Le petit bougnat", c'est un petit bonhomme d'une dizaine d'années, tout noir et crépu, issu d'une mère auvergnate et d'un père inconnu, noir sans doute. Il vit dans la banlieue parisienne, avec sa mère et un père de remplacement, davantage porté sur la paire de baffes que sur la tendresse. Mais : "Le petit bougnat", c'est autre chose qu'un enfant mal aimé ou délaissé par des parents indifférents. C'est un petit personnage, qui, d'instinct, a décidé de réagir contre l'existence qu'on lui fait et qui, pour l'instant, n'a trouvé qu'une solution : la fuite. Mais vers où ? Vers quoi ? Devenu simultanément un roman et un film joyeux et tendres, "Le petit bougnat" appartient finalement à une famille unique, où il compte de nombreux amis : Paulette et Michel de Jeux interdits, Bébert et son "omnibus", Petit-Gibus et Lebrac de La guerre des boutons, tels que le cinéma nous les a montrés. Ils sont nés d'un même père.
Nombre de pages
224
Date de parution
29/12/1981
Poids
250g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782207202814
Titre
Le petit bougnat
Auteur
Boyer François
Editeur
DENOEL
Largeur
120
Poids
250
Date de parution
19811229
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En sanglotant, Paulette s'agenouilla près de Michel. Michel n'avait pas une parole, pas un geste, pas un cri, la bouche entrouverte, les yeux clos, inerte. Paulette, le visage ruisselant de larmes, regarda autour d'elle. La croix était là tout près, tachée de sang. Et soudain, au pied du buisson, elle vit une boule hirsute, un hérisson. Paulette n'avait jamais vu un hérisson de sa vie. Ses sanglots redoublèrent, elle se pencha éperdue sur le visage de Michel, le caressant, l'embrassant, l'inondant de ses larmes qui se mêlaient au sang rouge, et de longues minutes le tint serré contre sa joue.
Voyage au pays des deux pères. Les personnages de ce récit, écrit entre la Pologne et Paris, ont réellement existé. Mais c'est un roman. Intervient dans l'écriture quelque chose qui est de l'ordre de la voyance et de la télépathie : réinventer ce qui a déjà eu lieu. C'est le père sublimé qui réconcilie la narratrice avec son père biologique, en lui permettant de briser le silence des cinq années durant lesquelles son père a été prisonnier en Allemagne. A partir de documents retrouvés par hasard dans une boîte rouge, elle découvre qu'au-delà de l'apparence fantasque de son père se cache un être de souffrance, un figurant de la défaite, un inadapté social, comme tous ces prisonniers de guerre qui n'ont jamais été reconnus. Le grand poète, qu'elle rencontre peu de temps après la mort de son père, a lui aussi des comptes à régler avec cette drôle de guerre où il a rejoint la Résistance. Il y a, ce jour-là, de la magie dans l'espace et le temps. Un véritable déclic. Une tendresse qui ne se démentira pas, jusqu'au bout. Les deux font vraiment le père.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...