Ce travail naît de la difficulté éprouvée par le lecteur potentiel à saisir, entre le relatif oubli et la profusion d'étiquettes, l'oeuvre de Remy de Gourmont. A cet embarras répond dans l'oeuvre gourmontienne un questionnement de l'identité, envisagé ici à travers un corpus privilégiant les textes de critique littéraire, afin de voir comment une écriture qui construit un exercice de distance, de médiation, se nourrit d'un imaginaire personnel. Ainsi, l'écrivain critique élabore au fil des textes une réflexion - et une rêverie - sur la notion d'oeuvre et sur le lien étrange qui se noue entre elle et son auteur, à travers une relecture du mythe de Pygmalion. Si l'oeuvre gourmontienne semble inclassable, c'est aussi parce qu'elle est parcourue par une dualité, un écartèlement entre l'intelligence et le sentiment : à l'oeuvre de libération que poursuit l'attitude critique, brisant les cadres rassurants de la pensée et du langage communs, répond un autre versant de l'oeuvre, qui veut affirmer la vitalité du sentiment. C'est par le recours au mythe, par la réflexion sur l'illusion mythique et la construction d'une mythologie personnelle que Gourmont met en place un équilibre, faisant de la contradiction un principe vital. Mais c'est au coeur de l'écriture que s'enracine cette pensée de la dualité. Trois éléments privilégiés, la métaphore, le cliché et la citation, permettent de poser la question du rapport d'une écriture singulière avec le langage commun. Ce dernier aspect, en même temps qu'il signe l'appartenance de Gourmont à son époque, qui jeta le soupçon sur le langage, témoigne de la modernité d'une oeuvre qu'il importe de redécouvrir.
Date de parution
01/06/2004
Poids
730g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782745306623
Titre
REMY DE GOURMONT. L'ECRITURE ET SES MASQUES.
ISBN
2745306626
Auteur
BOYER ANNE
Editeur
CHAMPION
Largeur
160
Poids
730
Date de parution
20040601
Disponibilité
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Anne Boyer vient d'avoir 41 ans lorsqu'on lui diagnostique un cancer du sein. Poétesse, mère d'une jeune fille de 14 ans, elle doit suivre une chimiothérapie extrêmement lourde et subir une double mammectomie. Mais plus que le témoignage poignant d'une femme face à la maladie, Celles qui ne meurent pas est un véritable cheminement littéraire, philosophique et politique qui prend racine dans l'Antiquité avec Aelius Aristide, sophiste grec hypocondriaque, et se prolonge avec une réflexion sur la douleur et les traitements médicaux. Puis, au fil des pages, nous plongeons avec Anne Boyer dans la folie de l'information immédiate et quasi-infinie produite par notre monde ultra-connecté, ainsi que dans les affres d'une société capitaliste qui a envahi les systèmes de santé et rationalise à outrance l'intimité des malades. Un modèle qui nourrit toujours plus les inégalités liées au genre, à la couleur de peau, et aux origines sociales. Celles qui ne meurent pas est le récit d'un esprit cultivé, délicat, confronté à l'épuisement du corps. Il s'agit d'un ouvrage inclassable - entre parcours intime, critique littéraire, pamphlet et échappée poétique - déjà considéré comme un classique de la littérature sur la maladie, au même titre que les oeuvres de Susan Sontag ou de Joan Didion. Celles qui ne meurent pas a été récompensé par le très prestigieux Prix Pulitzer. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy
Boyer Anne-Laure ; Espinasse Emmanuel ; Vernier Ma
Ce livre relate une aventure artistique et humaine singulière, menée dans les Pyréées en vallée d'Aspe. Un projet collectif voulu par des habitants pour beaucoup descendants directs de celles et de ceux qui ont été emportés par les Premières et Seconde Guerres mondiales. Un parcours mémoriel qui associe arts visuels, design et bande dessinée pour relater sous des formes vivantes les destins tragiques de ces soldats, travailleurs émigrés, exilés, passeurs, résistants, évadés, mutinés, dont le souvenir reste encore dans la mémoire collective de cette vallée. Désormais installées là où ils ont vécu ou sont passés, cinq oeuvres relient et font revivre grande Histoire et histoires intimes, en s'adressant à toutes les générérations et nationalités. Car elles sont aussi une invitation à rester vigilants face aux dangers du nationalisme et du repli identitaire.
Ce livre raconte Déménagements, le travail artistique réalisé par Anne Laure Boyer entre 2008 et 2011 à Floirac, dans l'agglomération bordelaise, sur la rive droite de la Garonne quand on regarde en direction de l'océan.
Si ce livre devait exister, je voulais qu'il soit une forme mineure de magie réparative. Je voulais que les morceaux de nos corps perdus se régénèrent via ses phrases et que l'élégance de ses idées amplifie nos cellules. Si je pouvais ouvrir la terre par l'écriture je le ferais, et je ramènerais à la vie une armée de ces femmes mortes insurgées". Anne Boyer a quarante et un ans lorsqu'on lui diagnostique un cancer du sein. Débute alors un cheminement littéraire, philosophique et politique pour penser la douleur et la survie. Celles qui ne meurent pas est le récit d'un esprit cultivé, confronté à l'épuisement du corps et à la folie de notre société consumériste qui a envahi nos systèmes de santé. Entre parcours intime et pamphlet, cette échappée poétique est déjà considérée comme un classique de la littérature sur la maladie, à l'instar des oeuvres de Susan Sontag ou de Joan Didion. Une cartographie littéraire du cancer du sein, dont la traversée dépasse la seule trajectoire intime. Thomas Stélandre, Libération. Intenses, ses mots agissent bel et bien comme un contrepoison, un puissant sérum de vérité littéraire. Elisabeth Philippe, L'Obs. Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy PRIX PULITZER 2020.