Né en 1950, Raymond Bozier vit à La Rochelle. Il a publié des poèmes, des récits et animé la revue littéraire Cargo. Le Prix du premier roman lui a été décerné en 1997 pour Lieu-dit, paru chez Calmann-Lévy. Raymond Bozier compose régulièrement des séries de textes brefs, sortes d'instantanés poétiques où il cadre avant de les fixer sur le papier d'infimes paysages - choses vues ou projections privées - dont il étudie ensuite le défilé, comme sur une planche de contact, avant de sélectionner ceux qui lui semblent porteurs d'une ombre seconde, tangente ou parallèle à la réalité. On verra se succéder dans Bords de mer les clichés qu'il a voulu préserver. Et l'on sera sans doute frappé par leur économie, leur objectivité sans froideur, leur capacité à isoler et à restituer, chargés d'une autre intensité, les fragments désordonnés du monde ainsi captés. Cette recherche d'un poème tendu et condensé fait parfois songer à Follain, à Tortel, ou à certaines pages réalistes et distantes que publiaient au début des années 30 les objectivistes américains. C'est qu'elle s'appuie à leur instar sur une conception matérialiste, désenchantée mais rigoureusement appliquée du travail poétique. Un "nocturne industriel" inséré au coeur de l'ouvrage vient d'ailleurs nous rappeler que ces images n'ont rien de désincarné, qu'elles s'inscrivent au contraire dans une critique du réel que le poème "tolère" sans en accepter la violence, la sourde inhumanité.
Nombre de pages
208
Date de parution
01/11/1998
Poids
235g
Largeur
130mm
Plus d'informations
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EAN
9782080675323
Titre
Bords de mer. Poèmes
Auteur
Bozier Raymond
Editeur
FLAMMARION
Largeur
130
Poids
235
Date de parution
19981101
Nombre de pages
208,00 €
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Fenêtres sur le monde, de Raymond Bozier, est d'abord paru chez Fayard en 2004. Depuis, ce livre est devenu un classique pour les animateurs d'ateliers d'écriture. L'immense force de ce livre, c'est son grand écart : d'un côté, après le11 septembre2001 et l'attentat du World Trade Center, notre rapport à la ville bascule. C'est la nappe sous-jacente, qui unifie les37 fenêtres de Bozier. Parce qu'elles sont listées, dans la table des matières qui ouvre le livre. Ce sont celles que nous portons chacun : ce qu'on voit de la cuisine, ce qu'on voit de la salle où on enseigne, ce qu'on voit de cette chambre de hasard, ou de cette salle de réunion au ministère le jour que. Mais le pare-brise de la voiture, sur le trajet du matin, est aussi une fenêtre. Et les photos sur le mur, au-dessus de la table de travail. Et l'espace urbain, il nous donne quoi à voir : vitrine d'une cafétéria de supermarché, ça ne nous choque pas dans un film, et on ne saurait s'en saisir en littérature ? A sept ans de la parution initiale, Raymond Bozier complète, augmente, révise. Le texte que nous présentons ici est inédit en partie, édition neuve. Nous mûrissons chacun dans l'intérieur de chantiers qui deviennent des chantiers-vie. Alors la version numérique devient l'expression de ce chantier. Un livre essentiel pour les chantiers-ville d'aujourd'hui. A vous, pour le prolonger, de faire l'inventaire de vos propres37 fenêtres ?
Un premier janvier dans une ville portuaire. Une nuit aux odeurs de goudron, d'océan. Un père, Venise, qui s'élance dans les ténèbres pour aller retrouver son fils Florent. Celui-là vit avec deux filles, dans une maison abandonnée non loin d'une rocade. A l'intérieur de la baraque, éclairée par des bougies, il y a un grand cygne mort, pendu sous les poutres, ailes rougies par le sang, pattes entortillées à l'ancien fil électrique d'une ampoule. Lorsqu'il fait irruption, fusil à la main, Venise ne se retient plus, il couvre Florent d'insultes et, pour finir, lui tire 207 graines de plomb dans le corps... Les semaines précédentes, Florent a passé son temps à épier un groupe de jeunes errant sur les plages et dans la ville : Lille, Gap, Nazaire, trafiquants de médicaments, aventuriers du bitume et des forêts, explorateurs de clairières. Des jeunes qui ne se retournent plus sur leur histoire et foncent droit devant eux. Avec une précision cinématographique, Raymond Bozier suit patiemment les silhouettes de cette poignée d'exclus nouant une relation épique, désespérée, étrange avec un monde en perdition. Leurs parcours imprévisibles dessinent l'extraordinaire radiographie poétique d'un territoire urbain et industriel malmené par l'Histoire.
Résumé : Trois amis âgés d'une cinquantaine d'années, un boucher volubile, un technicien d'une coopérative d'insémination artificielle, et Ludaël, un éleveur de chiens taciturne qui vit encore chez sa mère, se retrouvent un dimanche dans une partie de chasse à la campagne. La découverte inopinée d'un corps dans une mare va réveiller chez eux des blessures mal refermées. Anciens appelés d'une guerre détestable qui les a profondément marqués, ils vont se souvenir, chacun à sa manière et dans l'indifférence générale, de l'exécution sommaire et cruelle, dans une autre campagne, d'un berger soupçonné d'appartenir au ELN. Les trois chasseurs rencontrent au cours de cette même journée deux paysans habités par des démons plus contemporains : Simon, l'ami d'enfance du mort, fasciné par la dynamite, et Carnaval, un éleveur de vaches alcoolique. Raymond Bozier jette un regard impitoyable et précis sur un monde en perdition habité par des personnages dépassés par une mémoire que l'alcool ravive plus qu'elle ne l'endort. Il évoque avec force le traumatisme de la guerre d'Algérie, ou, avec un réalisme perturbant, la violence destructrice des hommes qui n'épargne personne.