témoignent de son expérience à l'égard d'un art assez multiple pour s'offrir à une exploration sans fin. Pendant près de vingt-cinq ans, Robert Bresson a noté, pour lui-même et pour nous autres, les idées que lui apportait son métier. Il oppose notamment le cinématographe, écriture d'images et de sons formant un texte visuel et auditif, au cinéma qui reste, selon lui, du théâtre filmé. Il s'explique aussi sur les rapports qui l'unissent à ses modèles et non à des acteurs reconnus, prêtant à la recherche des visages, des corps, une gestuelle appartenant au star-system dont il nie l'efficacité. Ce recueil d'aphorismes lapidaires, de réflexions prises au vol en cours de tournage ou de montage de tant d'oeuvres libres, originales et fortes, est passionnant aussi bien pour le professionnel du septième art que pour tout intellectuel en quête d'approfondissement de la pensée et des sens.
Ces mots sont plus que des notes de journal d'un réalisateur expérimenté. Ces mots sont des cicatrices, des marques de souffrance, des joyaux. Dans notre nuit (la nuit de la création qui doit nécessairement venir pour que s'allume l'écran), ils brillent comme des étoiles, nous montrant le simple et difficultueux chemin vers la perfection."
Pendant quarante ans, Robert Bresson a accordé nombre d'entretiens à la presse française et étrangère, à la radio et à la télévision. Ses réponses aux multiples questions, de toutes sortes, apportent d'importantes précisions sur ses films, son art et l'évolution de sa pensée. Et elles accompagnent, devancent, prolongent ses Notes sur le cinématographe. Interrogé par Yvonne Baby, François - Régis Bastide, Michel Ciment, Serge Daney, Pierre Desgraupes, Jean Douchet, Jean-Luc Godard, André Parinaud, Georges Sadoul, Roger Stéphane ou Serge Toubiana, entre autres, Robert Bresson parle avec passion, simplicité, détermination et humour de tous les éléments d'un film qui, savamment combinés, font du cinématographe un art à part entière. L'ouvrage est illustré de photos dont beaucoup sont inédites.
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.