Depuis les années 1980 et l'avènement du sans-frontiérisme, l'humanitaire s'est peu à peu laissé conquérir par la rationalité néolibérale. Ses missions reposent sur des principes nobles, mais présumés intangibles et nourris de représentations occidentales, qui ont fini par devenir un facteur d'inertie. Malgré une histoire associée aux droits de l'homme et à la démocratie, l'humanitaire, tel qu'il est pensé aujourd'hui, décontextualise les situations de souffrances, désactive la condition politique des personnes concernées et renonce à envisager la transformation sociale. Son glissement vers un humanitarisme néolibéral satisfait de lui-même, résultat d'une absence de regard critique sur sa propre doctrine, le rend toujours plus impuissant face à un système que rien ne semble pouvoir arrêter. Il devient urgent qu'émerge un nouveau paradigme combatif, radical, reconnaissant la valeur sociale et la politicité des populations touchées. Il est indispensable de repenser un humanitaire en synergie avec les mouvements sociaux et indigènes afin de contribuer à revitaliser la notion de progrès dans une logique d'émancipation, de justice sociale et du commun. Encourager l'humanitaire à entreprendre cette remise en question tout en sensibilisant le public à ces enjeux, telle est l'ambition de cet essai.
Nombre de pages
135
Date de parution
06/05/2021
Poids
186g
Largeur
141mm
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EAN
9782843772290
Titre
L'humanitaire sous l'emprise du néolibéralisme
Auteur
Brequeville Bertrand ; Martin Boris
Editeur
ECLM
Largeur
141
Poids
186
Date de parution
20210506
Nombre de pages
135,00 €
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Ce livre propose une lecture critique d'un humanitaire de plus en plus soumis aux logiques de financement, aux priorités des grandes puissances et aux injonctions de performance. À rebours des discours convenus, il retrace la généalogie politique de l'humanitaire, de ses racines coloniales à la mondialisation néolibérale. Loin d'un simple geste de secours, l'humanitaire devient un outil de gestion des crises, un langage du pouvoir, parfois instrumentalisé pour appuyer des interventions militaires. En montrant comment il façonne ? et justifie ? l'ordre international, ce livre éclaire ses contradictions et ses effets sur les sociétés qu'il prétend aider.
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Comment, dans le contexte de la mondialisation, l'humanité peut-elle concilier les nécessités économiques avec le fait incontournable que les ressources naturelles sont limitées ? C'est la question que pose Pierre Calame dans cet ouvrage. Le système actuel de production et d'échange de biens et de services n'atteint pas - et c'est très visible en ces temps de crise - les objectifs que l'on doit assigner aux lois qui régissent les sociétés. Il creuse un fossé profond entre des gagnants, minoritaires, et la masse des perdants qui vivent dans le dénuement. L'auteur s'intéresse à l'énoncé des règles et à la conception des facteurs qui fondent la production, l'échange et la consommation. Constatant l'impasse du paradigme économique actuel, il démontre que l'économie doit revenir à son sens étymologique, "oikos", le foyer, la maison commune, et "nomos", la loi. Revenir à l'oeconomie, c'est avoir une vision économique plus large, qui recouvre à la fois l'art de l'organisation des échanges matériels et immatériels des êtres humains entre eux, des sociétés entre elles et de l'humanité avec la biosphère. Pierre Calame explore ces questions dans un esprit de réflexion ouverte. Il démontre qu'il est possible aujourd'hui d'assurer à la société la maîtrise collective et démocratique de son propre destin.
La récente crise financière n'est pas la première à avoir révélé les maux du système bancaire américain. En 1986 éclate la crise des caisses d'épargne locales (Savings and Loan), qui secoue les États-Unis et oblige les autorités publiques à intervenir, malgré le libéralisme ambiant de l'époque. Cette crise méconnue en Europe provoque la faillite de plus de mille caisses d'épargne, entraînant la fermeture de mille six-cents autres établissements dans leur sillage. William Black a travaillé notamment comme directeur de la Federal Home Loan Bank Board. Il décrit dans cet ouvrage, qualifié de " classique " par le prix Nobel américain George Akerlof, les événements qui ont mené à une des plus grandes crises bancaires de l'histoire américaine : une bulle immobilière gonflée par les déductions fiscales, la dérégulation de l'ensemble du secteur, des pratiques frauduleuses, les lobbies bancaires, les connivences politiques? Nous voyons la catastrophe de l'intérieur, dépeinte par l'homme qui a subi des menaces personnelles pour avoir dénoncé les malversations au sein des directions. L'auteur tire de cette expérience le concept de ?Control Fraud?, ou fraude du contrôleur : lorsque les dirigeants déforment les règles du jeu pour maximiser leurs gains personnels, quitte à mettre en péril leur propre entreprise. Comme il l'a expliqué à la Commission des finances du Congrès américain à l'occasion de la faillite de Lehman Brothers, c'est aussi ce concept qui nous permet de comprendre la vraie nature de la crise de subprimes des années 2007-2009. Visiblement, l'histoire se répète...
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